Histoire et caractère
Le big band est l'orchestre de jazz de 13 à 20 musiciens organisé en sections : trompettes, trombones, saxophones et section rythmique (piano, guitare, contrebasse, batterie, parfois vibraphone ou percussions). Il naît dans les années 1910–1920 des orchestres de danse (Art Hickman à San Francisco en 1916, Paul Whiteman avec l'arrangeur Ferde Grofé à partir de 1919, Fletcher Henderson avec Don Redman à New York), grandit avec le swing (à partir de 1935 : Benny Goodman, Count Basie, Duke Ellington, Jimmie Lunceford, Chick Webb, Glenn Miller) et survit à la fin de l'ère du swing (grève des musiciens de 1942–1944, coûts d'exploitation, arrivée du bebop) en se transformant en orchestre de concert.
Après la guerre, le big band devient un laboratoire : Dizzy Gillespie Orchestra (bebop et cubop), Woody Herman (First et Second Herd, avec le célèbre son « Four Brothers » de trois ténors et un baryton), Stan Kenton (« jazz progressif » dans les années 1950, sections allant jusqu'à cinq trompettes et cinq trombones), Count Basie « New Testament » avec les arrangements de Neal Hefti, Quincy Jones, Frank Foster et Sammy Nestico (« April in Paris » 1955, « The Atomic Mr. Basie » 1957), Duke Ellington avec Billy Strayhorn (Newport 1956), Gil Evans avec Miles Davis, Maynard Ferguson, Buddy Rich, Thad Jones/Mel Lewis Orchestra (à partir de 1966 au Village Vanguard, aujourd'hui Vanguard Jazz Orchestra), Toshiko Akiyoshi. Aujourd'hui : Maria Schneider, Gordon Goodwin's Big Phat Band, Bob Mintzer, les big bands des radios européennes (WDR, NDR, Metropole Orkest), Jacob Collier et Snarky Puppy en collaboration.
La formation « standard » moderne à 17 musiciens : 5 saxophones (2 altos, 2 ténors, baryton, souvent avec des doublures à la flûte et à la clarinette), 4 trompettes (aussi bugle), 4 trombones (le quatrième est basse), section rythmique à 4. Sur scène, les parties « lead » (première trompette, premier trombone, premier alto) se placent au centre des sections, les solistes (deuxième ténor, deuxième ou quatrième trompette, deuxième trombone) près de la section rythmique. Le langage est celui de l'arrangeur : voicings de section, soli, backgrounds, kicks, shout chorus.
Gammes et tonalités
Le point de vue de l'arrangeur
Dans le big band, les gammes servent à deux choses : (1) aux solistes, comme dans le jazz en général ; (2) à l'arrangeur, pour harmoniser les lignes en section (chaque note de la mélodie reçoit un accord issu de la gamme de l'accord du moment). C'est pourquoi il est fondamental de savoir quelles notes sont des notes de l'accord et lesquelles sont des notes de passage.
Majeur bebop et « sixte diminuée » (harmonisation en blocs)
- Formule : 1 2 3 4 5 #5 6 7. Sur do : C D E F G G# A B.
- Note caractéristique : la #5 (G#) de passage : en alternant C6 (C E G A) sur les notes de l'accord et Bdim7 (B D F G#) sur les notes de passage, on harmonise chaque note de la mélodie (technique de Barry Harris et des soli de saxophones « en blocs »).
- Usage : soli de saxophones en 4-way close + baryton doublé à l'octave inférieure de la mélodie.
- Erreurs fréquentes : harmoniser une note de passage avec l'accord de tonique : cela crée des « stagnations » ; il faut l'harmoniser avec l'accord diminué.
Dominante bebop
- Formule : 1 2 3 4 5 6 b7 7. Sur sol : G A B C D E F F#. Même logique : G7 sur les notes de l'accord, F#dim7 (= A C Eb F#) sur les notes de passage.
Mixolydien, lydien dominant, altérée (couleurs de la section de cuivres)
- Mixolydien sur sol : G A B C D E F. Lydien dominant sur sol : G A B C# D E F (#11). Altérée sur sol : G Ab Bb B Db Eb F.
- Usage : les voicings des cuivres sur les dominantes (G13, G13#11, G7#9b13) : l'arrangeur choisit les tensions en fonction de la gamme.
Dorien et mineur mélodique
- Dorien sur ré : D E F G A B C. Mineur mélodique sur do : C D Eb F G A B.
- Usage : sections en mineur, ballades (Cm6, CmMaj9), voicings avec 6 et 9 aux trompettes.
Blues et pentatonique
- Blues sur fa : F Ab Bb B C Eb. Usage : riffs de Kansas City (Basie), shout chorus, solos ; beaucoup de chartes sont des blues en fa et en sib.
Pentatoniques « en quartes » (big band moderne)
- Pentatonique mineure sur ré : D F G A C, voicing en quartes (A D G C F). Usage : sonorités modernes de Thad Jones, Maria Schneider, Bob Mintzer.
Comment choisir
| Situation | Gamme / système |
|---|---|
| Soli de saxophones en blocs | Majeur bebop (C6 + Bdim7) |
| Lignes sur dominante | Dominante bebop (G7 + F#dim7) |
| Voicings de cuivres sur V7 | Mixolydien, lydien dominant, altérée |
| Sections en mineur | Dorien, mineur mélodique |
| Riffs et shout | Blues, pentatonique |
Harmonie
Harmonie fonctionnelle enrichie
Le répertoire est fait de standards, de blues et de morceaux originaux à l'harmonie tonale et jazzistique (ii–V–I, dominantes secondaires, substitutions de triton, accords altérés). Le big band moderne ajoute des accords par quartes, des clusters, des upper structures, des modulations par tierces et une légère polytonalité (Thad Jones, Gil Evans, Maria Schneider).
Voicings de section (les techniques de base)
- 4-way close : quatre voix en position serrée sous la mélodie (saxophones ou trompettes), baryton doublant la mélodie à l'octave inférieure.
- Drop 2 : la deuxième voix en partant du haut descend d'une octave (plus ouvert, plus « plein ») ; drop 2+4 pour cinq voix.
- Spread voicing : fondamentale et septième aux trombones graves, tierces et tensions au-dessus (ballades et « tutti »).
- Unisson et octave : pour les lignes bebop rapides et pour les riffs.
- Clusters et voicings avec des secondes (trompettes en cluster aigu pour le shout de Thad Jones).
Règles d'orchestration
- Trombones : évite les tierces serrées sous le fa2 (elles deviennent boueuses : « limites d'intervalle grave »).
- Trompettes : la première trompette donne la couleur ; tensions (9, 13) dans les voix intérieures.
- Tutti : trompettes en close au-dessus, trombones en spread en dessous, saxophones qui doublent ou font une contre-ligne.
Rythme harmonique et forme
1 à 2 accords par mesure dans les standards ; « pédale » et vamp dans les intros et les backgrounds ; modulations pour le shout chorus ou pour le dernier thème.
Progressions typiques
| Nom | Tonalité | Accords | Degrés | Comment l'utiliser |
|---|---|---|---|---|
| Blues de Basie | fa | F7 Bb7 F7 F7 Bb7 Bdim7 F7 D7 Gm7 C7 F7 D7 Gm7 C7 | I7 IV7 I7 I7 IV7 #iv°7 I7 VI7 ii7 V7 I7 VI7 ii7 V7 | Le blues en fa avec turnaround : la base de dizaines de chartes (One O'Clock Jump, Splanky). |
| Rhythm changes | si bémol majeur | Bbmaj7 G7 Cm7 F7 Dm7 G7 Cm7 F7 | Imaj7 VI7 ii7 V7 iii7 VI7 ii7 V7 | Forme AABA en sib : tempo rapide, shout chorus sur le pont de dominantes. |
| Ballade avec substitutions | mi bémol majeur | Ebmaj7 C7b9 Fm9 Bb13 Gm7 C7#9 Fm9 E7#11 | Imaj7 VI7b9 ii9 V13 iii7 VI7#9 ii9 bII7#11 | Le turnaround d'une ballade « à la Hefti/Nestico » : tensions choisies pour chaque section. |
| Pédale d'intro | fa majeur | Gm7/C C7sus4 Bb/C C7b9 | ii7/V V7sus4 IV/V V7b9 | Pédale de dominante avec accords suspendus : intro et « send-off » vers le thème. |
| Modulation pour le shout | ré bémol → ré majeur | Ebm7 Ab7 Dbmaj7 A7 Dmaj7 | ii7 V7 Imaj7 – V7 di Re, Imaj7 | Saut d'un demi-ton pour le dernier chorus (technique classique des big bands de Basie et de Buddy Rich). |
| Quartal moderne | ré dorien | Dm11 Ebmaj7#11 Dm11 Cmaj7/D | i11 bIImaj7#11 i11 bVIImaj7/i | Pédale et clusters à la Thad Jones/Maria Schneider. |
Rythme et groove
Feel
Swing à 4/4 avec la section rythmique en noires (walking, guitare à la Freddie Green, ride) et les vents qui « prononcent » le swing : croches longue-courte, accents sur les contretemps, notes courtes (« dah-dit »), notes longues avec chute (fall) ou avec scoop. Le big band moderne ajoute le funk, le latin (mambo, songo, samba), le shuffle, le 3/4, le 6/8 et les mesures irrégulières.
Kicks, set-up et figures
Les accents écrits des vents (kicks) tombent souvent sur les contretemps (le « & » du 4, le « & » du 2) : le batteur les anticipe par un set-up (un coup ou un bref fill) et les souligne (« catch ») avec la grosse caisse ou une cymbale.
Articulation (les syllabes du jazz)
- « Doo » = note longue liée, « dah » = note longue accentuée, « dit » = note courte, « bop » = courte accentuée.
- Longueurs : la croche sur le temps fort est souvent liée à la suivante sur le contretemps ; la croche sur le contretemps est accentuée.
Microtiming
La section rythmique est le « métronome » (Basie : légèreté et précision) ; les trompettes jouent « au-dessus » du tempo, les saxophones « dans » le tempo ; tous les pupitres de l'orchestre doivent respirer ensemble sur les fins de phrase.
Batterie
Principe
Le batteur de big band est le directeur rythmique de l'orchestre : il tient le tempo pour 17 personnes, lit la partition (ou la partie de batterie avec les kicks notés au-dessus de la portée), prépare et souligne les accents de l'orchestre, construit la dynamique de l'arrangement. Modèles : Jo Jones, Sonny Payne, Mel Lewis, Buddy Rich, Louie Bellson, Butch Miles, Peter Erskine, John Riley, Ray Marchica.
Ride et charleston
Ride spang-a-lang comme base ; charleston sur 2 et 4 ; charleston mi-ouvert pour les chorus les plus poussés.
Grosse caisse
Feathering léger en noires (style Basie) ou seulement des accents ; les kicks des vents se « capturent » avec la grosse caisse (notes courtes) ou grosse caisse + crash (notes longues).
Caisse claire
Comping pour les backgrounds, set-up avant les kicks (un coup sur le « & » ou deux doubles croches), roulements et accents sur le shout chorus.
Cymbales
Crash ou crash-ride pour les notes longues des tutti, cymbale étouffée (choked) pour les notes courtes des fins.
Dynamique et vélocité
Thème et solos : dynamique moyenne ; backgrounds : plus léger ; shout chorus : fort mais contrôlé ; ballade : balais piano. La batterie ne doit pas « couvrir » l'orchestre, mais le pousser.
Interaction
Avec la contrebasse : pulsation unique en noires. Avec les cuivres : kicks et set-up. Avec le soliste : comping comme dans un combo.
Sections
Intro (souvent avec des kicks), thème (saxophones ou cuivres), solos avec backgrounds, soli de section (accompagnement léger), shout chorus (kicks et cymbales), reprise du thème, coda (souvent avec un arrêt et un roulement final).
Fills
Brefs et fonctionnels : set-up de 1 à 2 temps avant les sections, fill d'une mesure avant le shout, solos de batterie écrits (« drum break » de 2 à 4 mesures).
Sons
Grosse caisse 20–22" accordée medium-grave, caisse claire 14" avec timbre présent, toms 12–14–16", ride 20–22", crash 16–18", charleston 14".
Erreurs typiques
Fills qui couvrent les kicks, grosse caisse rock constante, ignorer les dynamiques écrites, jouer « en combo » sans soutenir les cuivres.
Basse
Son
Contrebasse (amplifiée dans les big bands modernes) ou basse électrique dans les chartes funk et fusion.
Rôle
Walking en noires, two-beat dans les thèmes et les intros (« in 2 »), pédales dans les backgrounds, lignes écrites à l'unisson avec le baryton et le trombone basse dans les passages tutti.
Rapport avec la grosse caisse et les vents graves
La contrebasse doit émerger entre la grosse caisse, le baryton et le trombone basse : l'arrangeur laisse de la place sous le do2 et l'ingénieur l'aide à l'égalisation (700 Hz–1 kHz).
Exemples
Walter Page (Basie), Jimmy Blanton (Ellington), Ray Brown, John Clayton, Christian McBride (avec big band).
Instruments harmoniques
- Section de saxophones (AATTB) : soli, backgrounds, pads, contre-lignes ; doublures à la flûte, à la clarinette, à la clarinette basse.
- Section de trompettes (4) : lead, shout, backgrounds avec sourdines (cup, harmon, plunger, straight), bugles dans les ballades.
- Section de trombones (3 ténors + basse) : pads graves, spread voicings, glissandi, plunger.
- Piano : comping léger (style Basie : peu de notes dans l'aigu), intros, solos.
- Guitare : comping en noires (Freddie Green) ou accords à 3 notes ; solos dans le big band moderne.
- Vibraphone, percussions latines, cors, tuba dans certains orchestres (Gil Evans, Kenton).
Mélodie et voix
Thèmes et soli
Le thème est exposé par une section (saxophones à l'unisson ou harmonisés, trompettes avec sourdine) ou par les tutti ; les « soli de section » (sax soli, brass soli) sont des lignes bebop harmonisées écrites par l'arrangeur.
Solistes
Solos improvisés avec backgrounds écrits (riffs des saxophones sous le soliste de trompette, etc.).
Voix
Chanteurs avec big band (Ella Fitzgerald, Frank Sinatra avec Count Basie et Quincy Jones, Michael Bublé aujourd'hui) : arrangements construits autour de la voix, avec des fills des vents entre les phrases.
Effets et articulations
Fall, doit, scoop, shake (trompettes), growl et plunger « wah-wah » (Ellington : Bubber Miley, Tricky Sam Nanton), vibrato de section uniforme.
Instruments
- 4–5 trompettes (aussi bugle), 3–5 trombones (dont trombone basse)
- 5 saxophones : 2 altos, 2 ténors, baryton (doublures flûte, clarinette, clarinette basse)
- Piano, guitare, contrebasse, batterie
- Vibraphone, percussions latines (optionnels)
- Cor d'harmonie et tuba (Gil Evans, Kenton, orchestres modernes)
- Voix
Patterns de batterie
Synthés et sons
- Piano V — Piano: Piano à queue avec micros proches pour se placer au-dessus de l'orchestre ; comping dans le registre médium-aigu.
- B-3 V — Orgue: Big band soul jazz (Count Basie avec orgue, Jimmy Smith avec l'orchestre d'Oliver Nelson).
- Stage-73 V — Rhodes: Chartes funk et fusion des années 1970 (Buddy Rich, Maynard Ferguson, Thad Jones/Mel Lewis tardif).
- Augmented Strings — Cordes: Ballades avec cordes et arrangements « orchestraux » (Nelson Riddle avec Sinatra).
Structure du morceau
Forme typique d'une charte swing
- Intro (4–8) : tutti ou une section ; souvent avec des kicks.
- Thème (1 chorus de 32 ou 2 de 12) : mélodie aux saxophones ou aux trompettes avec sourdine, réponses des autres sections.
- Solos (1–4 chorus) : soliste avec backgrounds (à partir du deuxième chorus).
- Soli de section (sax soli, 1 chorus).
- Shout chorus (1 chorus) : tutti à fond, trompettes aiguës, kicks.
- Reprise du thème (souvent seulement le dernier A ou le pont + A).
- Coda : tag répété, arrêt, accord final (souvent un 6/9 ou un maj7#11 avec fall des trompettes).
- Durée 3:30–7:00.
Arrangement : densité et contraste
L'arrangeur alterne unissons et harmonies pleines, sections seules et tutti, dynamique basse et haute, registres graves et aigus ; le point le plus dense est le shout chorus, aux 2/3 ou aux 3/4 du morceau.
Mixage et mastering
Objectif sonore
Un grand orchestre uni et profond : sections compactes et lisibles, leads audibles, rythmique claire mais non dominante, solistes devant, ambiance commune. Les big bands sont souvent enregistrés en direct en studio avec des micros par section + des spots pour les solistes + une paire d'ambiance. Références : Count Basie — April in Paris, Thad Jones/Mel Lewis — Central Park North, Maria Schneider — Concert in the Garden, Gordon Goodwin's Big Phat Band. Loudness : −16/−12 LUFS (jazz orchestral), −11/−9 (big band pop ou avec chanteur).
Batterie
Overheads (paire espacée) comme son principal : HP 50 Hz, −2 dB à 400 Hz, ride définie à 3–6 kHz. Grosse caisse : HP 35 Hz, 60–80 Hz +1/+2 dB, 4 kHz +1 dB (juste un peu d'attaque pour les kicks) ; caisse claire : 200 Hz corps, 4–5 kHz ; compression du bus 1–3 dB lente. Panoramique selon la scène (souvent batterie légèrement à droite ou au centre, derrière).
Contrebasse
Micro + DI ; HP 40 Hz ; 80–100 Hz +1 dB ; −3 dB à 200–250 Hz ; +2/+3 dB à 700 Hz–1,2 kHz (elle doit émerger entre le baryton et le trombone basse) ; opto 3–4 dB. Au centre.
Piano et guitare
Piano : HP 50 Hz ; −2 dB à 300 Hz ; 3 kHz +1 dB ; panoramique 20–40 % (côté gauche de la scène). Guitare : HP 120 Hz ; 1,5–3 kHz ; panoramique près du piano ou à l'opposé.
Saxophones
Micro par instrument à 30–50 cm (ou paire sur la section). HP : altos 120 Hz, ténors 90 Hz, baryton 45 Hz. −2 dB à 350–500 Hz si le son est « carton » ; présence 2–3 kHz modérée ; de-esser pour le bruit des clés. Bus saxophones : compression 2:1 1–2 dB (opto). Panoramique en éventail sur l'avant (p. ex. baryton −40 %, ténor 2 −25 %, alto 2 −10 %, alto 1 0/+5 %, ténor 1 +20 %) en suivant la disposition réelle.
Trombones
Micro à 50–80 cm (ruban idéal) ; HP 60 Hz (basse 40 Hz) ; 150–300 Hz corps ; −2 dB à 500 Hz s'ils sont engorgés ; 1–2 kHz présence. Bus : 1–2 dB. Panoramique derrière les saxophones, large (−40 %…+40 %).
Trompettes
Micro à 60–100 cm (ruban ou condensateur à grande membrane pour le lead). HP 150 Hz ; −2 dB à 1 kHz si elles sont « nasales » ; attention à 2,5–4 kHz (Q étroit −2/−3 dB si agressives) ; compression du bus 2 dB. Panoramique large, dernier rang : −45 %…+45 %, lead au centre.
Solistes
Spot dédié (ou le micro de section remonté) : +2/+4 dB en automation pendant le solo ; même réverbération que l'orchestre mais un peu plus d'envoi.
Voix
HP 80 Hz ; −2 dB à 250 Hz ; 3 kHz +2 dB ; compression 4–6 dB (LA-2A/1176) ; plate 1,5–2 s pré-delay 50 ms ; au centre, devant.
FX
Une hall commune (1,8–2,6 s, pré-delay 20–30 ms) pour « mettre l'orchestre dans la salle », avec des envois plus élevés sur les trompettes et les trombones (qui sont à l'arrière) ; room courte pour la rythmique.
Bus et groupes
Bus saxophones, bus trombones, bus trompettes, bus rythmique, bus voix ; bus orchestre avec 1 dB de glue (2:1, attack 30 ms, release auto).
Sidechain
Jamais ; au plus un ducking dynamique des backgrounds par la voix (1 dB).
Master
Chaîne : EQ (HP 25 Hz) – compresseur 1,5:1 1 dB – limiter. Cible −14/−12 LUFS intégrés pour le big band instrumental, −10/−9 avec chanteur pop ; true peak −1 dBTP. Respecte l'écart entre chorus piano et shout (8–12 LU short-term).
Erreurs fréquentes
Trompettes agressives à 3 kHz qui « griffent », trombones pâteux à 200–400 Hz, contrebasse inaudible, sections trop séparées (on n'entend plus un orchestre), limiter qui écrase le shout chorus, panoramique illogique par rapport à la scène.
Morceaux de référence pour le mixage
Count Basie — April in Paris ; Thad Jones/Mel Lewis Orchestra — Central Park North ; Buddy Rich — Channel One Suite ; Maria Schneider — Cerulean Skies ; Gordon Goodwin's Big Phat Band — Count Bubba.
Écoutes de référence
- Duke Ellington — Ko-Ko (1940)
- Woody Herman — Four Brothers (1947)
- Stan Kenton — Artistry in Rhythm (1943)
- Count Basie — April in Paris (1955)
- Duke Ellington — Diminuendo and Crescendo in Blue (Newport, 1956)
- Count Basie — Li'l Darlin' (The Atomic Mr. Basie, 1957)
- Miles Davis & Gil Evans — Miles Ahead (1957)
- Thad Jones/Mel Lewis Orchestra — Central Park North (1969)
- Buddy Rich — Channel One Suite (1968)
- Maria Schneider Orchestra — Cerulean Skies (2007)
- Gordon Goodwin's Big Phat Band — Count Bubba (2008)