GenreTrès variable selon le style : boléro 60–90 ; bossa nova 110–140 BPM8 progressions

Latin

Histoire et caractère

« Latin » est un terme générique pour les musiques populaires d'Amérique latine et des Caraïbes hispanophones et lusophones et de leurs diasporas (surtout aux États-Unis). À la base, on trouve la fusion de trois héritages : les traditions africaines apportées par les esclaves (polyrythmies, tambours, call-and-response, timelines comme la clave et le tresillo), les traditions européennes (harmonie tonale, guitare et instruments à cordes, formes comme la chanson et la danse de salon, la décima espagnole, la contredanse) et les traditions indigènes (flûtes, maracas, guacharaca, certains modes mélodiques, surtout dans la zone andine et colombienne).

Les grandes familles : l'afro-cubaine (son, danzón, rumba, boléro, mambo, cha-cha-chá, puis salsa et timba à New York et à La Havane), la dominicaine (merengue, bachata, dembow), la colombienne (cumbia, vallenato, porro, champeta), la brésilienne (samba, choro, bossa nova, MPB, forró, funk carioca), la rioplatense (tango, milonga, candombe), la mexicaine (mariachi, ranchera, corrido, norteño, banda, jusqu'aux corridos tumbados), la portoricaine (bomba, plena, puis reggaeton) et les musiques urbaines du XXIe siècle (reggaeton, latin trap, pop latino). Dès les années 30, ces musiques se diffusent dans le monde (rumba « de salon », mambo de Pérez Prado, bossa nova de Jobim et Gilberto, salsa de Fania, « Latin explosion » de Ricky Martin et Shakira, reggaeton de Daddy Yankee et Bad Bunny).

Éléments transversaux : rythme organisé par une timeline (clave, tresillo, cinquillo, partido alto, bell pattern), sections rythmiques percussives aux rôles fixes (conga, bongó, timbales, güiro, maracas, tambora, surdo, pandeiro), basse anticipée (tumbao) qui lie les mesures, guitares et pianos utilisés comme instruments rythmiques, call-and-response entre soliste et chœur, formes en deux parties (chanson + section improvisée/dansante comme le montuno). L'harmonie va de la tonalité fonctionnelle avec dominantes et cadences (boléro, bossa, salsa) aux boucles modales (cumbia, reggaeton).

Gammes et tonalités

Majeur (ionien)

  • Formule : 1 2 3 4 5 6 7 — T T S T T T S (demi-tons 2 2 1 2 2 2 1)
  • Exemple sur do (C) : C D E F G A B
  • Note caractéristique : la 7 (sensible) et la tierce majeure : luminosité et forte résolution V–I
  • Triades diatoniques : C (I) – Dm (ii) – Em (iii) – F (IV) – G (V) – Am (vi) – Bdim (vii°)
  • Quadriades : Cmaj7 (Imaj7) – Dm7 (ii7) – Em7 (iii7) – Fmaj7 (IVmaj7) – G7 (V7) – Am7 (vi7) – Bm7b5 (viiø7)
  • Usage dans le genre : une grande partie du son, de la cumbia, du merengue, de la bachata « majeure », de la samba et de la pop latino ; harmonie fonctionnelle I–IV–V avec dominantes secondaires.
  • Exemple concret : Buena Vista Social Club — Chan Chan (tour en mineur, mais beaucoup de guarachas et de sones sont en majeur) ; beaucoup de cumbias et de merengues sont sur I–IV–V.
  • Erreurs courantes : ignorer la dominante : dans le son et la salsa, le V7 est fondamental et le tumbao de la basse l'anticipe.

Mineur harmonique

  • Formule : 1 2 b3 4 5 b6 7 — T S T T S 1½T S (demi-tons 2 1 2 2 1 3 1)
  • Exemple sur la (A) : A B C D E F G#
  • Note caractéristique : la 7 (sensible) en mineur et la seconde augmentée b6–7 : tension dramatique, saveur « moyen-orientale/andalouse »
  • Triades diatoniques : Am (i) – Bdim (ii°) – Caug (III+) – Dm (iv) – E (V) – F (VI) – G#dim (vii°)
  • Quadriades : Am(maj7) (i(maj7)) – Bm7b5 (iiø7) – Cmaj7#5 (III+maj7) – Dm7 (iv7) – E7 (V7) – Fmaj7 (VImaj7) – G#dim7 (vii°7)
  • Usage dans le genre : la gamme « latine » par excellence en mineur : boléro, tango, salsa en mineur, bachata, flamenco-pop ; le V majeur (E7) et la cadence i–iv–V7–i.
  • Exemple concret : le tango et le boléro cadencent presque toujours avec le V7 du mineur harmonique ; la salsa en mineur utilise i–iv–V7.
  • Erreurs courantes : utiliser le mineur naturel dans les passages cadentiels : sans sensible, la cadence latine perd de sa force.

Phrygien dominant (5e mode du mineur harmonique)

  • Formule : 1 b2 3 4 5 b6 b7 — S 1½T S T S T T (demi-tons 1 3 1 2 1 2 2)
  • Exemple sur mi (E) : E F G# A B C D
  • Note caractéristique : le couple b2 + tierce majeure (seconde augmentée b2–3) : le son flamenco/arabe par excellence
  • Triades diatoniques : E (I) – F (II) – G#dim (iii°) – Am (iv) – Bdim (v°) – Caug (VI+) – Dm (vii)
  • Quadriades : E7 (I7) – Fmaj7 (IImaj7) – G#dim7 (iii°7) – Am(maj7) (iv(maj7)) – Bm7b5 (vø7) – Cmaj7#5 (VI+maj7) – Dm7 (vii7)
  • Usage dans le genre : héritage andalou : guitares flamenco, intros de bachata et de salsa, rumba flamenca, boléro ; la cadence andalouse Am–G–F–E (i–VII–VI–V) est la même gamme vue depuis le V.
  • Exemple concret : la cadence andalouse apparaît dans énormément de morceaux latins, de « Malagueña » (Lecuona) à la pop des Gipsy Kings.
  • Erreurs courantes : appeler l'accord final E « dominante à résoudre » : dans la cadence andalouse, c'est souvent la vraie tonique.

Dorien

  • Formule : 1 2 b3 4 5 6 b7 — T S T T T S T (demi-tons 2 1 2 2 2 1 2)
  • Exemple sur ré (D) : D E F G A B C
  • Note caractéristique : la 6 majeure sur une base mineure : mineur « ouvert », moins triste, qui donne le IV majeur
  • Triades diatoniques : Dm (i) – Em (ii) – F (III) – G (IV) – Am (v) – Bdim (vi°) – C (VII)
  • Quadriades : Dm7 (i7) – Em7 (ii7) – Fmaj7 (IIImaj7) – G7 (IV7) – Am7 (v7) – Bm7b5 (viø7) – Cmaj7 (VIImaj7)
  • Usage dans le genre : cumbia, latin rock (Santana), latin jazz, samba-jazz et timba utilisent des tours i–IV doriens ; la 6 majeure éclaire le mineur.
  • Exemple concret : Santana — Oye Como Va (tour Am7–D9 en la dorien, composé par Tito Puente).
  • Erreurs courantes : jouer la b6 dans la mélodie d'un vamp dorien.

Mixolydien

  • Formule : 1 2 3 4 5 6 b7 — T T S T T S T (demi-tons 2 2 1 2 2 1 2)
  • Exemple sur sol (G) : G A B C D E F
  • Note caractéristique : la b7 sur une base majeure : majeur « terrien », festif, sans sensible
  • Triades diatoniques : G (I) – Am (ii) – Bdim (iii°) – C (IV) – Dm (v) – Em (vi) – F (VII)
  • Quadriades : G7 (I7) – Am7 (ii7) – Bm7b5 (iiiø7) – Cmaj7 (IVmaj7) – Dm7 (v7) – Em7 (vi7) – Fmaj7 (VIImaj7)
  • Usage dans le genre : forró, baião, certaines cumbias et les vamps de guaracha et de son ; la b7 sans sensible donne un majeur « terrien ».
  • Exemple concret : Luiz Gonzaga — Asa Branca utilise des mélodies en mode majeur avec des couleurs mixolydiennes typiques du sertão du Nordeste (voir la fiche Forró).
  • Erreurs courantes : confondre mixolydien et lydien dominant : dans le baião, la #4 apparaît aussi souvent.

Lydien dominant (mixolydien #4)

  • Formule : 1 2 3 #4 5 6 b7 — T T T S T S T (demi-tons 2 2 2 1 2 1 2)
  • Exemple sur do (C) : C D E F# G A Bb
  • Note caractéristique : #4 + b7 : dominante lumineuse ; au Brésil, c'est la « gamme nordestine » (mixolydien avec #4)
  • Triades diatoniques : C (I) – D (II) – Edim (iii°) – F#dim (iv°) – Gm (v) – Am (vi) – Bbaug (VII+)
  • Quadriades : C7 (I7) – D7 (II7) – Em7b5 (iiiø7) – F#m7b5 (ivø7) – Gm(maj7) (v(maj7)) – Am7 (vi7) – Bbmaj7#5 (VII+maj7)
  • Usage dans le genre : la « gamme nordestine » du forró et du baião (C D E F# G A Bb) et une couleur fréquente dans la bossa nova et le latin jazz sur les accords de dominante (7#11).
  • Exemple concret : Tom Jobim utilise souvent des accords 7#11 (ex. le D7#11 dans le tour de « Garota de Ipanema » en fa : Fmaj7–G7–Gm7–Gb7), où la #11 est la note de couleur.
  • Erreurs courantes : l'utiliser sur un accord de tonique majeur avec 7 majeure : le lydien dominant est fait pour les accords de septième.

Comment choisir parmi les gammes du genre

  • Afro-cubain (son, salsa, mambo) → majeur ou mineur harmonique avec dominantes claires.
  • Boléro, tango, bachata → mineur harmonique (et phrygien dominant pour les couleurs andalouses).
  • Cumbia, reggaeton, pop urbaine → éolien, dorien, majeur sur boucles.
  • Brésil (bossa, MPB) → majeur et mineur mélodique avec extensions (maj7, 9, 11, 13) ; forró → mixolydien et lydien dominant.
  • Règle : regarde la cadence. S'il y a V7–i, c'est du mineur harmonique ; si le tour est modal et sans dominante, choisis entre éolien, dorien et mixolydien.

Harmonie

Deux grandes logiques

  1. Tonale-fonctionnelle : boléro, tango, son, salsa, bossa nova, MPB. Cadences II–V–I, dominantes secondaires, cycles de quintes, modulations à la relative ou à la parallèle, accords avec extensions (dans la bossa et le boléro moderne : maj7, m7, 9, 11, 13, b9).
  2. Modale-cyclique : cumbia, vallenato, bachata moderne, reggaeton, de nombreuses formes folkloriques. Boucles de 2–4 accords (I–V, I–IV–V, i–VI–III–VII) répétées ; la tension est dans le rythme et dans la voix.

Formules transversales

  • Montuno / vamp : 2–4 accords répétés sous l'improvisation (I–IV–V–IV, ii–V, i–iv–V7–iv).
  • Cadence andalouse i–VII–VI–V : héritage espagnol.
  • i–iv–V7–i en mineur : boléro, tango, salsa, bachata.
  • II–V chromatiques et substitutions de triton dans la bossa et le latin jazz.

Rythme harmonique et voicings

  • Rythme harmonique de 1–2 accords par mesure dans le boléro et la bossa ; 1 accord toutes les 1–2 mesures dans les boucles.
  • La basse anticipe l'accord (tumbao) : l'harmonie « arrive avant » le temps fort.
  • Piano et guitare jouent les accords en figures rythmiques (guajeo/montuno, batida de la bossa, rasgueo).

Progressions typiques

NomTonalitéAccordsDegrésComment l'utiliser
Montuno majeurDo majeurC F G FI IV V IVVamp du son et de la salsa : le piano joue le guajeo, chœur et soliste alternent.
Mineur latinLa mineurAm Dm E7 Ami iv V7 iLa cadence du boléro, du tango, de la salsa et de la bachata en mineur.
Cadence andalouseLa mineurAm G F Ei VII VI VHéritage espagnol/flamenco : intro de bachata, rumba flamenca, boléro.
Chan ChanRé mineurDm F Gm Ai III iv VLe célèbre tour de Compay Segundo (Buena Vista Social Club), son en mineur avec V majeur.
Dorien SantanaLa mineur (dorien)Am7 D9i7 IV9Oye Como Va : vamp dorien afro-cubain porté dans le rock.
Bossa II–V–IFa majeurFmaj7 G7 Gm7 C7Imaj7 II7 ii7 V7La logique harmonique de la bossa nova (voir Garota de Ipanema), avec dominante secondaire II7.
Boucle urbaineLa mineurAm F C Gi VI III VIIReggaeton et pop urbaine : boucle éolienne.
CumbiaSol majeurG D D GI V V IDeux accords sur rythme de cumbia : harmonie minimale, tout est dans le groove.

Rythme et groove

Timeline et clave

Beaucoup de musiques latines sont organisées par une timeline répétée, souvent de deux mesures :

  • Son clave 3-2 : coups sur 1, 2&, 4 | 2, 3 (en 4/4 à la noire ; équivaut à 1, 1a, 2&, 3&, 4 dans une mesure de 2/2).
  • Rumba clave : comme la son clave mais le troisième coup glisse de 2& à 2a (en 2/2) — plus tendue.
  • Tresillo : 3+3+2 doubles croches (1, 1a, 2&), base de l'habanera, du tango, du reggaeton, du dembow.
  • Cinquillo : tresillo orné (5 coups dans une mesure), typique du danzón, du merengue, du kompa.
  • Bell pattern 6/8 (afro-cubain) : 7 coups sur 12 pulsations.
  • Brésil : partido alto, telecoteco, clave de la bossa nova (comme la son clave avec le dernier coup décalé d'une double croche).

Feeling

  • Afro-cubain : droit mais avec un fort sens de l'anticipation (basse et piano anticipent).
  • Brésilien : doubles croches « ondulantes » (léger swing, pas en triolets) dans la samba et la bossa.
  • Caribéen/colombien : 2/4 ou 4/4 avec accent sur le contretemps (cumbia) ou sur le 1 (merengue).

Règle d'or

Chaque instrument doit être en clave : les phrases mélodiques, les fills et les breaks doivent respecter la direction de la timeline ; un fill « hors clave » sonne faux à un musicien latin même s'il est en place.

Batterie

Conception

Dans la plupart de la musique latine traditionnelle, il n'y a pas de batterie : il y a une section de percussions où chaque instrument a un rôle fixe et où le groove naît de l'imbrication. La batterie entre dans le latin jazz, le latin rock, la pop et les orchestres modernes, et quand elle est là, elle reproduit les fonctions des percussions (cloche sur la ride, conga sur les toms, cáscara sur le fût, clave sur le cross-stick).

Rôles typiques (afro-cubain)

  • Clave : timeline (souvent implicite, mais tout le monde la ressent).
  • Conga/tumbadora : tumbao — slap sur le 2, tons ouverts sur le 4 et le 4& (en 4/4), c'est-à-dire le « cœur » en contretemps.
  • Bongó : martillo (croches continues avec ton ouvert sur le 4) dans les couplets ; dans le montuno, le bongocero passe à la campana de mano (cowbell) en noires.
  • Timbales : cáscara (sur le fût) dans les couplets, cloche dans le montuno et le mambo, fills et « abanico » (roulement d'ouverture) pour signaler les sections.
  • Güiro / maracas : doubles croches ou croches continues, liant.

Rôles typiques (autres styles)

  • Merengue : tambora (double peau, l'une à la baguette et l'autre à la main) + güira métallique en croches/doubles croches.
  • Cumbia : tambor alegre, llamador sur le contretemps, guacharaca en doubles croches, tambora.
  • Samba : surdo (accent sur le 2), caixa, tamborim, pandeiro, agogô, cuíca, chocalho.
  • Bossa nova : batterie avec cross-stick (clave de la bossa), grosse caisse en figure de surdo (1 et 2& en 2/4), balais sur la caisse claire.

Dynamique et interaction

  • Les percussions travaillent sur des niveaux dynamiques : couplet (cáscara, martillo) plus léger, montuno (cloches) plus fort.
  • La basse joue avec la conga (tumbao) et anticipe les accords ; la voix et le chœur répondent.
  • Les breaks (cierres, ponches) sont joués à l'unisson par tout l'orchestre, souvent sur le « ponche » de la clave (2& du côté du 3).

Erreurs typiques

  • Programmer des percussions latines sans clave de référence.
  • Conga sur le 1 et le 3 : c'est l'opposé du tumbao.
  • Quantifier à 100 % la samba et la bossa : elles perdent leur ondulation.

Basse

Principe

La basse latine traditionnelle (son, salsa, mambo) joue le tumbao anticipé : elle évite le temps fort du 1 et attaque sur le 2& et sur le 4 de la mesure, en liant le 4 par-dessus la barre de mesure. Ainsi l'accord de la mesure suivante « arrive avant » et le groove pousse vers l'avant.

Par style

  • Salsa/son : tumbao (2& et 4), fondamentale et quinte ; baby bass (Ampeg) ou contrebasse.
  • Boléro : basse sur 1 et 3 ou sur 1 et 2&-3, avec passages chromatiques et léger walking.
  • Bossa nova : basse sur 1 et 2& (en 2/4, soit 1 et 3 « pointé » en 4/4), alternance fondamentale–quinte, comme le surdo.
  • Cumbia : fondamentale sur le 1 et quinte sur le 3, parfois avec anticipation ; rythme « sautillant ».
  • Merengue : basse « jaleo » syncopée entre les notes de la tambora.
  • Tango : marqué sur 1 et 3 (marcato en 4) ou figure 3+3+2 (síncopa), arrastres (glissés) avant le coup.
  • Reggaeton/pop urbaine : 808 ou sub sur les noires ou sur le 3+3+2.

Instruments harmoniques

  • Piano : guajeo/montuno en octaves (salsa, son), accords sur le contretemps (boléro), voicings jazz (bossa, latin jazz).
  • Tres cubano : guajeo dans le son.
  • Guitare : boléro (trio, requinto), bossa (batida), bachata (requinto, segunda), flamenco (rasgueo), samba (violão de 7 cordes).
  • Cuatro (Porto Rico, Venezuela), charango (Andes), cavaquinho (Brésil).
  • Accordéon (vallenato, norteño, merengue típico, forró), bandonéon (tango).
  • Cordes (charanga, boléro, tango), cuivres (salsa, mambo, banda, mariachi).

Mélodie et voix

Voix et mélodie

  • Call-and-response : soliste (sonero, chanteur) et chœur fixe, surtout dans le montuno.
  • Mélodies syncopées et alignées sur la clave ; phrases de 2 ou 4 mesures.
  • Romantisme vocal (boléro, bachata) : mélodies lyriques, large usage d'appoggiatures et de chromatismes, voix intime.
  • Chœurs en tierces et sixtes parallèles (trio boleristico, chœur de la salsa), unissons criés dans les genres de rue.
  • Improvisation vocale (inspiraciones, pregones) dans le montuno.

Instruments

  • Percussions : clave, conga/tumbadora, bongó, timbales, güiro, maracas, cloche, tambora, güira, guacharaca, cajón, surdo, pandeiro, tamborim, agogô, cuíca, zabumba, triangle
  • Basse : contrebasse, baby bass, basse électrique, tololoche, 808
  • Instruments harmoniques : piano, tres, guitare, requinto, cuatro, charango, cavaquinho, violão de 7 cordes, accordéon, bandonéon, harpe
  • Cuivres et vents : trompette, trombone, sax, flûte (charanga), clarinette, tuba (banda)
  • Cordes : violons (charanga, tango, mariachi)
  • Voix soliste et chœur

Patterns de batterie

Synthés et sons

  • Piano V — Piano montuno, boléro, bossa: Piano à queue brillant pour les guajeos ; plus doux pour le boléro et la bossa.
  • Stage-73 V — Rhodes latin jazz et bossa: Accords de neuvième et de treizième, léger tremolo.
  • DX7 V — E.piano et basses FM années 80: Salsa romántica, merengue années 80, balada pop.
  • B-3 V — Orgue latin rock et boogaloo: Santana, latin soul, boogaloo des années 60.
  • Augmented Strings — Cordes de boléro et de salsa romántica: Legato doux sous les refrains.
  • Jup-8 V — Pads et plucks pop latino: Pour les productions urbaines et pop.

Structure du morceau

Formes récurrentes

  • Canción + montuno (son, salsa) : partie chantée (16–32 mesures) suivie d'une section cyclique chœur–pregón (32–64+), avec mambo des cuivres et moña.
  • Couplet–refrain pop (pop latino, reggaeton, bachata moderne).
  • Forme AABA / ABAB (boléro, bossa nova, tango), 32 mesures.
  • Formes dansantes avec introduction et jaleo (merengue : paseo, merengue, jaleo).
  • Formes strophiques narratives (corrido, vallenato, décima).

Longueurs

Phrases en multiples de 2 mesures (alignées sur la clave) ; sections de 8 ou 16 ; intros instrumentales de 4–16 ; codas avec cierre à l'unisson.

Mixage et mastering

Objectif sonore

Cela dépend de la famille. Les musiques traditionnelles (son, salsa, boléro, bossa, tango) demandent un mix dynamique et naturel, avec des percussions bien séparées dans le stéréo, des cuivres et un piano clairs, une basse chaude et peu de compression sur le bus. Les musiques urbaines (reggaeton, latin trap, pop) demandent un mix moderne et compressé, avec 808 et voix dominants. Références : Buena Vista Social Club (1997) pour le son, Fania All-Stars pour la salsa, João Gilberto pour la bossa, Despacito pour la pop urbaine.

Percussions (conga, bongó, timbales, güiro, maracas)

  • Conga : HP 60–80 Hz, corps 150–250 Hz (+2 dB si mince), slap 2–5 kHz ; compression légère 3:1 attack 10 ms ; panoramique : conga à droite (+30/+50) dans la disposition classique « côté public » ou selon l'orchestre.
  • Bongó : HP 150 Hz, +2 dB à 3–6 kHz, panoramique opposé aux congas (−30/−50).
  • Timbales : HP 100 Hz, cloche +2 dB à 2–4 kHz ; panoramique ±20–40 ; overhead/room qui les comprend.
  • Güiro/maracas : HP 500 Hz–1 kHz, panoramique latéral (±50–70), −6/−10 dB sous les congas.
  • Réverbération commune (room ou plate 0,8–1,2 s) pour « mettre dans la même pièce » la section.

Basse (baby bass, contrebasse, électrique)

  • HP 35 Hz, +2 dB à 80–100 Hz, présence de la note 700 Hz–1,2 kHz ; compression opto 3:1 (3–4 dB). Mono au centre.

Piano, tres, guitares

  • Piano montuno : HP 80–100 Hz, +2 dB à 2–4 kHz pour trancher ; compression légère ; stéréo modérée (pas trop large).
  • Tres et guitares : HP 100–150 Hz, présence 2–5 kHz ; panoramique ±20–50.

Cuivres

  • HP 120–150 Hz, −2 dB à 300–500 Hz, présence 2–5 kHz, de-esser s'ils sont stridents ; compression 3:1 légère ; réverbération plate/hall 1,5–2 s. Trompettes centre-gauche, trombones centre-droit, sax sur les côtés, ou comme la disposition en salle.

Voix principale et chœur

  • Voix : HP 80–100 Hz, −2 dB à 250–400 Hz, +2/+3 dB à 3–5 kHz ; compression 4:1 (3–5 dB) + opto ; plate 1,2–2 s à 12–20 %.
  • Chœur : plus compressé, panoramique ±40–70, réverbération plus longue.

Bus et groupes

Percussion bus (glue léger 1–2 dB), horn bus, rhythm section bus ; dans le traditionnel, peu de compression de bus.

Sidechain

Quasi absent dans le traditionnel ; dans la pop urbaine, grosse caisse → basse et grosse caisse → pad.

Master

  • Traditionnel (salsa, son, boléro, bossa) : −12/−9 LUFS intégrés, true peak ≤ −1 dBTP, PLR 10–14 dB.
  • Pop latino / urbain : −8/−6 LUFS, PLR 7–9 dB.

Erreurs courantes

  • Comprimer les percussions jusqu'à effacer leur dynamique.
  • Toutes les percussions au centre.
  • Basse qui n'« anticipe » pas parce qu'elle est enterrée sous la grosse caisse dans la pop latino.
  • Cuivres trop brillants (stridents à 3–5 kHz).

Morceaux de référence pour le mix

  • Buena Vista Social Club — Chan Chan (1997)
  • Fania All-Stars — Quítate Tú (1971)
  • Stan Getz & João Gilberto — The Girl from Ipanema (1964)
  • Luis Fonsi feat. Daddy Yankee — Despacito (2017)

Écoutes de référence

  • Pérez Prado — Mambo No. 5 (registrato nel 1949, pubblicato nel 1950)
  • Stan Getz & João Gilberto — The Girl from Ipanema (1964)
  • Santana — Oye Como Va (1970)
  • Fania All-Stars — Quítate Tú (1971)
  • Celia Cruz — La Vida Es un Carnaval (1998)
  • Buena Vista Social Club — Chan Chan (1997)
  • Juan Luis Guerra 4.40 — Ojalá Que Llueva Café (1989)
  • Luis Fonsi feat. Daddy Yankee — Despacito (2017)
  • Bad Bunny — Tití Me Preguntó (2022)

Sources

Latin sous-genres