Histoire et caractère
Le folk américain rassemble les musiques de tradition orale des États-Unis, surtout du Sud et des Appalaches, et leurs développements savants et commerciaux. Les racines sont les ballades anglo-écossaises et irlandaises (les « Child ballads » recueillies par Francis James Child et retrouvées dans les Appalaches par Cecil Sharp en 1916–1918), la musique de danse pour fiddle, le banjo d'origine africaine (instrument des esclaves afro-américains, adopté ensuite par les musiciens blancs), les spirituals, les chants de travail et le blues, les chants religieux du shape-note (The Sacred Harp, 1844), les chansons des mineurs, des cheminots, des cow-boys.
Les enregistrements commerciaux des années 1920 créent le marché « hillbilly » : les Bristol Sessions de 1927 (Tennessee, pour Victor, producteur Ralph Peer) lancent la Carter Family (A. P., Sara et Maybelle Carter, avec le style de guitare « Carter scratch » : mélodie sur les basses et strumming sur les aigus) et Jimmie Rodgers. Dans les années 1930–1940, Woody Guthrie (chansons du Dust Bowl, This Land Is Your Land) et Lead Belly font du folk une voix sociale ; Alan Lomax enregistre sur le terrain pour la Library of Congress. En 1945–46, Bill Monroe and His Blue Grass Boys avec Lester Flatt (guitare) et Earl Scruggs (banjo à trois doigts, Scruggs roll) définissent le bluegrass (« high lonesome sound ») ; puis Flatt & Scruggs, les Stanley Brothers, Doc Watson.
Le folk revival des années 1950–1960 part de l'Anthology of American Folk Music dirigée par Harry Smith (Folkways, 1952), des Weavers et de Pete Seeger, passe par le Kingston Trio, le Newport Folk Festival (depuis 1959), Joan Baez, Peter, Paul and Mary, Odetta, et culmine avec Bob Dylan (The Freewheelin' Bob Dylan, 1963 ; le virage électrique à Newport en 1965), d'où naissent le folk rock (The Byrds), la chanson d'auteur (Joni Mitchell, Simon & Garfunkel, James Taylor) et le country rock. Depuis les années 1990, l'Americana (définie par l'Americana Music Association) et l'indie folk reprennent les racines : Gillian Welch et David Rawlings, Alison Krauss & Union Station, la bande originale de O Brother, Where Art Thou? (2000, produite par T Bone Burnett), Old Crow Medicine Show, Fleet Foxes, Bon Iver, Mumford & Sons, The Lumineers, Punch Brothers (Chris Thile), Rhiannon Giddens et les Carolina Chocolate Drops, Billy Strings, Sierra Ferrell.
Gammes et tonalités
Le folk américain est surtout majeur et pentatonique, avec des modes « anciens » dans les ballades et l'old-time et la « blue note » venue du blues. Chiffres romains en mineur relatifs au mineur naturel.
Majeur (ionien)
- Formule 1 2 3 4 5 6 7 — Sol majeur : G A B C D E F#. Accords : I (G) ii (Am) iii (Bm) IV (C) V (D) vi (Em).
- Note caractéristique : la sensible (F#) dans les cadences V–I ; mais beaucoup de mélodies l'évitent.
- Usage : la plupart des chansons bluegrass, country et folk revival dans des tonalités « de guitare » (G, C, D, A, E) ou « de fiddle » (G, D, A).
Pentatonique majeure
- Formule 1 2 3 5 6 — Sol : G A B D E.
- Note caractéristique : aucun demi-ton, son ouvert et « de montagne » ; base de nombreuses mélodies de ballades et d'hymnes (Amazing Grace est en pentatonique majeure).
- Usage : mélodies vocales, riffs de banjo, fills de guitare (le « G run » de Lester Flatt utilise des notes de la pentatonique avec un passage chromatique).
Mixolydien
- Formule 1 2 3 4 5 6 b7 — Ré mixolydien : D E F# G A B C ; La mixolydien : A B C# D E F# G.
- Note caractéristique : b7 (C en ré) : le son « modal » de l'old-time (beaucoup de fiddle tunes comme Old Joe Clark en la mixolydien).
- Accords : I (D) ii (Em) iii° IV (G) v (Am) vi (Bm) bVII (C).
- Erreur courante : utiliser un V7 sous une mélodie avec b7 : mieux vaut bVII ou v.
Dorien et éolien (ballades « anciennes »)
- Dorien 1 2 b3 4 5 6 b7 — Mi dorien : E F# G A B C# D ; accords (relatifs au mineur naturel) i ii III IV v #vi° VII.
- Éolien 1 2 b3 4 5 b6 b7 — Mi mineur : E F# G A B C D ; accords i ii° III iv v VI VII.
- Usage : ballades de meurtre et de mort (murder ballads), chants appalachiens (ex. Shady Grove en dorien, Pretty Polly en mode mineur/modal), chansons du revival de style « ancien ».
Pentatonique mineure et blue note
- Pentatonique mineure 1 b3 4 5 b7 — Mi : E G A B D ; blues 1 b3 4 b5 5 b7.
- Note caractéristique : la b3 « blue » sur un accord majeur (G sur un accord de mi majeur) et la b7 : l'apport afro-américain (country blues, Doc Watson, Mississippi John Hurt).
Comment choisir
Majeur et pentatonique majeure pour le bluegrass, la country et le folk revival ; mixolydien pour les fiddle tunes old-time ; dorien/éolien pour les ballades tragiques ; pentatonique mineure et blue note pour le country blues et le folk afro-américain.
Harmonie
Trois accords et la vérité
- I–IV–V en majeur (G–C–D) est la base de presque tout : chansons à couplets, fiddle tunes, bluegrass. Le V7 prépare le retour ; le II7 (A7 en sol, dominante de la dominante) est le passage typique du bluegrass et de la country (« I–II7–V7–I »).
- vi et iii seulement comme couleurs ; dans le revival et la chanson d'auteur on ajoute vi, IV avec basse marchante, accords sus2/sus4 ouverts.
- Modal : I–bVII (old-time mixolydien), i–VII–VI (ballades en mineur), souvent sur bourdon (cordes à vide du banjo et du fiddle).
- Rythme harmonique : un accord par mesure ou toutes les deux mesures ; dans les fiddle tunes, changements à chaque demi-mesure dans les parties les plus rapides.
Accordages et voicings
- Guitare : première position avec cordes à vide (G, C, D, Em, Am avec basses alternées), capodastre pour changer de tonalité ; accordages ouverts (open G DGDGBD, open D DADF#AD, DADGAD) dans le folk et l'indie folk.
- Banjo à 5 cordes : accordage open G (gDGBD, la cinquième corde courte comme bourdon aigu de sol), « double C » (gCGCD), sawmill/mountain modal (gDGCD) pour les morceaux modaux.
- Fiddle : accordage standard GDAE ou cross-tuning (AEAE, GDGD, ADAE) pour des morceaux en la et en ré avec bourdons.
- Mandoline : chop (accord fermé étouffé) sur le 2 et le 4 comme « caisse claire ».
Bluegrass gospel et harmonies vocales
Harmonies vocales à 3–4 parties (lead, ténor au-dessus, baryton en dessous, basse) sur I–IV–V : la richesse harmonique est dans les voix plus que dans les accords.
Progressions typiques
| Nom | Tonalité | Accords | Degrés | Comment l'utiliser |
|---|---|---|---|---|
| Trois accords | Sol majeur | G C G D G | I IV I V I | Le fondement du folk, du bluegrass et de la country. Guitare avec basse alternée (sol–ré sur le G, do–sol sur le C) et strumming en contretemps. |
| Bluegrass avec II7 | Sol majeur | G G C G A7 D7 G | I I IV I II7 V7 I | La dominante de la dominante (A7) avant D7 : le tour de nombreuses chansons bluegrass et country (ex. les progressions de Flatt & Scruggs et Bill Monroe). |
| Old-time mixolydien | La mixolydien | A G A E A | I bVII I V I | Fiddle tunes modales (ex. Old Joe Clark en la mixolydien) : le bVII (G) suit la b7 de la mélodie ; on joue souvent seulement sur un bourdon de la. |
| Ballade mineure | Mi mineur | Em D Em G D Em | i VII i III VII i | Les murder ballads et les chants appalachiens en mode mineur/modal, sans dominante majeure. |
| Folk revival avec vi | Do majeur | C Am F G | I vi IV V | Le tour « doo-wop » utilisé dans la folk pop des années 1960 (Peter, Paul and Mary, Kingston Trio) et dans l'indie folk. |
| Basse marchante | Sol majeur | G G/B C C/G D D/F# G | I I6 IV IV6/4 V V6 I | Les notes de passage à la basse (sol–si–do, ré–fa#–sol) jouées par le pouce de la guitare ou par la contrebasse, avec le « G run » de conclusion (brève figure sur les cordes graves avec le passage chromatique si♭–si vers la tonique, associée à Lester Flatt : vérifie le doigté sur une transcription). |
| Gospel plagal | Ré majeur | D G D A D G D | I IV I V I IV I | Les conclusions « amen » IV–I du bluegrass gospel et des hymnes (Will the Circle Be Unbroken, Amazing Grace). |
| Indie folk suspendu | Ré majeur | Dsus2 Gadd9 Bm7 Asus4 | Isus2 IVadd9 vi7 Vsus4 | Accords ouverts en accordage alternatif (DADGAD ou open D), voix en harmonie large et réverbérée : Fleet Foxes, Bon Iver, The Lumineers. |
Rythme et groove
- Boom-chick : basse sur le temps fort (1 et 3), strumming en contretemps (2 et 4) : la pulsation de guitare de la country, du bluegrass et du folk.
- Bluegrass : tempo rapide avec poussée vers l'avant (drive), contrebasse sur 1 et 3, mandolin chop sur 2 et 4 (la « caisse claire » du bluegrass), banjo avec rolls continus en croches/doubles croches, guitare avec boom-chick et G run.
- Old-time : groove circulaire et hypnotique du fiddle et du banjo clawhammer en 2/4 ou 4/4, accents en contretemps (« bum-ditty ») ; tempo de bal (square dance, clogging).
- Valse (3/4) : de nombreux morceaux old-time, bluegrass et country (Tennessee Waltz).
- Train beat : imitation du train avec balais et guitare (folk et country).
- Swing : léger dans l'old-time et le bluegrass (croches presque droites avec poussée), plus marqué dans le country blues et le western swing.
- Ballades : tempo libre ou rubato, souvent voix seule ou voix et guitare.
Batterie
La section rythmique sans batterie
Dans le bluegrass traditionnel et l'old-time, il n'y a pas de batterie : le rythme est réparti entre les instruments à cordes.
- Contrebasse = grosse caisse : fondamentale et quinte sur 1 et 3.
- Mandolin chop = caisse claire : accord fermé étouffé sur 2 et 4.
- Guitare = charleston et basse : boom-chick avec strumming en contretemps et passages de basse.
- Banjo = shaker rythmico-mélodique : rolls continus (forward, backward, alternating) en croches.
- Fiddle : « shuffle » à l'archet (Nashville shuffle, double shuffle) qui devient rythme.
Percussions traditionnelles
Os, cuillères, washboard, jug (jug band), pieds (clogging, flatfooting), claquements de mains dans les chants religieux.
Dans le folk rock et l'Americana
- Batterie légère : balais sur la caisse claire (train beat, two-beat), grosse caisse douce sur 1 et 3, caisse claire sur 2 et 4 ; tambourin et shaker dans les refrains.
- Indie folk (Mumford & Sons, The Lumineers) : grosse caisse jouée au pied ou à la mailloche en noires (« stomp »), claquements de mains sur 2 et 4, tambourin : un groove choral et « de feu de camp » ; crescendo avec doublement des noires.
- Kick drum de valise (suitcase kick) et stomp box chez les musiciens de rue.
Comment cela change selon la section
Couplet : guitare et voix seules ou balais légers ; refrain : tout le monde, mandolin chop plein, claquements de mains ; break instrumental : le soliste (banjo, fiddle, mandoline, dobro) pendant que les autres réduisent.
Erreurs typiques
Batterie rock sous un bluegrass traditionnel ; mandolin chop non synchronisé avec la basse ; stomp trop chargé en sub ; quantification qui enlève le drive.
Basse
- Contrebasse (upright bass, slap bass dans le rockabilly et une partie du bluegrass) : tonique et quinte sur 1 et 3 (ou 1 et 2 dans les 2/4), passages diatoniques et chromatiques vers le changement d'accord (walk-up et walk-down), « G run » avec la guitare aux conclusions.
- Basse électrique dans le folk rock et l'Americana : lignes simples, son doux (aux doigts, cordes flat).
- Pouce de la guitare : basse alternée tonique–quinte (Carter scratch, Travis picking avec basse alternée constante).
- Registre : 40–200 Hz ; dans le mix acoustique, la contrebasse doit avoir de l'attaque (les doigts sur les cordes) plus que du sub.
- Rapport avec le rythme : la basse est la « grosse caisse » ; mandoline et guitare la complètent sur les contretemps.
Instruments harmoniques
- Guitare acoustique (dreadnought cordes acier : Martin D-28, Gibson J-45 ; techniques : flatpicking au médiator pour les mélodies rapides, fingerpicking/Travis picking, Carter scratch, strumming).
- Banjo à 5 cordes (open G gDGBD) : style Scruggs à trois doigts avec onglets, rolls continus ; clawhammer/frailing (downstroke avec l'ongle et pouce sur la cinquième corde) dans l'old-time.
- Mandoline (accordée comme le violon GDAE) : chop rythmique et solos en trémolo (Bill Monroe).
- Dobro / resonator guitar (jouée au bottleneck, en accordage open G aigu GBDGBD) : fills et solos plaintifs (Jerry Douglas).
- Autoharp, dulcimer des Appalaches (mountain dulcimer, avec bourdon), harmonica, piano et orgue (gospel, folk rock), pedal steel (country).
- Voicings : accords ouverts en première position, basses alternées, cordes à vide ; capodastre pour les tonalités vocales.
Mélodie et voix
- Voix : directe, « parlée », souvent nasale et avec peu de vibrato ; le high lonesome sound du bluegrass (voix de ténor aiguë, tendue, avec harmonies serrées) ; le folk revival avec des voix plus pures et d'auteur-compositeur ; le country blues avec des inflexions blues.
- Harmonies vocales (bluegrass et gospel) : lead (mélodie), tenor (une tierce ou quinte au-dessus), baryton (sous la mélodie, souvent une quinte sous le ténor), basse (quatuors gospel) ; harmonies parallèles serrées.
- Instruments solistes : fiddle (ornements à l'archet, doubles cordes, slides), banjo, mandoline, dobro, guitare flatpicking (Doc Watson, Tony Rice, Clarence White), harmonica.
- Forme vocale : couplets narratifs (ballades de 6 à 20 strophes), refrains choraux (chants de protestation à chanter tous ensemble : We Shall Overcome).
- Indie folk : chœurs larges et choraux, voix de fausset réverbérées (Bon Iver), unissons de groupe.
- Effets : traditionnellement aucun (voix sèche) ; dans l'Americana moderne plate et slapback légers ; dans l'indie folk grandes réverbérations et voix multipistes.
Instruments
Guitare acoustique, banjo à 5 cordes (et banjo ténor), fiddle, mandoline, contrebasse, dobro/resonator, autoharp, mountain dulcimer, hammered dulcimer, harmonica, piano, orgue, pedal steel, guitare électrique (folk rock), batterie légère et balais, grosse caisse « stomp », tambourin, washboard, os, cuillères, jug ; voix et chœurs.
Patterns de batterie
Synthés et sons
- B-3 V — Orgue folk rock et gospel: Hammond avec Leslie lent pour le folk rock (Dylan électrique, The Band) et le gospel : drawbars 88 8000 000, percussion éteinte, overdrive léger.
- Wurli V — Piano électrique Americana: Wurlitzer chaud pour les ballades Americana et la chanson d'auteur des années 1970 ; trémolo léger.
- Piano V — Piano droit: Un droit légèrement « désaccordé » et proche pour le folk et l'Americana (style saloon et gospel).
- Mellotron V — Flûtes et cordes folk rock: Flûtes et cordes à bande du folk rock des années 1960–1970 (ballades orchestrées).
- Augmented Strings — Cordes pour indie folk: Pads de cordes doux et lents sous des voix chorales (style Fleet Foxes / Bon Iver), avec filtre passe-bas.
Structure du morceau
Ballade et chanson folk
Couplets (4–8 vers) avec ou sans refrain ; intro et interludes de guitare ou d'harmonica ; 3 à 6 minutes ; ballades traditionnelles parfois 10 minutes.
Fiddle tune (old-time et bluegrass instrumental)
Forme AABB (chaque partie de 8 mesures, répétée), jouée plusieurs fois ; dans le bluegrass chaque répétition est un break d'un instrument différent (fiddle – banjo – mandoline – guitare – dobro), avec le groupe qui accompagne.
Chanson bluegrass
| Section | Contenu |
|---|---|
| Intro / kick-off | 4–8 mesures d'un instrument solo (banjo ou fiddle) |
| Couplet | voix solo, accompagnement léger |
| Refrain | harmonies à 2–3 voix, chop plein |
| Break | solo instrumental sur la structure du couplet |
| Couplet – Refrain – Break | répété, parfois avec un tag final |
| Fin | « shave and a haircut » ou tag répété |
Americana et indie folk
Structure pop (couplet–refrain–pont) avec montée chorale : début intime (voix et guitare), entrée graduelle du banjo, de la contrebasse, du stomp et des chœurs, apogée chorale, coda.
Mixage et mastering
Objectif sonore
Naturel acoustique : voix au premier plan et intelligible, instruments à cordes séparés et définis (chacun dans sa bande et sa position), rythmique claire (basse + chop + guitare), petit espace (pièce, grange, église). Deux traditions d'enregistrement : un seul micro (le groupe bluegrass qui s'approche et s'éloigne d'un micro à condensateur : l'équilibre est fait par les musiciens) et multipiste moderne (Alison Krauss & Union Station, Punch Brothers : son hi-fi). Références : Flatt & Scruggs (années 1950–1960), Alison Krauss & Union Station (Live, 2002), O Brother, Where Art Thou? (2000), Gillian Welch (Time (The Revelator), 2001), Fleet Foxes (2008).
Voix
- Condensateur à large diaphragme à 15–30 cm ; EQ : passe-haut 80–100 Hz, −2 dB à 200–300 Hz, présence +1/+2 dB à 3–5 kHz, air +1 dB à 10 kHz.
- Compression : opto 3:1 avec 3–5 dB (folk), FET + opto dans l'Americana (5–7 dB).
- Espace : room 0,6–1 s ou plate court 1,2 s ; slapback (80–120 ms) dans le country-folk ; longues réverbérations et chœurs multipistes dans l'indie folk.
- Harmonies : ténor et baryton légèrement sur les côtés (L/R 15–30), compression similaire au lead.
Guitare acoustique
- Paire (condensateur à la 12e–14e case à 20–30 cm + un second près du chevalet ou dans la pièce) ou XY/ORTF à 40 cm.
- EQ : passe-haut 80–100 Hz (60 Hz si elle est seule), −2/−3 dB à 150–250 Hz (grondement), +1/+2 dB à 4–6 kHz pour le strumming, −1 dB à 1 kHz si « en boîte ».
- Compression 3:1 (3–4 dB) pour uniformiser le strumming.
- Panoramique : avec la voix au centre, guitare L/R 20–40 ou stéréo étroite.
Banjo
- Micro à 30–40 cm pointé entre la peau et le manche (pas au centre de la peau : trop « clac »).
- EQ : passe-haut 120–150 Hz, −2/−3 dB à 2–3 kHz s'il est piquant, +1 dB à 6–8 kHz ; compression 2–3:1 rapide.
- Panoramique : L ou R 30–50.
Mandoline
- Micro à 20–30 cm près des ouïes/de la rosace ; passe-haut 150 Hz ; −2 dB à 1–1,5 kHz si nasale ; +2 dB à 3–5 kHz pour le chop.
- Panoramique : à l'opposé du banjo (R ou L 30–50).
Fiddle
- Micro à 50 cm au-dessus de l'instrument ; passe-haut 150–200 Hz ; −2 dB à 2,5–3,5 kHz s'il est strident ; +1 dB à 8 kHz.
- Panoramique : L/R 20–40.
Dobro
Micro à 20–30 cm sur le cône ; passe-haut 100 Hz ; −2 dB à 500 Hz ; plate léger ; panoramique L/R 20–40.
Contrebasse
- Micro à 20–30 cm de l'ouïe ou du manche + pickup/DI ; passe-haut 35–40 Hz ; −2/−3 dB à 200–250 Hz ; +2 dB à 700 Hz–1 kHz pour le « toucher » des doigts ; compression 4:1 (4–6 dB).
- Panoramique : centre.
Batterie et stomp (Americana, indie folk)
- Kick/stomp : micro proche, +2 dB à 60–80 Hz, −4 dB à 300–400 Hz ; pas de sub exagéré ; claquements de mains avec room.
- Balais : overhead mono ou paire à 1 m ; passe-haut 150 Hz.
Bus et groupes
Voix, guitares, « string band » (banjo, mandoline, fiddle, dobro), basse, batterie/percussions ; une réverbération de pièce commune et une plate pour les voix.
Sidechain
Rare ; dans l'indie folk avec un stomp puissant, léger ducking des pads sur la grosse caisse.
Master
- Folk et bluegrass acoustique : −14/−11 LUFS intégrés, true peak −1 dBTP, LRA 6–10 LU.
- Americana et indie folk : −11/−9 LUFS.
Erreurs courantes
- Tous les instruments à cordes dans la même zone de 1–4 kHz et au même point stéréo : assigne à chacun une place.
- Contrebasse sans attaque (seulement du « boom »).
- Banjo trop fort et strident.
- Compression excessive qui aplatit les breaks et les dynamiques de groupe.
Morceaux de référence pour le mixage
- Flatt & Scruggs — Foggy Mountain Breakdown (1949).
- Alison Krauss & Union Station — Man of Constant Sorrow (Live, 2002) / O Brother, Where Art Thou? (2000).
- Gillian Welch — Time (The Revelator) (2001).
- Fleet Foxes — White Winter Hymnal (2008).
- The Lumineers — Ho Hey (2012).
Écoutes de référence
- The Carter Family — Wildwood Flower (1928)
- Woody Guthrie — This Land Is Your Land (registrata 1944)
- Lead Belly — Goodnight, Irene (1933)
- Bill Monroe and His Blue Grass Boys — Blue Moon of Kentucky (1946)
- Flatt & Scruggs — Foggy Mountain Breakdown (1949)
- Pete Seeger — We Shall Overcome (1963)
- Bob Dylan — Blowin' in the Wind (1963)
- Joan Baez — Diamonds & Rust (1975)
- Doc Watson — Black Mountain Rag (1964)
- Gillian Welch — Revelator (2001)
- The Soggy Bottom Boys — I Am a Man of Constant Sorrow (O Brother, Where Art Thou?, 2000)
- Fleet Foxes — White Winter Hymnal (2008)
- Mumford & Sons — Little Lion Man (2009)
- Billy Strings — Dust in a Baggie (2017)