Histoire et caractère
La musique arabe classique et populaire du Machrek (Égypte, Levant, Irak) et du Maghreb est fondée sur le maqam (pluriel maqamat) : un système modal qui définit non seulement une gamme mais un parcours mélodique (sayr), des notes de référence, des phrases typiques, des modulations possibles et une émotion. Les gammes utilisent des intervalles absents du tempérament occidental, en particulier la seconde neutre (environ trois quarts de ton), qui produit des tierces « neutres » à mi-chemin entre majeur et mineur. La tradition est codifiée par la théorie médiévale (al-Kindi, al-Farabi, Safi al-Din al-Urmawi) et discutée de façon moderne au Congrès de musique arabe du Caire (1932), qui proposa une gamme théorique de 24 quarts de ton par octave (dans la pratique, les intervalles varient selon la région et le maqam).
L'ensemble classique est le takht (oud, qanun, nay, violon, riq et darbuka) qui accompagne le chanteur (mutrib) ; les concepts clés sont le tarab (l'extase émotionnelle partagée entre le chanteur et le public), le taqsim (improvisation instrumentale non mesurée), le mawwal (improvisation vocale), l'hétérophonie (tous jouent la même mélodie en l'ornant différemment). Le XXe siècle égyptien est l'âge d'or du cinéma et de la radio : Oum Kalthoum (chansons de 30 à 60 minutes en direct, comme Enta Omri de 1964 composée par Mohammed Abdel Wahab), Mohammed Abdel Wahab, Farid al-Atrash, Abdel Halim Hafez, Sayed Darwish (début du siècle) ; au Liban, Fairouz avec les frères Rahbani, Wadih El Safi, Sabah ; en Syrie, Sabah Fakhri (muwashshahat et qudud d'Alep) ; en Irak, le maqam irakien (Nazem al-Ghazali, Munir Bashir à l'oud).
Depuis les années 1970–1990, la pop arabe (shababi) unit maqamat et iqa'at à des instruments électroniques : Amr Diab (Habibi Ya Nour El Ein, 1996), Hakim, Nancy Ajram, Elissa, Kadim Al Sahir, Wael Kfoury ; le raï algérien (Cheb Khaled, Didi 1992 ; Cheb Mami), le chaabi marocain et algérien, le khaleeji du Golfe, la dabke électronique levantine (Omar Souleyman) et le mahraganat égyptien (électronique de rue avec Auto-Tune, années 2010). La musique arabe influence aussi le flamenco, la musique grecque et turque, le klezmer et la bande originale de nombreux films.
Gammes et tonalités
Chaque maqam est construit à partir d'ajnas (singulier jins : fragments de 3, 4 ou 5 notes) enchaînés ; la note de jonction entre le premier et le second jins est le ghammaz. Symboles : 𝄳 = demi-bémol (environ un quart de ton sous la note naturelle). Les accords occidentaux indiqués ci-dessous ne sont que des approximations pour arranger avec des instruments tempérés (chiffres romains en mineur relatifs au mineur naturel) ; dans la tradition, la mélodie repose sur un bourdon ou en hétérophonie.
Rast (la « mère » des maqamat)
- Sur do : C D E𝄳 F G A B𝄳 C (en descendant, souvent B♭). Jins Rast sur do + jins Rast (ou Nahawand) sur sol.
- Intervalles approximatifs : T, 3/4, 3/4, T, T, 3/4, 3/4.
- Note caractéristique : E𝄳 et B𝄳 (tierce et septième neutres) : un majeur « suspendu », noble, fier.
- Usage : muwashshahat, chansons solennelles et festives ; maqam d'ouverture de nombreux morceaux.
- Erreur courante : le jouer comme do majeur (on perd tout) ou comme do mineur.
Bayati
- Sur ré : D E𝄳 F G A B♭ C D. Jins Bayati sur ré + jins Nahawand (ou Rast) sur sol.
- Note caractéristique : seconde neutre E𝄳 au-dessus de la tonique : tendresse, mélancolie populaire. Le maqam le plus courant du répertoire arabe (Maqam World).
- Approximation occidentale : ré mineur avec la seconde « baissante » ; accords i (Dm) iv (Gm) VII (C) VI (B♭).
Hijaz
- Sur ré : D E♭ F# G A B♭ C D (ou avec B𝄳 dans la partie haute). Jins Hijaz sur ré + jins Nahawand ou Rast sur sol.
- Note caractéristique : seconde augmentée E♭–F# : le son « oriental » par excellence pour l'oreille occidentale (équivalent du phrygien dominant, du freygish du klezmer, du hicaz turc).
- Accords (approximation) : I (D) bII (E♭) iv (Gm) vii (Cm).
- Usage : appels religieux, chants du désert, beaucoup de pop arabe et de musique de danse.
Saba
- Sur ré : D E𝄳 F G♭ A B♭ C (D♭ à l'octave). Jins Saba sur ré (quarte diminuée D–G♭).
- Note caractéristique : quarte diminuée (G♭) : douleur, deuil, nostalgie intense.
Nahawand, Kurd, Ajam (maqamat « tempérables »)
- Nahawand sur do : C D E♭ F G A♭ B (ou B♭) C = mineur harmonique/naturel.
- Kurd sur ré : D E♭ F G A B♭ C D = phrygien.
- Ajam sur si♭ : B♭ C D E♭ F G A B♭ = majeur.
- Ces trois-là peuvent se jouer au piano, à la guitare et au synthé sans micro-tons : ils sont la base de la pop arabe avec instruments occidentaux.
Sikah et Huzam
- Sikah : tonique sur E𝄳 (E𝄳 F G A B𝄳 C D E𝄳) ; Huzam : E𝄳 F G A♭ B C D E𝄳 (jins Hijaz sur sol). Couleurs « suspendues » typiques de l'Égypte.
Sayr et modulation
Un maqam se développe en partant du jins inférieur, en montant jusqu'au ghammaz et au-delà, avec des modulations temporaires vers d'autres ajnas et des maqamat « frères » (ex. de Bayati à Saba, de Rast à Nahawand), puis retour à la tonique. C'est ce parcours, et non la seule gamme, qui définit le maqam.
Comment choisir
Rast pour le solennel et le festif, Bayati pour le populaire et le tendre, Hijaz pour l'intensité et le sacré, Saba pour le deuil, Nahawand/Kurd/Ajam si tu dois utiliser des instruments tempérés. Pour les quarts de ton, utilise des instruments qui les permettent (oud, violon, nay, voix, qanun avec les leviers) ou du pitch bend / microtuning (échelles d'accordage pour synthé) avec précision.
Harmonie
Mélodie sans harmonie fonctionnelle
- La musique arabe traditionnelle est monodique et hétérophonique : tous les instruments jouent la même mélodie avec des variantes et des ornements personnels ; il n'y a ni accords ni cadences harmoniques.
- Le sens de « cadence » est mélodique : retour à la tonique du maqam par le jins inférieur, souvent avec une formule descendante depuis le ghammaz.
- Bourdon implicite ou explicite (à l'oud et au qanun la tonique répétée, dans le mawwal l'« ison » de l'orchestre ou de l'harmonium).
- Ostinatos rythmico-mélodiques (lazima : brèves réponses instrumentales entre les phrases du chanteur).
Harmonie dans la pop arabe
- Avec des instruments tempérés, on harmonise surtout les maqamat tempérables (Nahawand, Kurd, Ajam, Hijaz) : i–iv–V (Nahawand avec V majeur), i–bII (Kurd/Hijaz), I–IV–V (Ajam).
- Pédales de tonique et accords sans tierce (power chords, sus) pour ne pas entrer en conflit avec les tierces neutres de Rast, Bayati ou Sikah.
- Cordes (« firqa » orchestrale égyptienne depuis les années 1940) : unissons et octaves, pas d'accords.
- Dans la pop moderne : progressions en boucle (i–VII–VI–VII), synth pads, piano, guitare, mais la voix garde ornements et micro-tons.
Rythme harmonique
Inexistant dans la tradition ; dans la pop lente (1 accord toutes les 1–2 mesures) ou pédale fixe.
Progressions typiques
| Nom | Tonalité | Accords | Degrés | Comment l'utiliser |
|---|---|---|---|---|
| Nahawand avec V majeur | Do mineur (Nahawand) | Cm Fm G7 Cm | i iv V7 i | Le maqam Nahawand coïncide avec le mineur harmonique : on peut l'harmoniser comme un mineur occidental ; très utilisé dans les orchestrations égyptiennes et dans la pop. |
| Hijaz sur bourdon | Ré hijaz | D Eb D Cm D | I bII I vii I | Approximation tempérée : tonique majeure, bII pour la descente Mi♭–Ré, vii mineur depuis la b7. Dans la tradition : seulement bourdon de ré et mélodie. |
| Kurd descendant | Ré kurd (phrygien) | Dm C Bb A | i VII VI V | La descente de type andalou à l'intérieur du maqam Kurd : pop arabe, bandes originales, dabke. Le V majeur (A) est un emprunt qui crée la « cadence » vers ré. |
| Ajam festif | Si bémol majeur (Ajam) | Bb Eb F Bb | I IV V I | Le maqam Ajam est un majeur : chansons festives et marches, hymnes nationaux, pop enjouée. |
| Pédale pour maqam à micro-tons | Ré bayati | D5 D5 C5 D5 | I(5) I(5) VII(5) I(5) | Quintes à vide (sans tierce) sous une mélodie Bayati avec E𝄳 : les instruments tempérés ne contredisent pas la seconde neutre. |
| Boucle pop arabe mineure | La mineur | Am G F G | i VII VI VII | La boucle de la pop shababi des années 1990–2000 (guitares espagnoles et synthés sous maqsum) : la voix ajoute des ornements et des passages en Hijaz sur la même tonique. |
| Saba sur pédale | Ré saba | Dm Dm Gb Dm | i i bIV i | Approximation tempérée de la couleur Saba (quarte diminuée sol♭) : un accord de sol♭ majeur sur la pédale de ré mineur. Seulement comme couleur dans les arrangements modernes. |
Rythme et groove
Iqa'at (cycles rythmiques)
- Maqsum (4/4) : D T . T D . T . — le plus répandu (pop, danse, classique léger). Voir le rythme r-maqsum.
- Baladi (4/4) : D D . T D . T . — plus lourd et populaire (deux dum au début).
- Sa'idi (4/4) : D T . D D . T . — Haute-Égypte, lié à la danse du bâton (tahtib).
- Wahda (4/4 lent) : un dum et quelques tak, pour les morceaux lents et le tarab.
- Malfuf (2/4) : D . . T . . T . — rapide, pour les entrées de danse et les transitions.
- Ayyub (2/4) : D . . D T . — transe, zar, dabke.
- Sama'i thaqil (10/8) : pour le genre instrumental sama'i et les muwashshahat ; dawr hindi (7/8), aqsaq (9/8), jurjina (10/16).
- Dabke (Levant) : rythmes sur maqsum/baladi ou ayyub avec le mijwiz, accents forts pour les pas frappés.
- Feeling : les subdivisions du tak sont remplies de « ka » légers (tak de la main faible) et de roulements ; le groove est poussé et souple, avec des accélérations dans le final.
Batterie
La section rythmique arabe
- Darbuka/tabla (tambour en calice) : dum (centre, grave, 80–200 Hz), tak (bord, aigu, 2–5 kHz), ka (tak de la main faible), roulements, claquements, coups étouffés (sak).
- Riq (tambourin avec cymbalettes et peau) : peau pour les dum/tak, cymbalettes pour les subdivisions, roulements ; dans le takht, le riq est le « chef d'orchestre » rythmique.
- Daf/bendir (tambours sur cadre), tabl (grand tambour à deux peaux joué avec des baguettes, pour la dabke et le folk en plein air), naqqarat, claquements de mains.
- Dans la pop : boîtes à rythmes et kits électroniques qui renforcent dum (grosse caisse) et tak (clap/rim), avec une vraie darbuka par-dessus.
Comment raisonne la darbuka
- Le dum tombe sur les points structurels du cycle (1 et 3 dans le maqsum), le tak sur les accents intermédiaires ; les ka remplissent les doubles croches à vélocité basse.
- Le percussionniste varie continuellement (tak-ka-tak, roulements, coups de doigt) en gardant le cycle reconnaissable.
- Couplet : maqsum simple ; refrain : baladi ou maqsum plus dense, riq et claquements de mains ; sections de danse : malfuf ou sa'idi, fills et roulements ; taqsim : percussions arrêtées ou seulement un dum sur la tonique.
Interaction
Le dum s'imbrique avec la basse (ou le grave du qanun et du piano), le tak avec les claquements de mains ; dans le tarab, le rythme s'élargit et se resserre avec la voix.
Erreurs typiques de ceux qui programment
Patterns de darbuka avec vélocité identique (il manque le ka léger), dum et grosse caisse électronique non alignés, iqa' inadapté au genre (maqsum partout), quantification rigide qui tue la poussée.
Basse
- Tradition : le grave vient du dum de la darbuka, des cordes graves de l'oud et du registre bas du qanun ; il n'y a pas de ligne de basse autonome.
- Orchestre égyptien (depuis les années 1940) : contrebasses et violoncelles qui doublent la mélodie à l'octave inférieure ou tiennent la tonique.
- Pop : basse électrique ou synth bass sur la tonique et la quinte, en suivant le dum (dans le maqsum : basse sur 1 et 3, souvent avec une note en contretemps sur le 2&) ; 808 dans la pop moderne et le mahraganat.
- Micro-tons : la basse évite les notes neutres (elle reste sur la tonique, la quarte, la quinte) pour ne pas entrer en conflit avec la voix.
Instruments harmoniques
- Oud : luth sans frettes (11 cordes en 5 chœurs + 1), accordages variés ; permet les micro-tons ; technique au plectre (risha), trémolo, taqsim.
- Qanun : cithare trapézoïdale à 26 chœurs de trois cordes, jouée avec des plectres aux index ; leviers (urab) pour changer l'intonation de chaque corde de quelques centièmes ou de quarts de ton pendant le jeu.
- Nay : flûte de roseau oblique, son soufflé et chaud, ornements et glissandi ; protagoniste des taqsim.
- Violon arabe (souvent accordé G D G D ou en accordage standard), alto et violoncelle dans la firqa ; buzuq (luth à long manche du Levant), mijwiz (double clarinette de la dabke), arghul, kawala.
- Claviers depuis les années 1970 : orgue et synthé avec « quarter-tone » (claviers arabes comme les Yamaha PSR orientaux avec fonctions micro-tonales), accordéon (Égypte, accordé pour les quarts de ton), piano (rare, tempéré).
- Voicings : unissons et octaves ; aucun accord dans la tradition.
Mélodie et voix
- Voix au centre : chant orné de mélismes, vibrato serré, glissandi, micro-tons précis ; puissant registre de poitrine dans la tradition (Oum Kalthoum, contralto) ; dialogue avec le public (applaudissements et cris de « Allah ! », « ya salam ! » dans les moments de tarab).
- Mawwal : improvisation vocale libre sur un texte (souvent dialectal) avant le morceau mesuré ; layali (vocalises sur « ya layl, ya 'ayn »).
- Structure mélodique : phrases qui montent graduellement dans le maqam (sayr), modulations vers des maqamat voisins, répétitions avec variation (le chanteur répète la même phrase de nombreuses fois en la modifiant, à la demande du public).
- Lazima : brève réponse instrumentale entre les phrases vocales (unisson de cordes, oud, qanun, nay).
- Chœurs (bitana, chœur féminin ou mixte) à l'unisson ou à l'octave dans les refrains.
- Ornements instrumentaux : trémolo de l'oud et du qanun, trilles, appoggiatures, glissandi du nay et du violon.
- Pop : voix plus proche et compressée, doublures, delay ; Auto-Tune dans le mahraganat et dans une partie de la pop (comme effet).
Instruments
Oud, qanun, nay, violon, alto, violoncelle, contrebasse, buzuq, saz, darbuka (tabla), riq, daf, bendir, tabl, naqqarat, mijwiz, arghul, kawala, rababa, santur irakien, accordéon, claviers à micro-tons, guitare (pop), basse électrique, synthé, boîte à rythmes ; voix et chœur.
Patterns de batterie
Synthés et sons
- Prophet-5 V — Lead et pad avec pitch bend: Lead monophonique avec glide et bend pour imiter les ornements du nay et de la voix ; les quarts de ton demandent un pitch bend précis ou un microtuning externe.
- Jup-8 V — Pad et cuivres de la pop arabe années 1980–1990: Strings et cuivres synthétiques pour les unissons orchestraux en version électronique.
- DX7 V — Claviers orientaux FM: Timbres plucked (qanun, santur synthétiques), orgues et basses FM ; pour les quarts de ton, utilise le pitch bend (range ±1 demi-ton) ou un système de microtuning externe, si ton hôte le supporte.
- Augmented Strings — Firqa (orchestre à cordes) de soutien: Unissons de cordes à l'octave pour les lazimas ; le côté synthétique doit rester minimal.
- Korg MS-20 V — Lead pour mahraganat et électronique: Leads âpres et saturés pour la pop électronique et la dabke électronique (style Omar Souleyman).
Structure du morceau
Formes traditionnelles
- Wasla : suite de morceaux dans le même maqam (sama'i instrumental, taqsim, muwashshah, mawwal, qasida, dawr), comme un concert.
- Sama'i et bashraf (instrumentaux) : refrain (taslim) + quatre sections (khana) avec le taslim entre chacune ; la quatrième khana souvent en 6/8 ou 3/4.
- Muwashshah : chanson strophique d'origine andalouse aux rythmes complexes.
- Qasida : poésie classique chantée, souvent avec improvisation.
- Ughniya (longue chanson égyptienne, Oum Kalthoum) : introduction orchestrale (muqaddima) de plusieurs minutes, strophes (maqta') avec répétitions et variations demandées par le public, modulations de maqam, retours du refrain ; 30 à 60 minutes en direct.
Pop arabe
| Section | Contenu |
|---|---|
| Intro | thème instrumental (cordes/synthé, oud, nay) sur maqsum |
| Couplet | voix, darbuka, basse, guitare/synthé |
| Refrain | chœur et voix, cordes à l'unisson, darbuka pleine |
| Interlude | solo de nay, violon, qanun ou synthé |
| Couplet 2 – Refrain – Coda | comme ci-dessus, parfois avec mawwal final |
Durée 3:30–5:00.
Mixage et mastering
Objectif sonore
Voix et mélodie dominantes avec tous les ornements audibles, instruments de l'hétérophonie distinguables (oud, qanun, nay, violons), percussions brillantes et incisives (tak, riq), dum profond ; espace de salle de concert (orchestre égyptien) ou plus rapproché et puissant (pop). Références : les enregistrements d'Oum Kalthoum et d'Abdel Wahab (son « de salle » avec orchestre), Fairouz/Rahbani (productions plus occidentales), Amr Diab (pop shababi), Omar Souleyman (dabke électronique).
Voix
- EQ : passe-haut 80–100 Hz ; −2 dB à 250–400 Hz ; présence +2 dB à 3–4 kHz ; air +1/+2 dB à 10 kHz ; de-esser léger.
- Compression : opto 3:1 (3–5 dB) dans le traditionnel ; FET + opto dans la pop (6–8 dB).
- Espace : hall 1,8–2,5 s (salle) ou plate 1,5 s + delay en 1/4 dans la pop ; réverbération plus longue sur le mawwal.
- Aucune correction d'intonation tempérée sur les chants en Rast, Bayati, Saba, Sikah : un correcteur à 12 notes déplacerait les notes neutres vers de mauvaises notes. Si nécessaire, uniquement avec des échelles micro-tonales personnalisées ou à la main.
Oud et qanun
- Oud : micro à 20–30 cm de la rosace ou entre la rosace et le chevalet ; passe-haut 70–80 Hz ; −2/−3 dB à 200–300 Hz ; +1/+2 dB à 3–5 kHz pour l'attaque de la risha ; compression 2–3:1.
- Qanun : paire stéréo à 40–60 cm (instrument large) ; passe-haut 100 Hz ; +1 dB à 6–8 kHz ; stéréo large (L/R 40–60).
Nay, violon, cordes
- Nay : micro à 30–50 cm sur le côté (le souffle fait partie du son) ; passe-haut 150 Hz ; longue réverbération.
- Violon/cordes (firqa) : passe-haut 150–200 Hz, −2 dB à 2,5–4 kHz si acides, unissons larges en stéréo ; hall 2 s.
Percussions
- Darbuka : micro sur le dum (à l'intérieur ou près de l'ouverture inférieure, ou devant la peau à 20 cm) et un sur le tak à 30 cm ; EQ dum +2/+3 dB à 80–120 Hz, −3 dB à 300–500 Hz, tak +2 dB à 3–6 kHz ; compression 4:1, attack 5–15 ms ; transient shaper pour les tak.
- Riq : micro à 30–40 cm, passe-haut 200 Hz, −2 dB à 3–5 kHz si les cymbalettes piquent, stéréo légère.
- Tabl (dabke) : passe-haut 40 Hz, très puissant : compression 4:1 et clipper.
Basse, kick, électronique (pop)
- Basse/808 : centre, sidechain depuis le kick ou le dum (2–4 dB) ; EQ complémentaire avec le dum.
- Kick électronique : renforce le dum, ne le remplace pas (aligne les transitoires).
Bus et groupes
Voix, chœur, mélodiques (oud, qanun, nay, violons), cordes, percussions, basse/électronique ; réverbération de salle commune + plate voix.
Master
- Traditionnel et orchestral : −16/−12 LUFS intégrés, LRA 8–14 LU ; pop : −9/−7 LUFS ; true peak −1 dBTP.
Erreurs courantes
- Correction d'intonation à 12 notes (détruit les maqamat).
- Cordes qui couvrent la voix dans les lazimas : alterne les niveaux avec de l'automation.
- Darbuka avec un dum gonflé et un tak éteint.
- Mélanger des instruments tempérés (piano, synthé) qui jouent des notes « fausses » contre les notes neutres de la voix.
Morceaux de référence pour le mixage
- Oum Kalthoum — Enta Omri (1964).
- Fairouz — Li Beirut (1987).
- Abdel Halim Hafez — Ahwak (années 1960).
- Amr Diab — Habibi Ya Nour El Ein (1996).
- Omar Souleyman — Warni Warni (2013).
Écoutes de référence
- Sayed Darwish — Zuruni Kull Sana Marra (anni '20)
- Umm Kulthum — Enta Omri (1964)
- Umm Kulthum — Alf Leila wa Leila (1969)
- Fairuz — Zahrat al-Mada'in (1967)
- Fairuz — Li Beirut (1987)
- Abdel Halim Hafez — Qariat al-Fingan (1976)
- Cheb Khaled — Didi (1992)
- Amr Diab — Habibi Ya Nour El Ein (1996)
- Nancy Ajram — Akhasmak Ah (2003)
- Omar Souleyman — Warni Warni (2013)