Histoire et caractère
La C-pop (Chinese pop) est le terme générique désignant la musique pop en langue chinoise ; elle se divise principalement en Mandopop (en mandarin, de Taïwan, de Chine continentale, de Singapour, de Malaisie) et Cantopop (en cantonais, de Hong Kong), auxquels s'ajoute la pop taïwanaise en hokkien. Ses racines sont à Shanghai dans les années 20–40 : le shidaiqu (« chansons de l'époque ») associe mélodies populaires chinoises et jazz, avec des orchestres de bal et des enregistrements Pathé ; le « père de la musique populaire chinoise » est considéré comme étant Li Jinhui, et les actrices-divas comme Zhou Xuan (When Will You Return?, Night Shanghai) et Bai Guang en sont les icônes. Après 1949, l'industrie se déplace à Hong Kong (Mandarin pop des années 50–60, puis l'essor de la Cantopop) et à Taïwan.
Dans les années 70 naît à Taïwan la campus folk song (minyao xiaoyuan : chansons d'auteur acoustiques d'étudiants, vers 1975) et triomphe Teresa Teng (Deng Lijun), dont The Moon Represents My Heart (1977) arrive clandestinement en Chine continentale avec les réformes de la fin des années 70 et devient l'un des chants chinois les plus aimés de tous les temps. À Hong Kong, la Cantopop vit son âge d'or entre les années 70 et 90 (Sam Hui, Leslie Cheung, Anita Mui, Danny Chan, les Beyond ; les « Quatre rois célestes » des années 90 : Jacky Cheung, Andy Lau, Aaron Kwok, Leon Lai), en parallèle du cinéma hongkongais. En Chine continentale, le rock explose avec Cui Jian (Nothing to My Name, 1986). Dans les années 90 dominent Faye Wong (aussi dans le cinéma de Wong Kar-wai), A-mei, Jacky Cheung, Wang Fei.
À partir de 2000, Jay Chou (albums Jay 2000, Fantasy 2001) révolutionne le Mandopop avec le R&B, le hip-hop et le zhongguofeng (« style chinois » : instruments et gammes traditionnels, textes poétiques du parolier Vincent Fang, par ex. Dong Feng Po 2003, Qinghuaci/Blue and White Porcelain 2007). Suivent JJ Lin, Jolin Tsai, Eason Chan (Cantopop et Mandopop), Leehom Wang (le « chinked-out »), S.H.E, les Mayday (groupe de rock taïwanais), G.E.M., Joker Xue, Hua Chenyu, Zhou Shen, et la pop des télé-crochets et des plateformes (Douyin) sur le marché chinois ; les groupes idol (TFBoys) calquent le modèle de la K-pop. La C-pop est dominée par la ballade (le genre le plus écouté et le plus chanté dans les KTV, les karaokés), avec une mélodie chantante, un texte poétique, une production lissée.
Gammes et tonalités
La mélodie C-pop combine la pentatonique chinoise avec la tonalité majeure/mineure occidentale ; l'harmonie est occidentale. Les chiffres romains en mineur sont relatifs au mineur naturel.
Pentatonique chinoise (wusheng : gong, shang, jue, zhi, yu)
- Les cinq notes (en do) : gong C – shang D – jue E – zhi G – yu A, c'est-à-dire la pentatonique anhémitonique 1 2 3 5 6.
- Cinq modes selon la note finale : gong (C D E G A, pentatonique majeure), shang (D E G A C), jue (E G A C D), zhi (G A C D E), yu (A C D E G, pentatonique mineure).
- Note caractéristique : aucun demi-ton ; la couleur « chinoise » naît surtout des sauts de quarte et de tierce mineure (G–C, A–C) et des ornements (glissandos, vibratos).
- Usage : mélodies zhongguofeng, thèmes instrumentaux pour erhu, guzheng, dizi ; beaucoup de ballades utilisent la pentatonique dans le couplet et la gamme complète dans le refrain.
- Erreur courante : utiliser la pentatonique de façon mécanique (gammes montantes et descendantes) : la mélodie chinoise vit de phrases qui s'appuient sur zhi et yu (G et A) et de cadences sur gong ou yu.
Gammes heptatoniques chinoises (qing/bian)
- En ajoutant deux notes « de passage », on obtient des gammes de sept notes : avec #4 (biàn zhǐ) et 7 (biàn gōng), on a une gamme proche du lydien (yayue : C D E F# G A B) ; avec 4 et b7 (qingjue, run), des gammes proches du mixolydien (qingyue : C D E F G A B♭) ou du majeur (yanyue : C D E F G A B). (Terminologie théorique traditionnelle ; les définitions varient selon les sources.)
Majeur (ballades et pop)
- Formule 1 2 3 4 5 6 7 — ré majeur : D E F# G A B C#. Accords : I ii iii IV V vi vii°.
- Note caractéristique : le refrain monte souvent au 6 et au 8 aigu avec de grands sauts (le « climax » de la ballade).
- Exemple : Teresa Teng — The Moon Represents My Heart (mélodie majeure avec sauts de sixte).
Mineur naturel et harmonique (ballades tristes, R&B)
- Naturel : 1 2 b3 4 5 b6 b7 — la mineur : A B C D E F G. Harmonique : A B C D E F G#.
- Accords : i ii° III iv v VI VII ; V7 issu du mineur harmonique dans les cadences.
- Usage : ballades dramatiques, R&B, zhongguofeng en mineur (mode yu + harmonie mineure).
Pentatonique mineure et blue note (R&B mandarin)
1 b3 4 5 b7 — la : A C D E G, avec des ornements R&B (mélismes) et la blue note (b5).
Comment choisir
Pentatonique gong/zhi pour la couleur chinoise lumineuse, pentatonique yu pour le mélancolique ; majeur complet pour les refrains de ballades ; mineur pour le drame et le R&B ; gammes heptatoniques avec #4 ou b7 pour évoquer la musique traditionnelle et de cour.
Harmonie
Harmonie occidentale au service de la mélodie
- Ballades : progressions descendantes et « circulaires » avec beaucoup d'accords renversés et de basse par degrés : le Canon (I–V–vi–iii–IV–I–IV–V), la progression 4536 (IV–V–iii–vi), I–V/7–vi–I/5–IV–I/3–ii–V (basse descendante), dominantes secondaires (III7 vers vi), IVmaj7 et ii7 avec des voicings légèrement jazzy.
- Modulation d'un ton ou d'un demi-ton vers le haut dans le dernier refrain : presque une règle dans les ballades pour le KTV.
- R&B mandarin (Jay Chou, Leehom Wang, David Tao) : accords de septième et de neuvième, ii–V–I, accords maj7 et m9, basses chromatiques.
- Zhongguofeng : harmonie pop (I–V–vi–IV) sous des mélodies pentatoniques, avec des instruments traditionnels qui doublent ou répondent ; souvent pédale ou accords ouverts pour ne pas contredire la pentatonique.
- Cantopop : la mélodie doit suivre les tons du cantonais (6–9 tons lexicaux) : l'intonation des syllabes contraint la mélodie, donc les mélodies sont souvent écrites d'abord et les paroles adaptées avec soin ; le Mandopop (4 tons) est plus libre.
- Shidaiqu : harmonies jazz des années 30 (accords de sixte, de septième, dominantes secondaires) sur des mélodies pentatoniques.
Rythme harmonique et voicing
Ballades : 1–2 accords par mesure ; piano avec accords ouverts et basses à l'octave, cordes qui montent dans les refrains, guitare acoustique arpégée. Pop dance : boucles de 4 accords.
Progressions typiques
| Nom | Tonalité | Accords | Degrés | Comment l'utiliser |
|---|---|---|---|---|
| Canon (ballade chinoise) | ré majeur | D A Bm F#m G D G A | I V vi iii IV I IV V | La progression du Canon de Pachelbel est omniprésente dans les ballades C-pop et les refrains de KTV : basse descendante par quartes et remontée vers le V. |
| Royal road 4536 | do majeur | F G Em Am | IV V iii vi | La progression venue de la J-pop : la tension se pose sur le vi au lieu du I, très utilisée dans les ballades et la pop idol. |
| Basse descendante | mi majeur | E B/D# C#m E/B A E/G# F#m B | I V6 vi I6/4 IV I6 ii V | La ligne de basse qui descend par degrés sous le piano est la signature des ballades taïwanaises et hongkongaises des années 90–2000. |
| Dominante secondaire vers vi | sol majeur | G B7 Em C D G | I III7 vi IV V I | Le III7 (si7) qui mène au vi : le « moment émotionnel » des ballades (y compris dans les chansons de Teresa Teng et les classiques de la Cantopop). |
| Zhongguofeng en mineur | la mineur | Am F C G | i VI III VII | La boucle mineure sous une mélodie pentatonique yu (A C D E G) avec erhu, guzheng et pipa qui répondent : la couleur de nombreux morceaux de Jay Chou et de la pop « style chinois ». |
| R&B mandarin | fa majeur | Bbmaj7 Am7 Gm7 C7 | IVmaj7 iii7 ii7 V7 | Accords de septième avec voicings jazz légers et basses douces : R&B taïwanais des années 2000 (David Tao, Leehom Wang, Jay Chou). |
| Modulation finale | mi bémol majeur → fa majeur | Ab Bb Gm Cm Bb C Am Dm | IV V iii vi | IV V iii vi | Le dernier refrain un ton au-dessus (souvent précédé d'un break et de la dominante de la nouvelle tonalité) : la règle de la ballade de karaoké. |
| Shidaiqu jazz | fa majeur | F6 D7 Gm7 C7 F6 | I6 VI7 ii7 V7 I6 | Accords de sixte et le cycle VI7–ii7–V7–I des orchestres de bal de Shanghai des années 30–40 sous des mélodies pentatoniques. |
Rythme et groove
- Ballade en 4/4 lent (60–80) avec piano et cordes, ou en 6/8 et 12/8 ; la batterie entre à mi-parcours (souvent seulement au deuxième refrain), fill de toms avant le climax.
- Mid-tempo R&B (70–95) : groove avec léger swing sur les doubles croches, caisse claire sur 2 et 4, charleston avec ghost notes.
- Pop dance et idol (110–128) : four-on-the-floor ou pattern pop/EDM ; influences K-pop.
- Zhongguofeng : groove hip-hop ou R&B lent avec percussions chinoises (tambours tanggu, gongs, cymbales, muyu) comme couleur ; parfois des mètres ternaires.
- Shidaiqu : foxtrot, rumba, tango, valse des orchestres de bal.
- Cantopop des années 80 : synth-pop et disco ; années 90 pop-rock et ballades.
- Swing : 0–15 % dans les ballades, 15–30 % dans le R&B.
Batterie
Rôle de la batterie dans la ballade C-pop
- Couplet 1 : pas de batterie ou seulement shaker/rim léger ; piano et voix.
- Pré-refrain : entrée de la grosse caisse douce sur 1 (et 3), cymbale aux mailloches en crescendo.
- Refrain : batterie complète avec grosse caisse sur 1 et « 2& » ou « 3 », caisse claire (ou clap avec réverbération) sur 2 et 4, charleston en croches ou ride ; fill de toms et crash au début.
- Pont : drop (piano ou cordes seuls) puis montée avec toms et timbales.
- Dernier refrain : modulation, batterie à fond, cymbales, cordes.
- Dynamique : ghost notes légères à la caisse claire, vélocités douces ; le son est « propre » (caisse claire avec longue réverbération plate dans les ballades des années 90).
R&B et pop
Grosse caisse syncopée (1, 1a, 3), caisse claire sur 2 et 4 avec couche de clap, charleston en doubles croches avec léger swing et roulements en triolets (influence trap dans les années 2010–2020).
Percussions chinoises
Tanggu (tambour grave), bangu (tambour aigu de l'opéra), luo et bo (gongs et cymbales de l'opéra de Pékin), muyu (bloc de bois), paiban (castagnettes de bois) : utilisés comme accents et transitions dans le zhongguofeng et les bandes originales.
Erreurs typiques
Batterie complète dès le début de la ballade (il manque la montée) ; percussions chinoises utilisées en boucle continue (elles doivent servir de ponctuation) ; caisse claire trop sèche et moderne sur une ballade classique.
Basse
- Ballades : basse électrique ou synth bass doux qui suit les fondamentales et surtout les lignes descendantes en renversement (I – V/7 – vi – I/5 – IV…) ; notes longues, attaque douce ; souvent n'entre qu'au refrain.
- R&B : basse électrique ou synthé avec notes chromatiques de passage et slides, groove avec la grosse caisse.
- Pop dance : synth bass en croches ou sub 808.
- Shidaiqu : contrebasse à deux temps (tonique–quinte) ou walking léger.
- Fréquences : fondamentale 40–120 Hz, harmoniques 700 Hz–1,5 kHz pour la définition sur petits haut-parleurs (la C-pop s'écoute beaucoup sur smartphone).
Instruments harmoniques
- Piano : l'instrument principal de la ballade (arpèges, accords ouverts, introductions solistes).
- Cordes (sections réelles ou échantillonnées) : nappes dans les couplets, contrechants dans les refrains, crescendo dans le pont.
- Guitare acoustique (campus folk, ballades pop), guitare électrique (rock mandarin, Mayday, Beyond), synth pad et piano électrique (R&B).
- Instruments traditionnels (zhongguofeng et bandes originales) : guzheng (cithare à 21 cordes, pentatonique, glissandos et vibratos en appuyant sur les cordes), pipa (luth à 4 cordes accordé A–D–E–A, tremolo rapide lunzhi), erhu (violon à deux cordes accordées ré4–la4, glissandos et vibrato expressif), dizi (flûte traversière avec membrane dimo qui donne un son bourdonnant), xiao (flûte droite douce), yangqin (tympanon), sheng (orgue à bouche), suona (hautbois populaire puissant).
- Voicing : piano avec accords ouverts (dixièmes à la main gauche), cordes en octaves, instruments traditionnels en mélodies et réponses.
Mélodie et voix
- Voix en vedette : tessiture medium-aiguë, timbre clair, émotif, très legato ; refrains avec sauts vers l'aigu et notes longues (le « climax » de KTV) ; falsetto et voix mixte chez les ténors pop.
- Textes poétiques (souvent avec des références à la poésie classique dans le zhongguofeng), diction claire ; en mandarin les tons influencent légèrement la mélodie, en cantonais beaucoup plus (la mélodie doit « respecter » les tons des syllabes).
- Ornements : glissandos et petits mélismes ; dans le R&B, mélismes et ad-libs de type afro-américain.
- Chœurs : harmonies en tierces et en sixtes dans les refrains, doublures de la voix principale, chœurs d'ensemble dans les finals ; dans les duos homme–femme (genre très populaire) les voix alternent et se rejoignent en tierce.
- Rap en mandarin (Jay Chou, MC Jin, la scène hip-hop chinoise depuis 2017).
- Instruments mélodiques : erhu, dizi, guzheng comme « seconde voix » dans les introductions et les ponts.
Instruments
Voix et chœurs ; piano, cordes, guitare acoustique et électrique, basse, batterie, synthés, boîtes à rythmes ; instruments traditionnels chinois : guzheng, pipa, erhu, dizi, xiao, yangqin, sheng, suona, ruan, liuqin ; percussions chinoises (tanggu, bangu, luo, bo, muyu, paiban) ; orchestre de bal jazz (shidaiqu) : saxophone, trompette, trombone, clarinette, banjo, contrebasse, piano, batterie.
Patterns de batterie
Synthés et sons
- Piano V — Piano de ballade: Le son central de la ballade : modèle à queue brillant avec micros rapprochés, pédale de résonance, compression légère ; registre central pour ne pas couvrir la voix.
- Stage-73 V — Piano électrique R&B: Rhodes pour le R&B mandarin : tremolo léger, chorus, accords de septième et de neuvième.
- DX7 V — Cantopop et Mandopop des années 80: Electric piano FM, basses, cloches et marimba FM : le son des productions de Hong Kong et de Taïwan des années 80.
- Jun-6 V — Pad années 80–90: Pad avec chorus et arpèges pour les ballades synth-pop de la Cantopop.
- Augmented Strings — Cordes des ballades: Pad et cordes qui montent dans les refrains ; le côté synthétique ajoute du mouvement aux crescendos du pont.
- Augmented Voices — Chœurs et textures: Pads vocaux derrière les refrains et les modulations finales.
Structure du morceau
Forme de la ballade C-pop
| Section | Mesures | Ce qui entre/sort |
|---|---|---|
| Intro | 4–8 | piano seul ou avec cordes ; parfois un instrument traditionnel |
| Couplet 1 (A) | 8–16 | voix + piano, pas de batterie |
| Pré-refrain (B) | 4–8 | montée : basse, cordes, grosse caisse douce |
| Refrain (C) | 8–16 | batterie complète, cordes, chœurs ; la mélodie monte à l'aigu |
| Interlude | 4 | thème de l'intro |
| Couplet 2 – Pré – Refrain | 24–40 | plus d'instruments, chœurs |
| Pont | 8 | changement harmonique, drop et montée |
| Refrain final | 16–24 | modulation un ton au-dessus, tous, ad-libs |
| Outro | 4–8 | piano seul |
Durée 4:00–5:00 (plus longue que la pop occidentale).
Pop dance et idol
Intro – couplet – pré – hook – post-chorus – couplet – pré – hook – pont/dance break – hook ; 3:00–3:30.
Zhongguofeng
Introduction avec instruments traditionnels et pentatonique, couplets rappés ou chantés sur un groove R&B, refrain mélodique avec guzheng/erhu en réponse.
Mixage et mastering
Objectif sonore
Voix énorme, claire et très proche, lissée, avec tout le texte intelligible ; piano et cordes luxueux ; batterie qui monte ; production « propre » et lumineuse, pensée pour le karaoké, le smartphone et le streaming (QQ Music, NetEase Cloud Music, KKBOX, Spotify). Références : les ballades de Jacky Cheung et Faye Wong (années 90), Jay Chou (Qinghuaci, 2007), JJ Lin, G.E.M., Mayday (rock).
Voix principale
- EQ : passe-haut 80–100 Hz ; −2/−3 dB à 200–350 Hz ; présence +2/+3 dB à 3–5 kHz ; air +2/+3 dB à 10–14 kHz (les productions C-pop sont très « aériennes ») ; de-esser à 6–8 kHz (les sifflantes du mandarin : s, sh, x, c, z).
- Compression : FET 4:1 (4–6 dB) + opto 2–3:1 (2–3 dB) ; dans les ballades la voix doit rester au-dessus même dans les pianissimo (automation de volume mot par mot).
- Correction de hauteur : discrète et transparente (Melodyne/Auto-Tune lent) ; dans les productions plus récentes, aussi des effets créatifs.
- Espace : plate 1,8–2,5 s (pre-delay 50–80 ms) + hall pour les ballades ; delay à la noire ou à la croche pointée en throw sur les fins de phrase ; réverbération plus ample au dernier refrain.
- Doublures et harmonies : L/R 30–80, 4–8 dB sous le lead, de-esser plus agressif.
Piano
- EQ : passe-haut 40–60 Hz (s'il y a la basse, 80–100 Hz), −2 dB à 250–400 Hz, +1/+2 dB à 4–6 kHz, creusement dynamique à 2–4 kHz quand la voix chante (EQ dynamique en sidechain depuis la voix, 1–2 dB).
- Compression : 2–3:1, 2–3 dB ; réverbération de salle.
- Stéréo : large (perspective du pianiste), mais avec le registre central pas trop au centre pour laisser de la place à la voix.
Cordes
Passe-haut 120–200 Hz ; −2 dB à 3 kHz ; hall 2–2,8 s ; largeur complète ; automation de crescendo dans le pont et au refrain final.
Instruments traditionnels
- Erhu : passe-haut 200 Hz, −2 dB à 1–1,5 kHz s'il est nasal, +1 dB à 5 kHz ; longue réverbération ; panoramique L/R 20–40.
- Guzheng : paire stéréo, passe-haut 80 Hz, +1/+2 dB à 5–8 kHz pour les glissandos ; stéréo large.
- Pipa : passe-haut 100 Hz, compression 3:1 pour le tremolo, +1 dB à 4 kHz.
- Dizi : passe-haut 250 Hz ; le bourdonnement de la membrane (2–5 kHz) est un trait de caractère : ne pas l'éliminer.
Batterie et basse
- Grosse caisse : 50–60 Hz et attaque 3–4 kHz ; caisse claire avec plate 1,5–2 s dans les ballades (son années 90) ou claps modernes ; charleston passe-haut 300 Hz.
- Basse : centre, passe-haut 30 Hz, sidechain depuis la grosse caisse 2–3 dB dans les morceaux pop.
Bus et groupes
Voix, chœurs, piano, cordes, instruments traditionnels, batterie, basse, synthés ; plate voix, hall cordes/piano.
Sidechain
Grosse caisse → basse/pad dans la pop ; voix → piano/cordes (EQ dynamique ou ducking 1–2 dB) dans les ballades.
Master
- Ballades : −11/−9 LUFS intégrés ; pop dance : −9/−7 LUFS ; true peak −1 dBTP.
- Chaîne : EQ, compression glue légère, limiter ; conserver la montée dynamique entre couplet et refrain (3–6 dB short-term).
Erreurs courantes
- Voix pas assez en avant (le public C-pop veut entendre chaque mot).
- Sifflantes excessives (mandarin riche en fricatives).
- Piano et cordes qui occupent 1–4 kHz en même temps que la voix.
- Instruments traditionnels « enterrés » ou, au contraire, trop forts et stridents (suona et erhu).
Morceaux de référence pour le mixage
- Teresa Teng — The Moon Represents My Heart (1977).
- Jacky Cheung — Kiss Goodbye (1993).
- Faye Wong — Eyes on Me (1999).
- Jay Chou — Qinghuaci (Blue and White Porcelain, 2007).
- G.E.M. — Light Years Away (2016).
Écoutes de référence
- Zhou Xuan — When Will You Return? (anni '30)
- Teresa Teng — The Moon Represents My Heart (1977)
- Teresa Teng — Tian Mi Mi (1979)
- Cui Jian — Nothing to My Name (1986)
- Beyond — Boundless Oceans, Vast Skies (1993)
- Jacky Cheung — Kiss Goodbye (1993)
- Faye Wong — Eyes on Me (1999)
- Jay Chou — Dong Feng Po (East Wind Breaks, 2003)
- Jay Chou — Qinghuaci (Blue and White Porcelain, 2007)
- Mayday — Stubborn (2004)
- JJ Lin — Practice Love (2013)
- G.E.M. — Light Years Away (2016)