Genre118–130 BPM8 progressions

House

Histoire et caractère

La house naît à Chicago entre 1981 et 1985. Le nom vient du Warehouse, le club où le DJ new-yorkais Frankie Knuckles passait de la disco, de la soul et de l'électronique européenne, montées et allongées avec des bandes et des boîtes à rythmes ; les disquaires de la ville se mettent à étiqueter « house » cette musique, puis les productions locales. Le premier disque reconnu est Jesse Saunders — On and On (1984) ; en 1985, le mot « house » désigne désormais les productions de Chicago publiées par Trax Records et DJ International, diffusées aussi par la radio WBMX (Hot Mix 5). Des instruments bon marché et d'occasion — Roland TR-808, TR-909, TR-707, TB-303, Juno — remplacent l'orchestre de la disco.

Dès les premières années, la house se divise en courants : le jacking brut de Chicago (Chip E., Farley Jackmaster Funk, Steve "Silk" Hurley), la deep house jazzy de Larry Heard (Mr. Fingers, Can You Feel It, 1986), l'acid house de la TB-303 (Phuture, Acid Tracks, 1987) et la garage house gospel de New York et du New Jersey (Paradise Garage, Zanzibar). En 1987–88, l'acid house explose au Royaume-Uni (Shoom, le « Second Summer of Love ») et la house devient un langage européen : piano house italienne, French touch, progressive anglaise, puis tech house, electro et future house, jusqu'à l'afro house sud-africaine et la melodic house des années 2010–2020.

Esthétique : musique de DJ, construite par phrases de 8 mesures et pensée pour être mixée ; la grosse caisse à quatre temps est un battement commun, le groove naît du dialogue entre grosse caisse, charleston en contretemps, basse syncopée et accords courts. La voix, quand il y en a une, est soul ou gospel (la « diva ») ou un sample répété ; l'harmonie vient de la soul, du jazz et de la disco, mais elle est cyclique et sert la danse plus que le récit.

Gammes et tonalités

Convention : les chiffres romains se réfèrent à la gamme majeure de la même tonique (majuscule = majeur, minuscule = mineur, ° diminué, ø demi-diminué, + augmenté ; b/# = degré abaissé/haussé par rapport au majeur : en la mineur F = bVI, G = bVII). Les notes et accords ci-dessous sont calculés exactement à partir de la formule.

Dorien (la gamme mère de la house soul)

  • Formule : 1 2 b3 4 5 6 b7 — pas : T S T T T S T
  • Sur A (la) : A B C D E F# G (la si do ré mi fa# sol)
  • Triades diatoniques : Am i · Bm ii · C bIII · D IV · Em v · F#dim vi° · G bVII
  • Quadriades : Am7 i7 · Bm7 ii7 · Cmaj7 bIIImaj7 · D7 IV7 · Em7 v7 · F#m7b5 viø7 · Gmaj7 bVIImaj7
  • Note caractéristique : la sixte majeure (F# en la dorien). Par rapport au mineur naturel, elle hausse le bVI en 6 : l'accord de IV devient majeur (D, D7, D9) et la grille i–IV sonne mineure mais lumineuse, « pleine d'espoir », typiquement soul/gospel.
  • Usage dans le genre : la boucle i7–IV9 (Am7–D9) est la grille house par excellence : Rhodes ou orgue en stab, basse qui alterne A et D avec des octaves. Les mélodies vocales restent dans la pentatonique mineure (A C D E G) et touchent F# sur le IV pour éclairer l'accord.
  • Exemple d'usage : la deep et la garage house new-yorkaises (Kerri Chandler, Masters at Work) utilisent beaucoup les grilles doriennes mineures de septième/neuvième ; la deep de Larry Heard a la même couleur.
  • Erreurs courantes : jouer F (b6) dans la mélodie sur le D majeur (cela crée une b9 contre F#, qui grince) ; confondre le dorien avec le mineur naturel en mettant un Fmaj7 dans la grille : la couleur change complètement.

Éolien / mineur naturel

  • Formule : 1 2 b3 4 5 b6 b7 — pas : T S T T S T T
  • Sur F (fa) : F G Ab Bb C Db Eb (fa sol lab sib do réb mib)
  • Triades diatoniques : Fm i · Gdim ii° · Ab bIII · Bbm iv · Cm v · Db bVI · Eb bVII
  • Quadriades : Fm7 i7 · Gm7b5 iiø7 · Abmaj7 bIIImaj7 · Bbm7 iv7 · Cm7 v7 · Dbmaj7 bVImaj7 · Eb7 bVII7
  • Note caractéristique : la b6 (Db en fa mineur), qui rend le bVI (Dbmaj7) doux et mélancolique. Sans sensible, le V est mineur (Cm7) : pas de résolution forte, parfait pour des boucles qui ne se ferment jamais.
  • Usage dans le genre : boucles mineures à quatre accords (i–bVI–bVII–v ou i–bVI–bIII–bVII), piano house nocturne, lignes de basse plus sombres, voix en pentatonique mineure. Très utilisé en tech house et en progressive.
  • Erreurs courantes : utiliser le V majeur (C7) avec sensible dans chaque grille : on passe au mineur harmonique et le morceau sonne « classique » ou latin au lieu de house ; mettre trop d'accords pleins dans le registre grave.

Ionien / majeur avec extensions

  • Formule : 1 2 3 4 5 6 7 — pas : T T S T T T S
  • Sur C (do) : C D E F G A B (do ré mi fa sol la si)
  • Triades diatoniques : C I · Dm ii · Em iii · F IV · G V · Am vi · Bdim vii°
  • Quadriades : Cmaj7 Imaj7 · Dm7 ii7 · Em7 iii7 · Fmaj7 IVmaj7 · G7 V7 · Am7 vi7 · Bm7b5 viiø7
  • Note caractéristique : la septième majeure (B) et la quarte utilisée comme suspension : dans la house, le majeur s'entend presque toujours avec maj7, 6 et 9 (Cmaj9, Fmaj7, G6) pour éviter l'effet « chansonnette ».
  • Usage dans le genre : piano house des années 90, garage gospel, disco house : grilles IV–V–iii–vi et ii–V–I–vi avec accords de septième, stabs de piano en contretemps.
  • Erreurs courantes : triades nues dans le registre médium-aigu (elles sonnent pop/eurodance) ; cadences V–I trop fréquentes qui brisent l'hypnose de la boucle.

Mixolydien (couleur funk/disco)

  • Formule : 1 2 3 4 5 6 b7 — pas : T T S T T S T
  • Sur G (sol) : G A B C D E F (sol la si do ré mi fa)
  • Triades diatoniques : G I · Am ii · Bdim iii° · C IV · Dm v · Em vi · F bVII
  • Quadriades : G7 I7 · Am7 ii7 · Bm7b5 iiiø7 · Cmaj7 IVmaj7 · Dm7 v7 · Em7 vi7 · Fmaj7 bVIImaj7
  • Note caractéristique : la b7 sur un accord majeur (F en sol mixolydien) : l'accord de tonique est un G7 ou G9 qui ne demande pas à résoudre, comme dans le funk.
  • Usage dans le genre : grilles I–bVII (G–F) ou vamp I7 avec lignes de basse funk, guitares et clavinet dans les house d'origine disco ; chœurs en pentatonique majeure avec la b7 comme blue note.
  • Erreurs courantes : mettre F# (sensible) dans la basse ou la mélodie : on retombe dans le majeur et le groove perd la « saleté » funk.

Pentatonique mineure (voix, riffs, stabs)

  • Formule : 1 b3 4 5 b7 — pas : T+S T T T+S T
  • Sur A (la) : A C D E G (la do ré mi sol)
  • Note caractéristique : absence de demi-tons : aucune note ne grince sur les boucles i–IV, i–bVI ou i–bVII ; c'est la gamme « sûre » pour les hooks vocaux, riffs d'orgue et de basse.
  • Usage dans le genre : phrases vocales courtes répétées, call and response entre diva et chœur, riffs d'orgue M1/Korg, lignes de basse (A–C–D–E–G avec octaves).
  • Erreurs courantes : rester toujours sur les mêmes 3 notes sans nouveau rythme : la pentatonique vit de syncope et de répétition variée.

Comment choisir entre les gammes

ObjectifGammeGrille type
Soul, deep, garage, « espoir »Dorieni7–IV9
Nocturne, tech, progressiveÉolieni–bVI–bVII–v
Gospel, piano house, euphorieMajeur avec 7/9IV–V–iii–vi
Funk, disco houseMixolydienI7–bVII
Hooks vocaux et riffsPentatonique mineure/majeuresur n'importe quelle boucle

Règle pratique : choisis la gamme selon l'accord de IV ou de VI que tu veux utiliser (IV majeur → dorien ; bVI → éolien) et écris mélodie et basse à partir de la pentatonique, en ajoutant ensuite la note caractéristique sur les temps forts.

Harmonie

Fonction harmonique

L'harmonie house est cyclique : une boucle de 1, 2 ou 4 accords répétée tout le morceau, avec peu de cadences V–I complètes. Le centre tonal s'établit par la répétition et par la basse, pas par la résolution. La boucle doit fonctionner à l'infini : le dernier accord doit « tirer » vers le premier (par ex. v7 ou bVII qui reviennent au i).

Rythme harmonique et densité

  • Un accord par mesure ou toutes les deux mesures ; dans les boucles à 2 accords, souvent 2 mesures chacun.
  • Stabs courts (1/16–1/8) en contretemps ou en syncope : l'accord est aussi un élément rythmique.
  • Densité faible sous 200 Hz : la basse joue la fondamentale, les accords se tiennent entre C3 et C5.

Voicings

  • Accords de septième, neuvième et onzième issus de la soul et du jazz : m7, m9, m11, maj7, maj9, 7sus4, 9sus4, 6/9.
  • Voicings serrés en position fermée pour les stabs (par ex. Am9 = C E G B sur A à la basse), ouverts et à parties tardives pour les pads et le Rhodes.
  • Accords parallèles (« chord memory ») : un même voicing m7 ou m9 transposé sur plusieurs toniques, typique de la house de Chicago et de la deep (planing).
  • Pédales : tonique tenue à la basse pendant que les accords au-dessus changent (Am7 → G/A → Fmaj7/A).

Cadences et emprunts

  • ii–V–I suspendu : la dominante 9sus4 à la place du 7 évite le triton et rend la résolution douce.
  • Emprunt du IV majeur dans le mineur (dorien) et du bVII dans le majeur (mixolydien).
  • Dans la garage et la piano house : descentes diatoniques par degrés (IV–iii–ii–I) et dominantes secondaires (VI7 → ii).
  • Modulations rares ; s'il y en a, montées d'un ton dans le dernier refrain des versions vocales pop.

Exemples

  • Am7–D9 (i7–IV9) : deux accords doriens, tout le morceau.
  • Fmaj7–G6–Em7–Am7 (IVmaj7–V6–iii7–vi7) : piano anthem des années 90.
  • Dm9 joué en stab et transposé sur Fm9 et Gm9 : chord memory à la Larry Heard.

Progressions typiques

NomTonalitéAccordsDegrésComment l'utiliser
Dorien à deux accordsla mineur (dorien)Am7 D9i7 IV9Le D majeur contient la sixte dorienne (F#) : lumineux sans perdre la couleur mineure. Base d'innombrables grooves Chicago, deep et garage ; 2 mesures par accord, stabs de Rhodes ou d'orgue en contretemps.
Piano anthem années 90do majeurFmaj7 G6 Em7 Am7IVmaj7 V6 iii7 vi7Descente douce qui part du IV et ne touche jamais le I : elle reste suspendue et se répète bien. Typique de la piano house italienne et anglaise 1989–1995, jouée avec des stabs syncopés en contretemps.
Boucle mineure sans dominantefa mineurFm7 Dbmaj7 Ebsus4 Cm7i7 bVImaj7 bVIIsus4 v7Le v mineur évite la résolution et garde la grille ouverte ; le sus4 sur le bVII ajoute de l'attente. Adapté à la house nocturne, à la tech et à la progressive.
ii–V–I–vi discodo majeurDm7 G7 Cmaj7 Am7ii7 V7 Imaj7 vi7La grille de la disco et de la soul dont hérite la house : basse en octaves, cordes ou piano. Fonctionne en disco house et garage ; pour la rendre plus house, utilise G9sus4 à la place de G7.
Gospel descendantsi bémol majeurEbmaj7 Dm7 Cm7 F7sus4IVmaj7 iii7 ii7 V7sus4Descente par degrés depuis le IV avec dominante suspendue : c'est la couleur des productions garage/gospel house new-yorkaises, idéale sous une voix féminine puissante.
Organ house mineuredo mineurCm7 Bbsus2 Abmaj7 Gm7i7 bVIIsus2 bVImaj7 v7Descente éolienne avec accord sus2 qui laisse de la place au riff d'orgue ; grille d'organ bass des années 90 avec basse en contretemps.
Anthem mineurla mineurAm F C Gi bVI bIII bVIILa grille épique utilisée par la house de classement et la progressive ; en house, elle s'enrichit de Am9, Fmaj7, C/E et Gsus4 pour ne pas sonner pop.
Chord memory parallèleré mineurDm9 Fm9 Gm9 Dm9i9 biii9 iv9 i9Même voicing m9 transposé (planing) comme le faisaient les producteurs de Chicago avec la fonction chord memory : le Fm9 sort de la gamme et donne la couleur « deep ». Utilise un stab de pad ou d'orgue.

Rythme et groove

  • Métrique et grille : 4/4, grosse caisse sur chaque noire (four on the floor). Grille de doubles croches ; presque tout le groove se trouve sur les doubles croches paires (2e et 4e de chaque temps) et sur les contretemps.
  • Feeling : le contraste entre temps fort (grosse caisse) et contretemps (open hat, basse, stabs) produit le « pompage » caractéristique. Le swing sur les doubles croches est léger ou moyen : 52–58 % en style MPC ; dans le Channel rack de FL Studio environ 10–30 sur le bouton Swing, appliqué aux hats, shakers et percussions, rarement à la grosse caisse.
  • Accents : accent fort sur 2 et 4 (clap) et sur le contretemps (open hat). Les syncopes se trouvent dans la basse, les stabs et les percussions (3/16, 2&, 4&).
  • Microtiming : shaker et congas légèrement en retard (5–15 ms), clap parfois 5–10 ms après la grille pour un feeling plus détendu ; grosse caisse toujours dans la grille.
  • Variation : répétition avec micro-changements toutes les 4 ou 8 mesures, soustraction et ajout d'éléments, filtres. Pas de demi-tempo.

Batterie

Rôle de la grosse caisse

La grosse caisse est le métronome et le point de repère du DJ : toujours sur les 4 noires (steps 1, 5, 9, 13 en doubles croches). Son court et rond (909 raccourcie ou 808 à decay réduit, 150–300 ms), fondamentale entre 50 et 65 Hz, click à 2–4 kHz. Vélocité constante ; pas de ghost notes.

Caisse claire et clap

Clap (909, 808 ou sample) sur 2 et 4 (steps 5 et 13), souvent doublé par une snare courte. Dans les variantes : clap ghost sur le 4& (step 15) à 50–60 % de vélocité, clap roulé en fin de phrase. La queue (reverb room 0,6–1 s) donne la dimension du club.

Charleston et ride

  • Open hat en contretemps (steps 3, 7, 11, 15) : le « tss » qui pousse, decay 120–200 ms, coupé par la grosse caisse suivante (choke group).
  • Hat fermé en croches ou doubles croches avec accents sur les doubles croches paires ; vélocités type 100-60-85-60.
  • Ride en croches dans les moments pleins (typique de la 909) pour augmenter l'énergie sans ajouter de volume.

Percussions

Shaker en doubles croches swinguées, tambourin sur 2 et 4 ou en contretemps, congas et bongos (3/16 et 2&), rims syncopés, cowbell 808. Elles donnent le groove « latin » et le mouvement latéral (panoramique).

Dynamique, ghost notes et groove

Les ghost notes se trouvent sur shaker, hat et rim (vélocité 30–60 %). Le swing s'applique aux hats et aux percussions, pas à la grosse caisse ni au clap. Un bon groove house repose sur 3 couches : grosse caisse+clap (droit), hat+open (poussée), shaker+perc (swing).

Interaction avec la basse et la voix

La basse évite le temps fort ou le frôle (notes courtes sur le contretemps, octaves) : grosse caisse et basse s'alternent. Sous la voix, on retire le ride et les percussions aiguës (4–8 kHz) ou on les baisse de 2–3 dB.

Changements entre les sections

  • Intro DJ : grosse caisse + hat, puis clap et perc toutes les 8 mesures.
  • Groove/couplet : batterie complète sans ride.
  • Breakdown : plus de grosse caisse, restent des hats filtrés ou un shaker ; snare roll dans les 4–8 dernières mesures.
  • Drop/section principale : ride, open hat plus fort, crash sur le 1.
  • Outro : on retire les éléments dans l'ordre inverse.

Fills et transitions

Peu de fills : on travaille par soustraction (retirer la grosse caisse pendant 1 mesure ou une demi-mesure), snare/clap roll de 1–2 mesures, reverse cymbal, filtre passe-haut sur la batterie pendant 4 mesures.

Choix des sons

909 (grosse caisse, clap, hat 6-bit échantillonnés), 808 (grosse caisse longue, cowbell, clap), 707 ; samples de breaks disco. Accorde la grosse caisse sur la tonique ou la quinte du morceau si elle a une queue tonale.

Erreurs typiques

Grosse caisse trop longue qui couvre la basse ; clap et grosse caisse ensemble sans espace (clap trop grave) ; hats tous à la même vélocité ; swing appliqué à la grosse caisse ; trop d'éléments aigus qui rendent le groove fatigant.

Basse

  • Son : synth bass analogique (dent de scie ou carré filtré, Juno/SH-101/TB-303/Minimoog), organ bass (Korg M1 "organ 2"), basse électrique échantillonnée dans les house disco/garage. Fondamentale entre 40 et 110 Hz, harmoniques entre 200 Hz et 1 kHz pour se faire entendre même sur de petits systèmes.
  • Registre : C1–C3 (32–130 Hz) ; les notes sous E1 (41 Hz) sont à utiliser avec prudence.
  • Rapport avec la grosse caisse : emboîtement : la basse joue surtout sur les contretemps (steps 3, 7, 11, 15) et sur les doubles croches après la grosse caisse (steps 2, 4, 10). Sidechain léger (2–4 dB) ou ducking avec LFO ; accorde la grosse caisse pour que sa fondamentale n'entre pas en conflit avec la tonique de la basse (même note ou quinte).
  • Choix des notes : tonique, octave, quinte, septième mineure ; notes de passage chromatiques vers le changement d'accord (par ex. A–A–C–C#–D pour aller de Am7 à D9). Octaves alternées en doubles croches (disco). Glides brefs seulement dans les lignes acid.
  • Rythme : lignes syncopées de 1 ou 2 mesures répétées ; notes courtes (staccato, 1/16–1/8) pour laisser de la place à la grosse caisse.
  • Exemples typiques : offbeat bass (contretemps seulement), walking disco en octaves, organ bass syncopé des années 90, ligne acid 303 en doubles croches avec accent et slide.

Instruments harmoniques

  • Piano : le "M1 Piano" (Korg M1, 1988) et les pianos échantillonnés sont la marque de la piano house : stabs en position fermée, octave aiguë doublée, rythme syncopé en contretemps (3/16, 2&, 4&). Registre C3–C6.
  • Orgue : organ stabs avec percussion courte (B-3 ou orgues de presets numériques), riffs en syncope, organ bass.
  • Rhodes et Wurlitzer : accords m9/maj9 en deep et garage, trémolo stéréo lent.
  • Pads et cordes : nappes dans les breakdowns, Solina/Juno, cordes disco échantillonnées (stabs « orchestra hit » dans les house des années 90).
  • Stabs synthétiques : chord stabs de Juno/Prophet avec attaque 0 et decay du filtre 150–300 ms, souvent dans un delay calé sur le tempo.
  • Guitares : guitares funk étouffées (disco house), rarement des accords pleins.

Voicings en registre médium, en laissant libre l'espace sous C3 pour la basse et au-dessus de 8 kHz pour les hats et l'air.

Mélodie et voix

  • Voix principale : la diva soul/gospel (Robin S, Crystal Waters, Barbara Tucker) ou le chanteur soul masculin (Robert Owens). Registre médium-aigu, phrases brèves et répétées (2–4 mesures), mélismes à la fin des phrases, beaucoup de répétition du hook.
  • Chœurs : call and response entre soliste et chœur, harmonies en tierces et sixtes au-dessus de la mélodie, doublures à l'octave dans les refrains ; chœurs gospel dans les morceaux garage.
  • Samples vocaux : phrases découpées dans des disques disco/soul, répétées rythmiquement, pitchées ; spoken word (Chicago, deep).
  • Mélodies instrumentales : riffs de piano ou d'orgue pentatoniques, leads synthétiques simples, vents échantillonnés.
  • Effets : reverb plate ou hall court (1,2–2 s) en envoi, delay calé sur le tempo (1/8 pointée, 1/4) seulement sur les queues de phrases (« throw »), léger chorus sur les chœurs, filtres sur les voix dans les breakdowns.
  • Intervalles : pentatoniques, tierces et quartes ; sauts d'octave dans les ad-libs.

Instruments

  • Boîtes à rythmes : Roland TR-909, TR-808, TR-707/727, Linn/Drumulator, samplers (E-mu SP-1200, Akai séries S et MPC, Ensoniq).
  • Synthés : Roland TB-303 (acid), Juno-60/106, SH-101, Korg M1 (piano, orgue), Korg Poly-61 (utilisé sur On and On), DX7 (basses et pianos FM), Prophet et Jupiter pour stabs et pads.
  • Instruments acoustiques et samples : piano, orgue, Rhodes, basse électrique, guitare funk, cordes et vents disco échantillonnés, percussions latines (congas, bongos, timbales, shaker, tambourin).
  • Voix : soliste soul/gospel, chœurs, spoken word.
  • Effets : filtres (passe-bas/passe-haut résonants), phaser, delays à bande et numériques, reverbs plate.

Patterns de batterie

Synthés et sons

  • Jun-6 V — Pad, stab et basse chaude: Un DCO avec sub et bruit, filtre 24 dB et Chorus I/II : pads doux et lignes de basse rondes de la fin des années 80. Pour la basse : dent de scie + sub, cutoff 30–40 %, env mod 30 %, decay 250 ms, chorus éteint. Pour le stab : attaque 0, decay du VCF 200 ms, Chorus I.
  • Stage-73 V — Accords de piano électrique: Rhodes pour stabs de septième et de neuvième : trémolo stéréo lent (2–4 Hz, profondeur faible), un peu de drive du préampli pour le faire ressortir, EQ qui retire 200–300 Hz.
  • B-3 V — Organ stab et organ bass: Les stabs d'orgue à percussion courte sont une marque de la house : drawbars 88 8000 000, percussion 2nd ou 3rd rapide, Leslie lent ou éteint pour les stabs, léger drive.
  • Piano V — Piano house: Piano à queue ou droit brillant : couper sous 150 Hz, compression rapide et une octave au-dessus doublée pour le son « M1 Piano ».
  • Prophet-5 V — Stabs polyphoniques et brass: Stabs synthétiques brillants : 2 oscillateurs dent de scie légèrement désaccordés, attaque 0, decay du filtre court (150–300 ms), sustain du filtre bas ; excellent dans un delay calé sur le tempo.
  • Mini V — Basse mono: Basse pleine avec l'oscillateur 1 en dent de scie et le 2 en carré une octave en dessous, filtre ladder 24 dB avec peu de résonance, decay court pour des notes staccato ; glide bref pour les lignes funk.
  • Solina V — Cordes de breakdown: Cordes ensemble vintage pour les breakdowns et les house disco ; filtrer sous 6–8 kHz pour ne pas couvrir la voix.

Structure du morceau

Forme pensée pour le DJ, en phrases de 8 mesures (multiples de 16 et 32). Version « extended mix » de 6–7 minutes à 124 BPM (≈ 190–220 mesures).

SectionMesuresCe qui entre/sort
Intro DJ16–32grosse caisse + hat, puis clap, perc, open hat toutes les 8 mesures ; aucun élément tonal dans les 16 premières pour le mixage
Groove A16entrée de la basse ; puis un élément harmonique filtré
Couplet / Groove B16–32accords pleins, voix ou sample, perc complètes
Breakdown16sans grosse caisse ni basse ; pad, piano, voix a cappella, filtre qui s'ouvre ; build avec snare roll et riser dans les 4–8 dernières
Drop / section principale32tout est là : ride, open hat, hook vocal, chœurs
Second break (opt.)8–16variation, nouveaux éléments
Section finale16–32variante du hook, puis soustraction
Outro DJ16–32batterie et basse seules, puis batterie seule

Radio edit : 3–3:30 min, intro de 4–8 mesures, structure couplet–refrain plus pop. Règle d'arrangement : toutes les 8 mesures, quelque chose entre, sort ou change (filtre, nouvelle percussion, variation de la basse).

Mixage et mastering

Objectif sonore

Grosse caisse et basse protagonistes et clairement séparées, groove lisible sur un système de club (sub fort mais maîtrisé), médiums chauds, aigus brillants mais pas agressifs. Mix centré : tout ce qui est sous 120 Hz en mono. Balance type (point de départ, avec la grosse caisse à −6 dBFS de crête sur le bus) : grosse caisse 0 dB, basse −2/−4 dB, clap −4/−6, hat −10/−14, voix 0/−2 par rapport à la grosse caisse perçue. Références : Robin S — Show Me Love (StoneBridge mix), Kerri Chandler, Purple Disco Machine pour la house moderne.

Grosse caisse

  • EQ : HP à 25–30 Hz (24 dB/oct) ; accent de la fondamentale +1/+3 dB à 50–65 Hz (Q 1,5) ; coupe −2/−4 dB à 250–400 Hz (Q 2) pour enlever le « carton » ; click +1/+2 dB à 2,5–4 kHz.
  • Compression : souvent inutile ; sinon VCA (Fruity Compressor, Pro-C 2 "Punch") ratio 4:1, attaque 10–30 ms (laisse passer le transitoire), release 50–100 ms, GR 2–3 dB.
  • Transient shaper : Transient Processor de FL Studio ou Kilohearts pour +2/+4 dB d'attaque et −2 dB de sustain si la queue couvre la basse.
  • Saturation : légère, à bande ou à lampe (Fruity Blood Overdrive avec peu de gain, Saturn 2 "Warm Tape") pour la faire entendre sur de petites enceintes.
  • Espace : aucune reverb directe ; tout au plus une room très courte (0,2–0,4 s) en envoi à −20 dB, HP 300 Hz sur le retour.
  • Stéréo : mono, au centre.

Caisse claire et clap

  • EQ : HP 150–200 Hz ; corps +1/+2 dB à 800 Hz–1,2 kHz ; présence +2 dB à 3–5 kHz ; coupe 6–8 kHz si agressif.
  • Compression : FET/VCA rapide, ratio 4:1, attaque 1–5 ms, release 60–100 ms, GR 3–4 dB ; ou parallèle pour le corps.
  • Saturation : léger overdrive ou clipper (Fruity Soft Clipper) pour uniformiser les crêtes.
  • Espace : room ou plate 0,8–1,2 s, pre-delay 10–20 ms, HP 400 Hz et LP 8 kHz sur le retour ; dans le breakdown, reverb plus longue automatisée.
  • Stéréo : clap au centre ; couche secondaire élargie (Haas 10–15 ms ou stereo shaper) pour l'ampleur.

Charleston et percussions

  • EQ : HP 300–500 Hz (hat 500–800), attention à 6–10 kHz (coupe dynamique −2/−3 dB si ça siffle), air +1/+2 dB en shelf à 12 kHz.
  • Compression : en général non ; un bus percussions avec compression légère (2:1, attaque 10 ms, GR 1–2 dB) pour coller.
  • Saturation : bande pour adoucir les 6-bit de la 909 ; léger bitcrusher pour le caractère.
  • Espace : shaker et congas dans une room courte (0,5–0,8 s) pour les mettre « derrière » ; delay à 1/8 pointée filtré sur les perc occasionnelles.
  • Panoramique : hat fermé 10–20 % L ou R, open hat central ou opposé, shaker 30–50 %, congas aiguë/grave de part et d'autre (L30/R30), tambourin 40 %.
  • Automations : filtre HP sur les perc dans les builds, volume du ride +2 dB dans le drop.

Basse

  • EQ : HP à 30 Hz ; fondamentale 50–100 Hz ; coupe 200–300 Hz si ça étouffe ; harmoniques +1/+2 dB à 700 Hz–1,2 kHz pour la lisibilité ; LP à 3–6 kHz si la présence n'est pas nécessaire.
  • Compression : opto ou VCA, ratio 3–4:1, attaque 10–20 ms, release 80–150 ms, GR 3–5 dB pour uniformiser les notes.
  • Saturation : lampe ou bande modérée (Saturn 2, Decapitator "A") pour les harmoniques ; distorsion seulement dans les house plus tech.
  • Espace : aucune reverb sous 200 Hz ; éventuel chorus seulement au-dessus de 200 Hz (multibande).
  • Stéréo : mono sous 120–150 Hz (Fruity Stereo Shaper ou Pro-Q 3 en mid/side).
  • Sidechain : 2–4 dB de réduction avec attaque rapide et relâchement calé sur le tempo (environ 1/16–1/8 : 120–180 ms à 124 BPM).

Synthés, pads, piano, orgue

  • EQ : HP 120–200 Hz sur tout ce qui n'est pas basse ; couper 250–400 Hz sur les pads ; présence piano/orgue 2–4 kHz ; LP sur les pads à 8–10 kHz pour laisser de la place aux hats et à la voix.
  • Compression : stabs de piano avec compresseur rapide (ratio 4:1, attaque 5 ms, release 50 ms) pour les uniformiser ; pads peu compressés.
  • Saturation : bande sur le bus synthés, léger overdrive sur l'orgue.
  • Espace : stabs dans un delay calé en 1/8 pointée (≈ 363 ms à 124 BPM) avec HP 300 Hz et feedback 25–35 % ; pads en hall 2–3 s ; piano en plate 1,5 s.
  • Stéréo : pads larges (chorus, unison), stabs au centre ou légèrement élargis, orgue 20 % L ou R.
  • Automations : cutoff du filtre passe-bas qui s'ouvre sur 8–16 mesures, volume du delay sur les queues.

Voix principale

  • Chaîne : EQ correctif (HP 80–100 Hz, −2/−3 dB à 250–400 Hz), de-esser (5–8 kHz), compression en série : FET rapide (style 1176, 4:1, 3–5 dB GR) puis opto (style LA-2A, 2–3 dB GR), EQ créatif (+2 dB à 3 kHz, shelf d'air +2 dB à 12 kHz).
  • Saturation : légère, à bande ou à lampe.
  • Espace : plate 1,2–1,8 s avec pre-delay 20–40 ms (HP 300 Hz, LP 8 kHz sur le retour) ; delay 1/4 ou 1/8 pointée en throw sur les derniers mots.
  • Position : centrale, 0–2 dB au-dessus du reste dans les refrains ; ducking des pads sous la voix (Trackspacer ou sidechain dynamique 2–3 dB à 1–4 kHz).

Chœurs

HP 150 Hz, plus compressés que la voix (GR 5–6 dB), plus sombres (LP 10 kHz), élargis (doublures L/R 60–100 %), reverb plus longue (hall 2–2,5 s). Volume 4–8 dB sous la soliste.

FX

Risers, white noise sweeps, reverse cymbals, impacts : HP 200–300 Hz (laisser le sub à la grosse caisse), larges en stéréo, automation de volume et de filtre ; couper les queues au début du drop.

Bus et groupes

  • Bus de batterie : compression glue (style SSL, 2:1–4:1, attaque 10–30 ms, release auto ou 100 ms, GR 1–3 dB), légère saturation à bande ; parallèle si plus de corps est nécessaire.
  • Bus de basse (basse + éventuel sub) : mono sous 120 Hz, limiteur léger.
  • Bus musique (synthés/piano/pads) : sidechain, EQ de groupe, bande.
  • Bus vocal : compression 1–2 dB, reverb et delay communs.

Sidechain

Depuis la grosse caisse (piste fantôme ou Fruity Peak Controller / Kickstart / LFOTool) sur la basse (2–4 dB), les pads (4–8 dB), les reverbs (3–6 dB), les synthés (2–4 dB). L'effet de « pompage » doit être un groove, pas un trou : release en rythme avec le morceau (≈ 1/8 à 124 BPM = 242 ms).

Master

  • Chaîne : EQ correctif léger (HP 20–25 Hz) → compresseur de bus 1–2 dB GR (2:1, attaque 30 ms, release auto) → saturation/clipper léger → limiter (Fruity Limiter, Pro-L 2, Ozone Maximizer).
  • Cible : master club/DJ −9/−7 LUFS intégrés ; short-term dans le drop −7/−6 ; house plus dynamique (deep) −10/−9. Pour le streaming, la plateforme normalise à environ −14 LUFS : un master trop écrasé perd du punch sans devenir plus fort.
  • True peak : ≤ −1 dBTP pour le streaming, −0,3/−0,5 dBTP pour les fichiers de club ; facteur de crête dans le drop 8–10 dB.
  • Dynamique : le breakdown doit rester 3–6 LU sous le drop.

Erreurs courantes

Sub non mono ; basse et grosse caisse sur la même fréquence sans sidechain ni accordage ; trop d'éléments entre 200 et 500 Hz (mix « boueux ») ; hats et shakers trop forts (fatigue d'écoute) ; reverbs non filtrées qui salissent les bas-médiums ; limiter qui écrase la grosse caisse ; voix qui se perd parce que les pads occupent 1–4 kHz.

Morceaux de référence pour le mix

  • Robin S — Show Me Love (StoneBridge mix, 1993) : organ bass et grosse caisse.
  • Kerri Chandler — Bar A Thym (1998) : basse et sub profonds, groove.
  • Crystal Waters — Gypsy Woman (She's Homeless) (1991) : voix et orgue.
  • Daft Punk — Around the World (1997) : filtres et compression.
  • Purple Disco Machine — Hypnotized (2020) : house moderne, brillante et propre.

Écoutes de référence

  • Jesse Saunders — On and On (1984)
  • Mr. Fingers — Can You Feel It (1986)
  • Marshall Jefferson — Move Your Body (1986)
  • Frankie Knuckles & Jamie Principle — Your Love (1986–87)
  • Phuture — Acid Tracks (1987)
  • Crystal Waters — Gypsy Woman (She's Homeless) (1991)
  • Robin S — Show Me Love (StoneBridge mix, 1993)
  • Daft Punk — Around the World (1997)
  • Kerri Chandler — Bar A Thym (1998)
  • Purple Disco Machine — Hypnotized (2020)

Sources

House sous-genres