Funk et soul90–115 BPM7 progressions

Funk

Histoire et caractère

Le funk naît au milieu des années 1960 aux États-Unis comme évolution de la soul et du R&B, quand James Brown et son groupe réduisent la chanson à un groove : l'harmonie s'arrête sur un ou deux accords, la mélodie devient rythmique et l'accent se déplace du backbeat vers le premier temps (« on the one »). Les étapes : « Out of Sight » (1964), « Papa's Got a Brand New Bag » (1965), « Cold Sweat » (1967, souvent présenté comme le premier vrai morceau funk), « Mother Popcorn » (1969), « Get Up (I Feel Like Being a) Sex Machine » et « Funky Drummer » (1970). Les batteurs Clyde Stubblefield et John « Jabo » Starks, le guitariste Jimmy Nolen, les cuivres de Pee Wee Ellis, Fred Wesley et Maceo Parker sont les architectes du langage.

Parallèlement, La Nouvelle-Orléans apporte un funk plus « seconde ligne » (The Meters, « Cissy Strut », 1969 ; Allen Toussaint), Sly and the Family Stone le fusionne avec le rock psychédélique et la pop (avec la basse slap de Larry Graham), et dans les années 1970 le genre explose : Parliament-Funkadelic (P-funk), Earth, Wind & Fire, Kool & the Gang, Ohio Players, Tower of Power, Average White Band, The Commodores, Rufus avec Chaka Khan, Stevie Wonder (Superstition), Herbie Hancock avec Head Hunters (jazz-funk), Prince et Rick James entre la fin des années 1970 et les années 1980.

Esthétique : imbrication de parties simples en doubles croches, espace entre les notes, répétition hypnotique, dynamique de groupe live, hiérarchie claire (batterie et basse commandent). Le funk a engendré le go-go, l'electro-funk, le funk rock, le G-funk, l'acid jazz et surtout le hip hop, qui en a samplé les breaks.

Gammes et tonalités

Dorien (le mineur du funk)

  • Formule : 1 2 b3 4 5 6 b7 — T S T T T S T.
  • Sur mi : E F# G A B C# D. Sur la : A B C D E F# G.
  • Note caractéristique : la 6 majeure (C# sur mi) : elle rend le mineur « funky » et ouvert, car elle permet le IV7 (A7) et le ii (F#m7).
  • Accords diatoniques sur mi : Em7 (i7), F#m7 (ii7), Gmaj7 (bIIImaj7), A7 (IV7), Bm7 (v7), C#ø7 (viø7), Dmaj7 (bVIImaj7).
  • Usage : vamp Em7–A7 ou Em9 statique ; la guitare joue Em9 (G B D F#) et A9/A13 sur les cordes aiguës ; la basse reste sur E, D, B, G et les chromatismes vers E.
  • Exemple : Herbie Hancock — Chameleon (Bbm7–Eb7) ; Kool & the Gang — Jungle Boogie (vamp mineur).
  • Erreurs courantes : penser « mineur » = éolien : la b6 (C sur mi) sonne hors style dans le funk.

Mixolydien avec b3 blues (le dominant du funk)

  • Formule : 1 2 3 4 5 6 b7 — T T S T T S T ; plus la b3 comme note de passage (1 2 b3 3 4 5 6 b7, la « gamme mixo-blues »).
  • Sur mi : E F# G# A B C# D (+ G).
  • Note caractéristique : la b7 (D) qui fait du I un accord de dominante stable ; la b3 contre la 3 (G–G#) est le grain blues.
  • Accords : E7, E9, E13, E7#9 (I), A7/A9 (IV), B7#9 (V dans le bridge).
  • Usage : le vamp sur un seul accord de neuvième de James Brown ; riffs de basse qui passent de G à G# (« hammer-on » de la b3 à la 3).
  • Exemple : James Brown — Sex Machine ; Sly and the Family Stone — Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin).
  • Erreurs courantes : tenir longtemps la b3 dans la voix au-dessus d'un accord avec la tierce majeure à la guitare : elle s'emploie en passage ou dans un contexte de pentatonique.

Pentatonique mineure / blues

  • Pentatonique mineure : 1 b3 4 5 b7. Sur mi : E G A B D.
  • Blues : 1 b3 4 b5 5 b7. Sur mi : E G A Bb B D. Note caractéristique : la b5 (Bb) de passage.
  • Usage : riffs de basse, clavinet, guitare, lignes de cuivres à l'unisson ; fonctionne aussi bien sur le dorien que sur le mixolydien.
  • Exemple : Stevie Wonder — Superstition (riff de clavinet sur la pentatonique de mib) ; Wild Cherry — Play That Funky Music (riff en mi).

Pentatonique dorienne et « gamme de la basse funk »

  • Formule : 1 2 b3 4 5 6 b7 utilisée comme pentatonique avec ajout de la 6 (1 b3 4 5 6 b7). Sur mi : E G A B C# D.
  • Usage : lignes de basse slap qui montent de la tonique à l'octave en passant par 5–6–b7 (E B C# D E).

Mineur mélodique (jazz-funk)

  • Formule : 1 2 b3 4 5 6 7 — T S T T T T S. Sur mi : E F# G A B C# D#.
  • Note caractéristique : la 7 majeure (D#) sur un accord mineur : couleur « Em(maj7) », utilisée dans le jazz-funk (Hancock, Brecker Brothers) et dans les phrases de cuivres vers la tonique.

Comment choisir

Accord du vampGamme principaleCouleur
m7, m9, m11Dorien, pentatonique mineuremineur ouvert
7, 9, 13Mixolydien + b3 bluesdominante, sale
7#9Blues, pentatonique mineureagressif, rock
mMaj7, m6 (jazz-funk)Mineur mélodiquesophistiqué

Harmonie

Harmonie statique

L'harmonie du funk est verticale : un accord devient un environnement sur lequel on construit le groove. Vamps d'un seul accord pendant 8, 16 ou 32 mesures (E9), ou deux accords en relation i–IV dorienne (Em7–A7), i–bVII (Em7–D) ou I–IV de dominante (E9–A9). Le changement arrive avec le bridge, qui déplace tout vers une autre zone (souvent le IV ou une séquence descendante) et crée de la tension avant le retour au 1.

Accords et voicings de guitare

  • E9 (E G# D F# B) sur les cordes 4–1 avec la tonique implicite à la basse ; E13 et E7#9.
  • Triades et accords à trois notes sur les cordes aiguës (D–G–B), avec slide d'un demi-ton par le dessous (F9 → E9) comme effet rythmique.
  • Em7 / Em9 / Em11 en quartes aux claviers (A D G C par exemple), quintes à vide au clavinet.
  • Voicings en quartes « So What » dans le jazz-funk.

Cadences et mouvements

  • Absence de cadence dans le vamp ; dans le bridge IV7–I7 ou V7#9–I7.
  • Chromatismes parallèles d'accords (Eb9 → E9, F9 → E9) pour les hits.
  • Pédale de basse sous des accords qui changent (E à la basse, accords D/E, A/E au-dessus) : tension modale.
  • Rythme harmonique : très lent (1 accord par section) ; la densité est rythmique, pas harmonique.

Hits et stops

Tout le groupe joue ensemble un accent harmonique (par ex. un E9 sur le « & » du 4) puis s'arrête : le silence fait partie de l'harmonie du funk.

Progressions typiques

NomTonalitéAccordsDegrésComment l'utiliser
Vamp de neuvièmeMi (mixolydien)E9I9James Brown : tout le couplet sur un accord. Le groove (basse sur le 1, guitare en doubles croches) fait le travail de l'harmonie.
Vamp dorienSi bémol mineur (dorien)Bbm7 Eb7i7 IV7Herbie Hancock — Chameleon. Le G naturel (tierce de Eb7) est la 6te dorienne qui rend le mineur funky.
i–bVIIMi mineurEm7 D/E Em7 D/Ei7 bVII/iPédale de mi sous le bVII : classique pour les riffs de guitare et les synthés du funk des années 1970.
Bridge au IVMiE9 E9 A9 A9 E9 E9 B7#9 B7#9I9 I9 IV9 IV9 I9 I9 V7#9 V7#9Brise le vamp et prépare le retour au 1 (forme « blues funk »).
Slide chromatiqueMiF9 E9 F9 E9bII9 I9Accord un demi-ton au-dessus qui glisse sur la tonique : hits de guitare et de cuivres.
Funk mineur avec ii–VRé mineur (dorien)Dm9 Dm9 Em7b5 A7#9i9 i9 iiø7 V7#9Cadence mineure jazzy dans le jazz-funk et l'acid jazz.
Funk majeur (Earth, Wind & Fire)Mi bémol majeurEbmaj9 Fm9 Gm7 Abmaj7 Bb11Imaj9 ii9 iii7 IVmaj7 V11Lignes diatoniques ascendantes avec voicings riches : le funk « orchestral » d'EWF et de Kool & the Gang des années 1980.

Rythme et groove

The One

L'accent principal est le premier temps de chaque mesure (ou du cycle de deux/quatre mesures) : basse et grosse caisse arrivent ensemble, souvent avec un hit des cuivres. Tout le reste est construit pour faire sentir le 1 comme un retour à la maison.

Grille et swing

Grille en doubles croches, avec un léger swing de double croche (54–58 %, soit 8–20 sur l'échelle du swing). Le funk de La Nouvelle-Orléans (Meters) est plus « roulant », presque ternaire ; le funk de James Brown est plus droit et nerveux ; le P-funk est plus lent et lourd.

Interlocking

Chaque partie occupe un espace de la grille : la guitare joue les doubles croches en contretemps (e, a), la basse les syncopes et le 1, le clavinet comble les trous, les cuivres font des hits. Le résultat est un « tapis » où aucune double croche n'est vide, mais où aucun musicien ne les joue toutes.

Microtiming

Ghost notes en avance de quelques ms, caisse claire sur le backbeat légèrement en retard, basse qui « pousse » le 1 de 5–10 ms. Ne quantifie pas à 100 % : 60–80 % de quantize strength avec un swing de 55–57 % est un bon point de départ dans FL Studio.

Batterie

Principe

La batterie funk est un ostinato syncopé de deux mesures qui se répète, avec des variations minimes. Elle doit « jouer peu mais juste » : le groove est dans la position des notes et dans la dynamique.

Grosse caisse

  • Toujours sur le 1 (position 1 de la grille à 16).
  • Syncopes typiques : le « e » du 1 (pos. 2), le « & » du 2 (pos. 7), le « a » du 2 (pos. 8), le « & » du 3 (pos. 11), le « a » du 3 (pos. 12).
  • Exemple de base : grosse caisse sur 1, 1&, 2a, 3& (x.x.....x.x..... ou similaire). Souvent à l'unisson avec la basse.

Caisse claire

  • Backbeat sur 2 et 4 (pos. 5 et 13), velocity 110–127.
  • Ghost notes sur les doubles croches voisines (pos. 4, 7, 10, 12, 15, 16) à velocity 20–45.
  • Variations : backbeat déplacé sur le « a » du 4 dans la deuxième mesure, double coup sur le 4 (« 4 e »).

Charleston

  • Doubles croches fermées avec accents sur les croches du temps fort (velocity 90–100 sur les croches, 50–70 sur les doubles croches en contretemps) ou croches avec accents déplacés.
  • Une courte ouverture sur le « & » du 4 (pos. 15) qui se referme sur le 1.
  • Clyde Stubblefield : hat en doubles croches et ghost notes denses ; Jabo Starks : groove plus sec et grosse caisse plus régulière ; Zigaboo Modeliste (Meters) : ghost notes et accents déplacés façon seconde ligne.

Percussions

Congas (tumbao simplifié), cloche à vache sur le 1 ou en croches, tambourin sur le backbeat dans les refrains, timbales dans le funk latin (Santana, War).

Dynamique et groove

Le groove réside dans le contraste entre les coups forts (backbeat, 1) et les ghost notes à peine audibles. Swing de double croche 55–57 %. La batterie ne fait presque pas de crescendo : la tension se crée avec les stops et les breaks.

Interaction avec la basse et la voix

La grosse caisse et la basse définissent le 1 ensemble ; la basse joue dans les silences de la grosse caisse. Quand le chanteur fait une phrase rythmique, la batterie reste sur le pattern. Les signaux du leader (« hit me! ») déclenchent stops, breaks et changements.

Sections

  • Couplet : pattern de base, hat fermé.
  • Refrain/hook : hat plus ouvert, crash sur le 1, tambourin.
  • Bridge : changement de pattern (grosse caisse plus régulière ou à quatre temps, caisse claire pleine sur 2 et 4).
  • Break : batterie seule 2–8 mesures (Funky Drummer) : c'est la partie samplée par le hip hop.
  • Vamp final : petites variations, fills brefs.

Fills

Rares, courts (un temps ou deux), sur caisse claire et tom aigu, souvent en doubles croches avec un accent sur la dernière double croche avant le 1. Le stop de tout le groupe vaut plus qu'un fill.

Sons

Grosse caisse étouffée avec attaque courte (decay 150–200 ms), caisse claire accordée medium-aigu (200–250 Hz de fondamentale) avec peu de queue, hi-hat de 14" clair. Samples : breaks de James Brown, Meters, Kool & the Gang.

Erreurs typiques

Ghost notes trop fortes (elles deviennent une seconde caisse claire), grosse caisse qui change à chaque mesure (perd l'ostinato), trop de fills, hat en doubles croches toutes identiques, quantification rigide sans swing.

Basse

Son

Basse électrique à 4 cordes : Fender Precision (plus rond) et Jazz Bass (plus grognant), Music Man StingRay dans les années 1970 (Bernard Edwards, Louis Johnson). Doigts ou pouce (slap), cordes roundwound pour le slap, flat pour le funk plus vintage. Effets : envelope filter (Mu-Tron III, Bootsy Collins), fuzz, wah. Dans le funk tardif, la basse synthé (Minimoog : Bernie Worrell).

Registre et rapport avec la grosse caisse

Tonique entre E1 et A1 (41–55 Hz) pour les basses les plus profondes, octaves jusqu'à E3. La basse joue le 1 avec la grosse caisse, puis remplit les trous ; sur les notes longues la grosse caisse peut se retirer, sur les notes courtes (staccato, dead notes) la basse devient percussion.

Choix des notes

  • Tonique et octave (slap du pouce sur la tonique, pop de l'index sur l'octave).
  • b7 et 5 sous la tonique comme pick-up (D, B → E).
  • b3 → 3 avec hammer-on sur le vamp de dominante (G → G#).
  • Chromatismes d'approche (D#, F → E) sur la dernière double croche.
  • Dead notes (notes étouffées) qui remplissent la grille sans hauteur définie.

Rythme

Doubles croches syncopées avec des silences importants ; la note sur le 1 est souvent longue, le reste court. Les lignes sont des ostinatos de 1–2 mesures qui se répètent.

Exemples

Bootsy Collins (Sex Machine, 1970), Larry Graham (Thank You, 1969), Rocco Prestia (Tower of Power, « fingerstyle » en doubles croches continues), George Porter Jr. (Meters), Louis Johnson (Brothers Johnson), Verdine White (EWF), Marcus Miller (années 1980).

Instruments harmoniques

  • Guitare rythmique : le « chank » : accords de neuvième à trois/quatre notes sur les cordes aiguës (E9, Em9, A13) joués en doubles croches continues à la main droite ; la gauche relâche la pression pour créer les notes étouffées. Jimmy Nolen, Catfish Collins, Nile Rodgers, Al McKay (EWF). Souvent deux guitares : l'une en doubles croches serrées, l'autre avec un riff en notes simples (une note répétée ou un petit motif).
  • Clavinet : riffs percussifs à deux mains, souvent avec wah ou envelope filter.
  • Rhodes / Wurlitzer : accords m9 et 7#9 dans les espaces.
  • Orgue : pad ou stabs courts avec percussion.
  • Cuivres : stabs, unissons, « shout » en harmonie, réponses à la voix ; Horny Horns (P-funk), Tower of Power Horns, Phenix Horns (EWF).
  • Synthés (années 1970–80) : lead Minimoog, brass synth ARP/Oberheim.

Mélodie et voix

Voix

Plus rythmique que mélodique : phrases courtes, cris, répétitions, « call » du leader et « response » du groupe. Registre de poitrine poussé, timbre rugueux (James Brown, Sly Stone), ou falsetto (Philip Bailey d'EWF, Eddie Hazel dans les chœurs P-funk). Paroles souvent faites de slogans répétés.

Chœurs

Gang vocals à l'unisson ou à l'octave sur les hooks, harmonies à 3 voix dans les refrains d'EWF et de Kool & the Gang, chœurs « parlés ».

Mélodies instrumentales

Riffs de cuivres à l'unisson sur la pentatonique, solos de sax (Maceo Parker) et de guitare wah.

Effets

Voix sèche et proche, au maximum un slap delay ou une plate courte ; dans les chœurs, reverb de pièce.

Instruments

  • Batterie acoustique (grosse caisse 20–22", caisse claire 14", charleston 14")
  • Basse électrique (Precision, Jazz Bass, StingRay), envelope filter
  • Deux guitares électriques (Stratocaster/Telecaster, semi-acoustiques), wah
  • Clavinet, Rhodes, orgue Hammond, Wurlitzer
  • Cuivres : trompette, sax ténor et alto, sax baryton, trombone
  • Percussions : congas, cloche à vache, tambourin, timbales
  • Minimoog, ARP Odyssey, Oberheim (funk des années 1970–80)
  • Voix principale, chœurs et gang vocals

Patterns de batterie

Synthés et sons

  • Clavinet V — Riff funk: Pickup AB « bright », filtre brillant, ajoute un wah automatisé ou un envelope filter (FL : Fruity Filter avec LFO ou envelope). Joue-le étouffé, avec des notes courtes.
  • Mini V — Basse synthé et lead: Basse P-funk à la Bernie Worrell : osc 1 et 2 en dent de scie à 16' avec léger detune, filtre 24 dB cutoff bas, enveloppe rapide (attack 0, decay 200–400 ms), glide court.
  • B-3 V — Orgue funk: Drawbars 888000000 avec percussion courte, Leslie lent ; stabs dans les espaces.
  • Stage-73 V — Rhodes: Voicings m9 avec trémolo coupé et un peu de drive ; dans le jazz-funk, phaser lent.
  • ARP 2600 V — Effets et leads: Leads « synthétiques » des années 1970, sweeps de filtre, bruit pour les transitions.
  • Prophet-5 V — Brass synth: Deux osc en dent de scie, filtre avec enveloppe moyenne (attack 20–40 ms), pour les stabs des années 1980 (Prince, Zapp).

Structure du morceau

Forme à vamp (James Brown)

  • Intro 4–8 : groove ou hit des cuivres.
  • Couplet 16 sur vamp (E9).
  • Hook/refrain 8 : entrent chœurs et cuivres.
  • Couplet 2 16, hook 8.
  • Bridge 8–16 (« take it to the bridge ») : changement d'accord (IV ou séquence), cuivres en harmonie.
  • Break de batterie 4–8 ou stop du groupe.
  • Vamp final 16–32+ avec ad-libs, solos de sax ou de guitare, fade.

Forme chanson (EWF, Kool & the Gang, Prince)

Intro 8 – Couplet 16 – Pré-refrain 4–8 – Refrain 8–16 – Couplet – Pré-refrain – Refrain – Bridge/solo 8–16 – Refrain ×2 – Outro.

Arrangement

  • Couplet : batterie + basse + une guitare ; clavinet dans les espaces.
  • Hook : seconde guitare, cuivres, chœurs, tambourin.
  • Bridge : harmonie différente, cuivres en harmonie pleine.
  • Break : on retire tout sauf la batterie (et la basse) ; puis retour de tout le monde sur le 1.
  • Durée : 3:30–7:00 (versions longues en deux parties sur les 45 tours : « Part 1 / Part 2 »).

Mixage et mastering

Objectif sonore

Section rythmique sèche, présente et « en face » ; basse très claire même sur de petites enceintes ; guitare et clavinet bien séparés dans le stéréo ; voix au-dessus mais pas détachée. Le funk des années 1970 est dynamique (−14/−11 LUFS intégrés) ; le funk moderne (Vulfpeck, Cory Wong, Bruno Mars) est plus dense (−10/−8) mais garde les transitoires. Références : James Brown — Funky Drummer, Tower of Power — What Is Hip?, Vulfpeck — Dean Town, Bruno Mars — Uptown Funk.

Grosse caisse

  • EQ : HP 35 Hz ; corps 60–70 Hz (+2 dB, Q 1) ; coupe 300–400 Hz (−3 dB, Q 2) ; click 3–4 kHz (+2 dB).
  • Compression : FET (1176) attack moyen-lent, release rapide, 4:1, 3–4 dB.
  • Gate/expander léger si le kit est micro-phoné, pour nettoyer les ghost notes de la caisse claire dans le micro de grosse caisse.
  • Saturation : bande (Waves J37, Fruity Blood Overdrive avec mix faible). Sèche, au centre.

Caisse claire et ghost notes

  • EQ : HP 90 Hz ; corps 200 Hz (+2 dB) ; coupe 500 Hz (−2 dB) ; crack 4–5 kHz (+2/+3 dB).
  • Compression : 1176 4:1 attack 3–4 release 6, 3–5 dB ; parallèle (8:1, 10 dB de GR, mix 20–30 %) pour relever les ghost notes.
  • Transient shaper (Fruity Transient Processor, SPL Transient Designer) : +attack sur le coup principal, −sustain si la queue est longue.
  • Espace : room ou plate court 0,6–1 s, pre-delay 10 ms, retour HP 250 Hz LP 7 kHz, à faible niveau.

Charleston et percussions

  • HP 400 Hz, contrôle 1–3 kHz, shelving +1/+2 dB à 10 kHz.
  • Pan : charleston 25–30 %, cloche à vache 20 % opposée, congas 40–60 % G/D.
  • Pas de compression agressive : la dynamique des accents est le groove.

Basse

  • EQ : HP 30 Hz ; fondamentale 60–100 Hz ; coupe 200–250 Hz (−2 dB) s'il y a de la résonance ; grognement 700–900 Hz (+2 dB) ; slap 2–3,5 kHz (+1/+3 dB).
  • Compression : LA-2A (4–6 dB) + 1176 rapide (attack 1–3, release 7, 2–4 dB) pour le slap ; sinon un limiter rapide sur les pops.
  • Saturation : simulation d'ampli ou lampe en parallèle (mix 30–40 %) pour la présence.
  • Envelope filter en insert avant le compresseur.
  • Mono sous 120 Hz, centre, aucune reverb.

Guitares

  • Guitare 1 (doubles croches) : HP 150 Hz, coupe 300 Hz, présence 2,5–4 kHz, compresseur 4:1 lent 2–4 dB pour la rendre constante ; pan 40–60 % à gauche.
  • Guitare 2 (notes simples ou riff) : pan opposé 40–60 %, EQ différente (plus de médiums à 800 Hz–1,2 kHz).
  • Espace : spring reverb court ou room ; aucun delay long.

Clavinet et claviers

  • Clavinet : HP 100 Hz, pic 1,5–3 kHz, compression 3 dB, pan opposé à la guitare principale (ou au centre si c'est la partie principale).
  • Rhodes et orgue : HP 80 Hz, coupe 400 Hz, pan large ou Leslie stéréo.

Cuivres

  • HP 120 Hz (baryton 50–60 Hz), coupe 300–500 Hz, présence 1,5–3 kHz, air 8 kHz.
  • Bus cuivres : compression 3:1, 2–4 dB, attack 10 ms ; reverb plate 1–1,3 s pre-delay 20 ms, niveau moyen.
  • Pan : unisson au centre et doublé G/D ; sections en harmonie en éventail (trompette G 30 %, sax D 30 %, trombone G 50 %, baryton D 50 %).

Voix principale

  • EQ : HP 90 Hz ; coupe 250–350 Hz ; présence 3 kHz (+2 dB) ; de-esser 6–7 kHz.
  • Compression : 1176 (attack 3, release 7, 4:1–8:1, 4–6 dB) pour le caractère agressif + opto 2 dB.
  • Saturation : Decapitator « A » ou bande (mix 20 %).
  • Espace : slap 90–110 ms (mono, filtré), plate courte 1 s ; throw à la croche sur les cris.

Chœurs et gang vocals

HP 150 Hz, forte compression (6–8 dB), doublures larges 80–100 %, plus de reverb que la voix.

FX

Wah et phaser en insert ; delays calés sur le tempo et filtrés sur les guitares seulement dans les breaks ; reverb générale courte.

Bus et groupes

  • Bus batterie : compresseur SSL 4:1 attack 10 ms release 0,1 s/auto 2–4 dB + parallèle.
  • Bus section rythmique (batterie+basse) avec 1 dB de glue à 2:1 pour « coller » la poche.
  • Bus cuivres et chœurs séparés.

Sidechain

Aucun pompage. Éventuellement sidechain de la basse depuis la grosse caisse de 1–2 dB seulement si les deux fondamentales coïncident ; mieux vaut les séparer à l'EQ (grosse caisse 60 Hz, basse 90 Hz ou l'inverse).

Master

Chaîne : EQ linéaire correctif – compresseur de bus 2:1 attack 30 ms release auto 1–2 dB – bande légère – limiter (attack rapide, release 50–100 ms). Cible : vintage −13/−11 LUFS intégrés, moderne −10/−8, true peak −1 dBTP, short-term dans les refrains 1–2 LU au-dessus de l'intégré. Garde un crest factor élevé sur la batterie.

Erreurs courantes

Ghost notes disparues à cause d'une compression excessive, guitare et clavinet superposés au même point du stéréo et de la fréquence, basse trop sombre qui disparaît sur les téléphones, longue reverb qui « floute » le groove, limiter qui aplatit le 1.

Morceaux de référence pour le mixage

James Brown — Funky Drummer ; The Meters — Cissy Strut ; Tower of Power — What Is Hip? ; Stevie Wonder — Superstition ; Vulfpeck — Dean Town ; Bruno Mars — Uptown Funk.

Écoutes de référence

  • James Brown — Cold Sweat (1967)
  • The Meters — Cissy Strut (1969)
  • Sly and the Family Stone — Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin) (1969)
  • James Brown — Get Up (I Feel Like Being a) Sex Machine (1970)
  • James Brown — Funky Drummer (1970)
  • Stevie Wonder — Superstition (1972)
  • Tower of Power — What Is Hip? (1973)
  • Herbie Hancock — Chameleon (1973)
  • Kool & the Gang — Jungle Boogie (1973)
  • Earth, Wind & Fire — Shining Star (1975)
  • Vulfpeck — Dean Town (2016)

Sources

Plus de genres Funk et soul