Histoire et caractère
Le Classicisme (ou style classique viennois) va de 1770 environ aux deux premières décennies du XIXe siècle et il est lié à trois noms : Franz Joseph Haydn (1732–1809 ; 104 symphonies, 68 quatuors, les oratorios La Création et Les Saisons), Wolfgang Amadeus Mozart (1756–1791 ; 41 symphonies, 27 concertos pour piano, opéras comme Les Noces de Figaro 1786, Don Giovanni 1787, Così fan tutte 1790 sur des livrets de Lorenzo Da Ponte, Die Zauberflöte 1791, le Requiem inachevé) et Ludwig van Beethoven (1770–1827) dans sa phase initiale et centrale (les huit premières symphonies, les concertos pour piano, les sonates jusqu'à l'op. 90 environ). Autour d'eux : Muzio Clementi, Luigi Boccherini, Antonio Salieri, Domenico Cimarosa, Giovanni Paisiello, Carl Ditters von Dittersdorf, Johann Nepomuk Hummel, Ignaz Pleyel, Jan Ladislav Dussek.
Les mots d'ordre sont clarté, équilibre, contraste organisé. La mélodie accompagnée galante s'unit à une nouvelle pensée thématique : les thèmes sont construits avec de brefs motifs qui sont ensuite développés (fragmentés, séquencés, modulés, traités en contrepoint) ; la forme sonate devient le principe organisateur de la symphonie, du quatuor, de la sonate, du concerto et même des airs et des ouvertures d'opéra ; l'orchestre classique « par deux » (2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes, timbales et cordes) se stabilise ; le pianoforte remplace le clavecin ; le quatuor à cordes devient la forme « savante » par excellence (Haydn, op. 33, 1781, « écrits d'une manière tout à fait nouvelle et particulière »).
Beethoven porte ce langage à la limite : symphonies plus longues et dramatiques (la Troisième « Héroïque », 1804 ; la Cinquième, 1808, avec le passage sans interruption du scherzo au finale ; la Neuvième, 1824, avec chœur et solistes), développements et codas énormes, sforzandos, syncopes, rythmes obsessionnels, usage du contraste dynamique extrême. De son style tardif naît le Romantisme. En Italie la période est dominée par l'opera buffa (Paisiello, Il barbiere di Siviglia 1782 ; Cimarosa, Il matrimonio segreto 1792), qui influence directement le théâtre de Mozart.
Gammes et tonalités
Le Classicisme est le règne de la tonalité majeure/mineure fonctionnelle ; le majeur domine (environ 9 morceaux sur 10), le mineur est réservé au drame (Mozart en sol mineur et ré mineur, Beethoven en do mineur). Chiffrage romain en mineur relatif au mineur naturel.
Majeur
- Formule 1 2 3 4 5 6 7 ; T T S T T T S. Mi bémol majeur : Eb F G Ab Bb C D. Do majeur : C D E F G A B.
- Note caractéristique : sensible et 4e, qui ensemble forment le triton du V7 et rendent la cadence sans équivoque.
- Accords : I (Eb) ii (Fm) iii (Gm) IV (Ab) V (Bb) vi (Cm) vii° (D°) ; le V7 et le vii°7 (emprunté au mineur) sont les dominantes.
- Usage : thèmes construits sur les accords (arpèges de tonique, « fanfare » de Mannheim), gammes rapides, phrases périodiques. Mi bémol majeur est la tonalité « héroïque » et maçonnique (Héroïque, Zauberflöte) ; do majeur la tonalité festive avec trompettes et timbales (Mozart, Symphonie « Jupiter » K. 551).
- Erreur courante : oublier que dans le Classicisme la sensible doit résoudre sur la tonique et la septième descendre par degré : c'est le fondement de la conduite des voix.
Mineur
- Naturel : 1 2 b3 4 5 b6 b7 — sol mineur : G A Bb C D Eb F. Harmonique : G A Bb C D Eb F#. Mélodique ascendant : G A Bb C D E F#.
- Accords : i (Gm) ii° (A°) III (Bb) iv (Cm) V (D) VI (Eb) vii° (F#°) ; napolitaine (Ab/C), sixtes augmentées.
- Note caractéristique : sensible (F#) pour la tension, b6 (Eb) pour la lamentation ; la seconde augmentée Eb–F# utilisée dans les mélodies pathétiques.
- Usage : mouvements « de tempête » avec trémolos, syncopes, sforzandos. Exemples : Mozart — Symphonie n° 40 en sol mineur, K. 550 (1788) ; Mozart — Concerto pour piano n° 20 en ré mineur, K. 466 (1785) ; Beethoven — Symphonie n° 5 en do mineur, op. 67 (1808).
- Erreur courante : rester en mineur pendant tout le morceau : dans la forme sonate en mineur le second thème va au relatif majeur dans l'exposition et revient (en général) en mineur dans la réexposition.
Chromatisme classique
- Broderies et notes de passage chromatiques, appoggiatures chromatiques (Mozart est le maître du chromatisme mélodique « doux »).
- Dominantes secondaires et septièmes diminuées pour les modulations rapides.
- Mixture : emprunts au mineur parallèle (iv, bVI, bIII) pour les couleurs soudaines, surtout chez Beethoven et le dernier Mozart.
Comment choisir
Le majeur est la norme ; le mineur est un événement. Choisis la tonalité aussi en fonction de l'orchestre : do, ré, mib sont les tonalités « avec trompettes et timbales » (les trompettes naturelles ne jouent que les notes de leur série harmonique) ; sol et ré sont confortables pour les cordes ; fa et sib pour les cors.
Harmonie
Fonction et période
- Tonique – Prédominante (IV, ii6, ii6/5) – Dominante (V, V7, cadence avec 6/4) – Tonique : le cycle qui régit chaque phrase.
- Période : antécédent de 4 mesures qui finit sur une demi-cadence (sur le V) + conséquent de 4 mesures qui finit sur une cadence parfaite (V–I). Phrase (Satz, « sentence » chez Caplin) : présentation 2+2 (idée de base répétée, souvent I–V | V–I) + continuation de 4 mesures qui accélère vers la cadence.
- Rythme harmonique : lent dans les thèmes (1 accord par mesure ou moins), rapide dans les cadences et les développements.
Cadences
Cadence parfaite avec 6/4 (I6/4–V7–I), demi-cadence (souvent avec V/V avant le V), cadence rompue (V–vi) pour prolonger, cadence évitée, coda avec formules cadentielles répétées (chez Beethoven même des dizaines de mesures d'accords de tonique et de dominante).
Modulation et forme
- Exposition : de la tonique à la dominante (en majeur) ou au relatif majeur (en mineur), avec la transition (pont) qui arrive à une demi-cadence sur le V du nouveau ton (souvent précédée d'une pédale de dominante du nouveau ton).
- Développement : modulations vers des tons même lointains, séquences (Monte, Fonte, cycle des quintes), fragmentation des thèmes, contrepoint ; il se conclut par la retransition sur une longue pédale de dominante de la tonalité d'origine.
- Réexposition : tout à la tonique.
Accords altérés
- Sixte napolitaine (bII6) dans les passages pathétiques (Beethoven, Sonate « Clair de lune », op. 27 n° 2).
- Sixtes augmentées (italienne, française, allemande) avant le V, surtout en mineur (Mozart, Fantaisie en do mineur K. 475 ; Requiem).
- Septième diminuée pour la tension et les modulations enharmoniques.
- Médiantes chromatiques et modulations à la tierce (Beethoven, Sonate « Waldstein » op. 53 : le second thème en mi majeur dans une sonate en do majeur).
Textures et disposition des voix
Mélodie + accompagnement (basse d'Alberti, notes répétées, arpèges), contrepoint dans les développements et les finales (Mozart, « Jupiter » : fugato avec cinq thèmes dans la coda), harmonie à 4 parties aux cordes, vents pour les couleurs et les pédales ; dans les tutti cordes à l'octave sur la mélodie et vents qui doublent l'harmonie.
Progressions typiques
| Nom | Tonalité | Accords | Degrés | Comment l'utiliser |
|---|---|---|---|---|
| Période classique | do majeur | C G7 G7 C C F C/G G7 C | I V7 V7 I | I IV I6/4 V7 I | Antécédent qui s'arrête sur le V (demi-cadence) et conséquent qui conclut par la cadence parfaite avec 6/4. La symétrie question–réponse est le cœur du style classique (par ex. thèmes de menuets et de rondos de Haydn et Mozart). |
| Cadence avec 6/4 et prédominante | fa majeur | F Bb Gm7/Bb F/C C7 F | I IV ii6/5 I6/4 V7 I | La cadence standard : prédominante (IV, ii6/5), 6/4 cadentiel comme double appoggiature sur le V, V7, I. Utilisée à la fin de chaque section et avant la cadence du soliste dans le concerto. |
| Demi-cadence avec V/V | ré majeur | D G E7/G# A | I IV V6/5/V V | Le geste qui clôt la transition de l'exposition : la dominante de la dominante (avec sol# à la basse) conduit au V, qui deviendra la nouvelle tonique du second thème. |
| Pédale de dominante (retransition) | do mineur | G7 Cm/G G7 Ab/G G7 | V7 i6/4 V7 VI/V V7 | À la fin du développement : longue pédale sur le sol (contrebasses, timbales, cors) avec des accords qui pressent au-dessus, avant la réexposition. Beethoven en fait de véritables moments de suspense (Symphonie n° 5, premier mouvement). |
| Napolitaine pathétique | do dièse mineur | C#m D/F# G#7 C#m | i bII6 V7 i | Beethoven, Sonate op. 27 n° 2 « Clair de lune », premier mouvement (1801) : la napolitaine ré majeur au premier renversement avant la dominante, dans les premières mesures. |
| Sixte augmentée allemande | sol mineur | Gm Cm/Eb Gm/D D7 Gm | i iv6 Ger+6 i6/4 V7 i | Eb–G–Bb–C# (écrite comme Eb7 mais avec C# à la place de Db) : Eb et C# s'ouvrent sur le ré (V). Très fréquente dans le mineur de Mozart (Symphonie K. 550). |
| Séquence du développement (cycle des quintes) | si bémol majeur → modulant | Gm Cm F7 Bb Eb Am7b5 D7 Gm | vi ii V7 I IV viiø7/vi V7/vi vi | Chaîne de quintes descendantes employée dans les développements pour traverser plusieurs tonalités ; chaque maillon peut être tonicisé par une dominante secondaire. |
| Modulation à la tierce (médiante chromatique) | do majeur → mi majeur | C G7 C B7 E | I V7 I V7/III III | Beethoven, Sonate op. 53 « Waldstein » (1804) : le second thème de l'exposition en mi majeur au lieu de sol. C'est le début de la liberté tonale romantique. |
Rythme et groove
- Pulsation régulière et claire, mètre explicite, phrases de 4 et 8 mesures (avec extensions et contractions voulues).
- Accompagnements rythmiques : basse d'Alberti en doubles croches, croches répétées aux cordes, trémolos pour l'agitation, syncopes (Mozart, Concerto K. 466, début avec les syncopes des violons et des altos).
- Contrastes rythmiques entre les thèmes : premier thème énergique (rythmes pointés, arpèges), second thème chantant (notes longues, legato).
- Danses : menuet (3/4), contredanse (2/4, 6/8 dans les finales), marche, Ländler (3/4 rustique), « alla turca » (2/4 avec accents marqués : Mozart, Sonate K. 331, Rondo alla turca).
- Beethoven : motifs rythmiques obsessionnels (le « ta-ta-ta-taaa » de la Cinquième), sforzandos sur les temps faibles, hémioles et syncopes qui brisent le mètre (Héroïque, premier mouvement), scherzos très rapides à un temps.
- Aucun swing ; l'expressivité vient d'une agogique modérée, des appoggiatures et des dynamiques.
Batterie
Les percussions dans l'orchestre classique
- Timbales (toujours une paire, tonique et dominante) avec les trompettes : dans les tutti, les cadences, les finales festifs. Dans les mouvements lents elles se taisent souvent ; quand elles jouent piano elles créent l'attente (Haydn, Symphonie n° 103 « Roulement de timbales », 1795, qui commence par un roulement seul).
- Beethoven émancipe les timbales : solo d'ouverture du Concerto pour violon op. 61 (cinq coups de timbale sur le ré), timbales accordées à l'octave (fa–fa) dans les Symphonies n° 8 et n° 9, la pédale obsédante du passage scherzo-finale de la Cinquième.
- Musique turque (grosse caisse, cymbales, triangle, parfois piccolo) : couleur « alla turca » à l'opéra (Mozart, Die Entführung aus dem Serail, 1782), dans les marches, dans le finale de la Neuvième de Beethoven (marche « alla turca » du ténor). Haydn l'emploie dans la Symphonie n° 100 « Militaire » (1794).
Comment elles pensent le rythme
- Les timbales jouent la fondamentale de l'harmonie (I ou V) sur les temps forts et dans les notes répétées de cadence (par ex. do–sol–do en croches dans les derniers accords).
- La pulsation est donnée par les cordes ; les percussions scandent la forme (début d'un tutti, cadence, coda).
- Dynamique par blocs : f ou p, avec des crescendos toujours plus fréquents à partir de Mannheim.
Erreurs typiques
Timbales sur d'autres notes que tonique et dominante (impossible avec deux timbales non réaccordées au cours du morceau), timbales à chaque mesure, cymbales dans une symphonie de Haydn qui n'en prévoit pas, roulements trop longs et romantiques.
Basse
- Violoncelles et contrebasses sur la même ligne (contrebasses à l'octave inférieure) ; à partir de Beethoven les violoncelles se détachent de plus en plus souvent pour jouer des mélodies (Symphonie n° 5, Andante ; Symphonie n° 9, récitatif des basses dans le finale).
- Bassons doublent la basse ou la colorent ; dans les symphonies de Haydn et de Mozart ils ont aussi de brefs solos.
- Pianoforte : basse d'Alberti, octaves brisées, basse harmonique simple.
- Lignes : fondamentales sur les temps forts, gammes qui conduisent aux cadences (4–#4–5), pédales de tonique (début) et de dominante (retransition), basses « tambour » répétées en croches dans les Allegros.
- Fréquences : contrebasse classique jusqu'au mi1 (41 Hz) ou, dans les contrebasses viennoises de l'époque, accordages différents.
Instruments harmoniques
- Cordes (cœur de l'orchestre) : violons I mélodie, violons II et altos harmonie et accompagnement (notes répétées, trémolos, arpèges), violoncelles et contrebasses basse.
- Vents par deux : hautbois et flûtes pour la mélodie et les doublures ; clarinettes (répandues dans les années 1780, très aimées de Mozart : Concerto K. 622 et Quintette K. 581) pour la chaleur ; bassons pour la basse et la « troisième couche » ; cors naturels pour les pédales harmoniques et les signaux de chasse ; trompettes et timbales pour les tutti.
- Pianoforte (Stein, Walter, Broadwood) : soliste dans les concertos et les sonates ; dans les orchestres le continuo disparaît progressivement.
- Quatuor à cordes : quatre voix réelles, dialogue entre égaux (Haydn op. 33 et op. 76, Mozart quatuors dédiés à Haydn, Beethoven op. 18 et Razoumovski op. 59).
- Disposition des voix : harmonie à 4 voix aux cordes avec doublure de la fondamentale ; vents qui tiennent tierces et quintes (pédales « de remplissage ») ; mélodie doublée à l'octave (violons + flûte) dans les tutti.
Mélodie et voix
- Thèmes construits sur de brefs motifs caractérisés (rythmiques, harmoniques, intervalliques), pensés pour être développés ; contraste entre un premier thème énergique et un second thème chantant.
- Périodicité (4+4) avec des asymétries voulues (phrases de 5, 6 ou 7 mesures chez Haydn) ; cadences claires.
- Ornements pour la plupart écrits (appoggiatures, groupettos, trilles cadentiels) ; dans les concertos et les airs le soliste improvise des cadences et varie les reprises (Eingänge).
- Voix : opera buffa avec des airs syllabiques et rapides (« air du catalogue »), ensembles d'action et finales concertants où tous les personnages chantent ensemble avec des caractères différents (Mozart, finale du IIe acte des Noces de Figaro) ; airs de bravoure pour soprano (Reine de la nuit, Zauberflöte, jusqu'au fa6) ; récitatif secco accompagné par le pianoforte ; Singspiel avec dialogues parlés.
- Chœurs : messes et oratorios (Haydn, La Création, 1798), le Requiem de Mozart, le finale de la Neuvième (chœur et solistes sur des vers de Schiller).
Instruments
Cordes (violons I et II, altos, violoncelles, contrebasses), 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors naturels, 2 trompettes naturelles, timbales ; en supplément piccolo, contrebasson, trombones (musique sacrée et opéra ; Beethoven les introduit dans la symphonie avec la Cinquième), musique turque (grosse caisse, cymbales, triangle) ; pianoforte, orgue (sacré) ; harmonica de verre (Mozart, K. 617) ; mandoline (Don Giovanni) ; voix solistes et chœur.
Patterns de batterie
Synthés et sons
- Piano V — Piano/pianoforte pour sonates et concertos: Choisis un modèle à l'attaque claire et à faible sustain, pédale utilisée avec parcimonie : il rapproche le son du pianoforte viennois pour les sonates de Haydn, Mozart et du premier Beethoven.
- Augmented Strings — Cordes d'étude pour quatuor et orchestre: Pour esquisser l'orchestration : articulations brèves dans les accompagnements, legato dans les thèmes, dynamique avec la macro.
- Augmented Voices — Chœur d'étude: Pour essayer un chœur à 4 voix d'une messe classique ou d'un finale d'opéra.
- Mellotron V — Arrangements crossover: Flûtes et cordes de type mellotron pour des versions « pop/prog » de thèmes classiques (par ex. relectures de Mozart dans les années 70).
Structure du morceau
Forme sonate (premier mouvement, souvent aussi finale et ouverture)
| Section | Proportion typique | Contenu |
|---|---|---|
| (Introduction lente) | 0–30 mesures | chez Haydn et Beethoven, souvent en mineur ou sur la dominante |
| Exposition (répétée) | 60–150 mesures | premier thème (tonique) – transition modulante – second thème (V ou III) – codetta |
| Développement | 40–250 mesures | fragmentation, séquences, modulations, contrepoint, fausse réexposition (Haydn), retransition sur pédale de V |
| Réexposition | comme l'exposition | premier et second thèmes à la tonique, transition modifiée |
| Coda | 10–140 mesures | confirmation de la tonique ; chez Beethoven un second développement |
Cycle symphonique et de chambre
- Allegro en forme sonate. 2. Mouvement lent (Andante/Adagio) en forme ternaire, sonate sans développement ou variations. 3. Menuet et trio (Haydn, Mozart) ou Scherzo et trio (Beethoven). 4. Finale : rondo (A–B–A–C–A–B–A), sonate-rondo ou forme sonate rapide.
Concerto classique
Premier mouvement avec double exposition (orchestre, puis soliste avec orchestre), développement, réexposition, cadence du soliste (préparée par le 6/4 cadentiel et close par un trille sur le V7), coda orchestrale ; puis mouvement lent et rondo final.
Autres formes
Thème et variations (Mozart, K. 331, premier mouvement ; Haydn, Quatuor « L'Empereur » op. 76 n° 3, deuxième mouvement), rondo, divertimento et sérénade (Eine kleine Nachtmusik, K. 525, 1787), opera buffa (numéros fermés : air, duo, trio, finale), Singspiel, messe symphonique.
Arrangement
Piano : cordes seules ou bois seuls ; mezzo : cordes avec vents qui tiennent ; forte/tutti : trompettes et timbales, cordes à l'octave, vents qui doublent l'harmonie. Le contraste entre thèmes coïncide souvent avec un changement d'orchestration (premier thème tutti, second thème cordes et bois doux).
Mixage et mastering
Objectif sonore
Équilibre et transparence : mélodie toujours lisible, accompagnement léger, vents qui « flottent » au-dessus des cordes, timbales et trompettes qui donnent de la brillance aux tutti sans couvrir. Espace de salle de concert de taille moyenne (le Musikverein de Vienne comme idéal : environ 2 s de réverbération salle pleine). Les enregistrements sur instruments originaux (Gardiner, Harnoncourt, Hogwood, Pinnock, Brüggen, Minkowski) sont plus légers et plus rapides que ceux avec orchestres modernes (Karajan, Böhm, Bernstein, Kleiber).
Orchestre (30–60 instrumentistes)
- Prise de son : Decca tree ou paire principale A–B/ORTF + outriggers + ambiance ; spots pour bois, cors, timbales, soliste.
- Cordes : passe-haut violons 80 Hz, altos 60, violoncelles 40, contrebasses 30 ; −1/−2 dB à 250–400 Hz sur les spots ; aucune compression.
- Bois : spots à 1,5–2 m par pupitre, niveaux bas (ils servent à définir, non à porter en avant) ; passe-haut 100–120 Hz.
- Cors et trompettes naturelles : éloignés ; les cors naturels ont des notes bouchées plus faibles, ne cherche pas à les « niveler ».
- Timbales : son sec et articulé (baguettes dures dans l'exécution historique) : passe-haut 40 Hz, aucune compression, niveau qui ne noie pas les basses.
- Panoramique : disposition antiphonale (violons I G 60, violons II D 60) typique de l'époque, altos centre-gauche, violoncelles centre-droit, contrebasses derrière à droite ou au centre ; bois au centre (flûtes et hautbois devant, clarinettes et bassons derrière), cors à gauche, trompettes et timbales à droite au fond.
- Espace : réverbération naturelle ; si ajoutée, hall 1,8–2,3 s, pré-delay 20–30 ms.
Piano/pianoforte (sonates et concertos)
- Paire à 1–2 m (ORTF ou A–B) + ambiance ; passe-haut 30 Hz ; −1/−2 dB à 200–300 Hz si ça résonne ; +1 dB à 8–10 kHz si la brillance manque. Aucune compression.
- Dans le concerto : soliste au centre, devant ; spot seulement pour la définition, jamais pour le placer « au-dessus » de l'orchestre de façon peu naturelle.
Quatuor à cordes
- Paire à 2–3 m (A–B 40–60 cm ou ORTF) + spots légers ; violon I G 40, violon II G 15, alto D 15, violoncelle D 40 (ou violoncelle centre-droit et alto à droite selon la disposition).
- EQ minimale : −1 dB à 250 Hz sur le violoncelle s'il résonne ; réverbération de salle de chambre 1,2–1,6 s.
Voix et opéra
- Solistes à 1,5–3 m (au théâtre sur micros de scène), passe-haut 80–100 Hz, aucune compression évidente ; dans les finales concertants attention à l'équilibre entre voix et orchestre avec l'automation.
- Chœur : paire au-dessus du chœur + spots par pupitre ; même réverbération que l'orchestre.
Avec des librairies virtuelles
- Utilise de petites sections de cordes ou de chambre (10–20 instrumentistes), peu de vibrato, articulations brèves dans les accompagnements.
- Dessine la dynamique par blocs (f/p) et les crescendos avec CC1 ; sforzandos comme accents de vélocité plus CC1 rapide.
- Trompettes et timbales seulement dans les tutti ; cors doux avec dynamique modérée.
- Pianoforte : si aucun échantillon dédié n'est disponible, utilise un piano avec peu de sustain et pédale limitée.
Bus et groupes
Cordes, bois, cuivres, timbales, soliste/voix ; une réverbération commune. Aucun limiter.
Sidechain
Non.
Master
- Cible indicative : symphonique −20/−16 LUFS intégrés, chambre et piano −20/−17, true peak −1 dBTP, LRA 10–18 LU (Beethoven peut la dépasser).
- Chaîne minimale : EQ d'équilibrage, compression nulle ou très lente, limiter transparent en protection.
Erreurs courantes
- Cuivres et timbales trop forts dans les tutti (ils couvrent les cordes).
- Bois trop proches et au premier plan.
- Longue réverbération de cathédrale qui empâte les passages rapides de Mozart.
- Dans le DAW : cordes romantiques avec trop de vibrato, accompagnements à vélocité identique, crescendos manquants.
Morceaux de référence pour le mixage
- Mozart — Symphonie n° 40, K. 550 (English Baroque Soloists, Gardiner).
- Mozart — Concerto pour piano n° 21, K. 467 (enregistrements modernes de référence).
- Haydn — Symphonies « londoniennes » (orchestres sur instruments originaux ou modernes).
- Beethoven — Symphonie n° 5 (Carlos Kleiber, Wiener Philharmoniker, DG 1975).
- Beethoven — Sonate op. 13 « Pathétique » (enregistrements pianistiques de référence).
Écoutes de référence
- Joseph Haydn — Quartetti op. 33 (1781)
- Wolfgang Amadeus Mozart — Le nozze di Figaro, K. 492 (1786)
- Wolfgang Amadeus Mozart — Eine kleine Nachtmusik, K. 525 (1787)
- Wolfgang Amadeus Mozart — Sinfonia n. 40 in sol minore, K. 550 (1788)
- Wolfgang Amadeus Mozart — Sinfonia n. 41 in do maggiore «Jupiter», K. 551 (1788)
- Wolfgang Amadeus Mozart — Die Zauberflöte, K. 620 (1791)
- Joseph Haydn — Sinfonia n. 94 «La sorpresa», Hob. I:94 (1791)
- Joseph Haydn — Die Schöpfung (La creazione), Hob. XXI:2 (1798)
- Ludwig van Beethoven — Sonata per pianoforte op. 13 «Patetica» (1798)
- Ludwig van Beethoven — Sinfonia n. 3 in mi bemolle maggiore «Eroica», op. 55 (1804)
- Ludwig van Beethoven — Sinfonia n. 5 in do minore, op. 67 (1808)
- Domenico Cimarosa — Il matrimonio segreto (1792)