Histoire et caractère
La liquid (ou liquid funk) est le courant mélodique et soulful de la drum and bass. Ses racines se trouvent dans la drum and bass « intelligent » et atmospheric du milieu des années 1990 : LTJ Bukem et son label Good Looking Records (« Horizons », 1995), les disques les plus musicaux de Metalheadz et de 4hero. Le nom arrive en 1999, quand Fabio et Sarah Sandy lancent la compilation « Liquid Funk » sur leur label Creative Source. Le son grandit lentement jusqu'au boom de 2003–2004 et, en 2005, il compte déjà parmi les sous-genres les plus vendus de la DnB.
Les protagonistes sont Calibre, High Contrast (l'album « Tough Guys Don't Dance », 2007, avec « If We Ever » feat. Diane Charlemagne), London Elektricity et Hospital Records, Logistics, Nu:Tone, DJ Marky et la scène brésilienne, le Japonais Makoto, puis Netsky, Lenzman, Technimatic, Etherwood, Hybrid Minds, Monrroe. Labels : Hospital, Good Looking, Liquid V, Shogun Limited, Fokuz, Soul:r (Marcus Intalex), Spearhead et Liquicity, née comme chaîne YouTube en 2008 puis devenue label et événement.
Par rapport aux autres courants, la liquid a plus de couches instrumentales (synthétiques et acoustiques), plus d'harmonie et plus de voix. Les principales influences sont le jazz, la soul, le funk, le disco, la house et parfois le blues et la musique latine. Elle est pensée autant pour le club que pour l'écoute au casque : elle a une atmosphère sentimentale et chaleureuse, mais conserve le sub et le two-step de la DnB.
Gammes et tonalités
La liquid est le sous-genre de la DnB le plus « harmonique » : les modes mineurs aux couleurs jazz et soul dominent, mais les morceaux en majeur y sont bien plus fréquents qu'ailleurs. Exemples sur ré pour la clarté de lecture. Attention au registre : ré1 = 36,7 Hz est un sub très profond qui ne rend que sur des systèmes puissants ; c'est pourquoi beaucoup de producteurs préfèrent des tonalités dont la tonique se situe entre mi et la (41–55 Hz) ; les formules restent identiques une fois transposées.
Dorien
- Formule : 1 2 b3 4 5 6 b7. T S T T T S T.
- Sur ré : D E F G A B C.
- Note caractéristique : 6te majeure (B) : mineur chaleureux et « souriant ».
- Accords (relatifs au mineur naturel) : i Dm, ii Em, III F, IV G, v Am, #vi° B°, VII C. Septièmes : Dm7, Em7, Fmaj7, G7, Am7, Bm7b5, Cmaj7. Extensions typiques : Dm9, G13, Cmaj9.
- Usage : c'est le mode de référence de la liquid. Rhodes qui alterne Dm9 et G13 ; basse qui monte D–E–F–G ; lead qui s'appuie sur la 6te (B) au-dessus de l'accord i.
- Exemple d'écoute : la couleur « mineur avec IV majeur » de Calibre et Marcus Intalex.
- Erreurs courantes : perdre la 6te majeure dans les pads (si tu joues Bb, on passe en éolien et la couleur soul disparaît).
Mineur naturel (éolien)
- Formule : 1 2 b3 4 5 b6 b7. T S T T S T T.
- Sur ré : D E F G A Bb C.
- Note caractéristique : b6 (Bb) : plus mélancolique que le dorien.
- Accords : i Dm, ii° E°, III F, iv Gm, v Am, VI Bb, VII C. Septièmes : Dm7, Em7b5, Fmaj7, Gm7, Am7, Bbmaj7, C7.
- Usage : liquid plus « émotionnelle » et proche du dancefloor (Netsky, Hybrid Minds) : i–VI–III–VII avec des voix féminines.
- Erreurs courantes : des grilles éoliennes sans extensions sonnent « trance » ; en liquid, ajoute les 7 et 9.
Majeur (ionien) et lydien
- Ionien : 1 2 3 4 5 6 7, T T S T T T S. Sur ré : D E F# G A B C#. Accords : I D, ii Em, iii F#m, IV G, V A, vi Bm, vii° C#° ; maj7 : Dmaj7, Em7, F#m7, Gmaj7, A7, Bm7, C#m7b5.
- Lydien : 1 2 3 #4 5 6 7, T T T S T T S. Sur ré : D E F# G# A B C#. Note caractéristique : #4 (G#), suspendue et rêveuse. Accords : I D, II E, iii F#m, #iv° G#°, V A, vi Bm, vii C#m. L'accord signature est le II majeur (E/D).
- Usage : liquid « sunny » et brésilienne, progressions Imaj7–IVmaj7 ou Imaj7–II/I (lydien), voix gospel.
- Exemple d'écoute : les productions Hospital les plus solaires (London Elektricity, High Contrast) utilisent souvent des progressions majeures à septièmes.
- Erreurs courantes : trop d'accords diatoniques « de triades » : ça sonne pop ; les septièmes majeures et les neuvièmes sont le langage.
Mineur mélodique (gamme jazz) pour les dominantes
- Formule ascendante utilisée en jazz : 1 2 b3 4 5 6 7. T S T T T T S.
- Sur ré : D E F G A B C#. De son septième mode naît la gamme altérée, utilisée sur le V7alt (par ex. A7alt avant Dm9).
- Usage : chromatismes et tensions (b9, #9, b13) sur les dominantes de passage ; lignes de basse qui descendent chromatiquement.
- Erreurs courantes : l'utiliser comme gamme principale du morceau : en liquid, elle ne sert que de couleur de passage.
Pentatonique mineure et blues
- Pentatonique mineure : 1 b3 4 5 b7 ; sur ré D F G A C. Blues : 1 b3 4 b5 5 b7 ; sur ré D F G Ab A C.
- Usage : phrasés vocaux soul, sax, guitares ; la blue note b5 (Ab) comme note de passage.
Comment choisir
- Chaleureux et soul : dorien. Mélancolique, émotionnel : éolien. Solaire, estival : majeur ou lydien. Jazz, sophistiqué : ajoute des dominantes altérées (mineur mélodique) et des ii–V.
- Pense la basse comme une ligne jazz simplifiée : fondamentales sur le temps fort, notes de passage chromatiques sur les dernières doubles croches.
Harmonie
- Harmonie fonctionnelle et étendue : contrairement aux autres courants, la liquid utilise de vraies progressions, souvent ii–V–I, cycles de quartes, dominantes secondaires et substitutions de triton.
- Rythme harmonique : un accord par mesure ou toutes les 2 mesures ; dans les morceaux plus jazzy, 2 accords par mesure (pensés à 87 = 1 accord par noire lente).
- Voicings : Rhodes et pads avec 3–5 notes, sans fondamentale (rootless voicing : pour Dm9 → F A C E), registre do3–do5 ; drop-2 pour les pads.
- Extensions : 7, 9, 11 sur les mineurs ; maj7, 9, #11 sur les majeurs ; 13 et b9 sur les dominantes.
- Pédales : moins fréquentes que dans les autres sous-genres ; on les utilise dans les intros (pédale de tonique avec des accords qui changent au-dessus).
- Emprunts modaux : iv mineur dans un contexte majeur (Gm en ré majeur), bVII (C) en majeur, IV majeur dorien en mineur.
- Modulations : montée d'un ton dans le dernier drop ou modulation au relatif dans le breakdown.
- Densité : élevée à la main droite du piano, mais la basse reste simple pour ne pas encombrer le sub.
Progressions typiques
| Nom | Tonalité | Accords | Degrés | Comment l'utiliser |
|---|---|---|---|---|
| Dorien Rhodes | ré dorien | Dm9 G13 | i9 IV13 | Deux accords sur 4 mesures : la base de centaines de rollers liquid. La 6te majeure (B) se trouve dans le G13. |
| ii–V–I mineur | ré mineur | Em7b5 A7b9 Dm9 Dm9 | iiø7 V7b9 i9 i9 | Cadence jazz à la fin du breakdown ; le b9 (Bb) sur le la crée la tension. |
| Cycle de quartes | ré mineur | Dm9 Gm9 C9 Fmaj7 Bbmaj7 Em7b5 A7alt Dm9 | i9 iv9 VII9 IIImaj7 VImaj7 iiø7 V7alt i9 | Le cycle complet, une mesure par accord : typique de la liquid la plus musicale (Calibre, Lenzman). |
| Éolien émotionnel | ré mineur | Dm Bb F C | i VI III VII | Liquid vocale et proche du dancefloor (Netsky, Hybrid Minds) ; ajoute les 7 et 9 pour rester liquid. |
| Majeur sunny | ré majeur | Dmaj7 Bm7 Em7 A13 | Imaj7 vi7 ii7 V13 | Le « turnaround » soul : une mesure par accord, voix gospel par-dessus. |
| Lydien rêveur | ré lydien | Dmaj7 E/D | Imaj7 II/I | Deux mesures chacun sur pédale de ré : intros et breakdowns « flottants ». |
| Descente soul | ré mineur | Dm9 Dm9/C Bbmaj7 A7sus4 A7 | i9 i9/b7 VImaj7 V7sus4 V7 | Ligne de basse descendante D–C–Bb–A : classique de la soul et du R&B, adaptée aux voix. |
| Substitution de triton | ré mineur | Em7b5 Eb7 Dm9 | iiø7 bII7 i9 | Eb7 remplace A7 : la basse descend chromatiquement E–Eb–D. Couleur jazz sophistiquée. |
Rythme et groove
- Même two-step que la DnB à 174, mais avec un feeling doux : vélocités plus variables, ghost notes plus présentes, shakers et hi-hats légers qui « roulent ».
- Souvent la caisse claire est légèrement en retard (3–8 ms) et la grosse caisse plus légère : groove « laid-back ».
- Breaks échantillonnés soul/funk (Think, Hot Pants, Apache) sous la batterie, très filtrés et bas.
- La basse et les voix sont pensées à mi-tempo (87) et souvent avec un léger swing dans les lignes de basse (en 1/16).
- Les sections half-time dans les breakdowns sont courantes, avec un passage fluide au two-step.
Batterie
Convention : 16 doubles croches par mesure, noires sur 1, 5, 9, 13.
Grosse caisse
- Doubles croches 1 et 11, souvent avec une grosse caisse en plus sur le 8 ou le 15 à la mesure 2. Son rond, moins de clic que la neuro (3 kHz réduits), decay 150–200 ms.
Caisse claire et clap
- Doubles croches 5 et 13, avec une ghost sur le 10 (comme dans le rythme r-liquid-dnb) et parfois sur le 15–16.
- Caisse claire au corps chaleureux (200 Hz) et à la queue de réverbération plate/hall plus longue que dans les autres sous-genres (1–1,8 s, retour bas).
- Pas de clap agressif ; tout au plus une couche légère de snap ou de rim.
Hi-hat, ride, shaker
- Hi-hats avec un pattern de type « x.xx x.x. x.xx x.x. » à faible vélocité (40–70), ride en contretemps (3, 7, 11, 15).
- Shaker en doubles croches à vélocité 30–50 avec de petites variations aléatoires (±10).
- Percussions latines et brésiliennes (congas, cabasa) dans les morceaux soul.
Dynamique et groove
- Plus de variations de vélocité qu'ailleurs : un hi-hat « toujours identique » tue le groove liquid.
- Breaks filtrés en passe-haut 300–500 Hz, à −12/−18 dB, pour donner un mouvement organique.
Interaction avec la basse et la voix
- La basse fait souvent des lignes mélodiques (plus de notes par mesure que la DnB moyenne), donc la grosse caisse doit être plus légère et courte.
- Dans les couplets vocaux, on retire les hi-hats ouverts et le ride, il reste le shaker.
Sections
- Intro : shaker, ride et pads ; la caisse claire entre après 8–16 mesures.
- Breakdown : souvent half-time avec caisse claire sur le 9 et piano ou voix.
- Drop : two-step complet avec break dessous ; au second drop, variations de ghosts.
Fills et transitions
- Fills délicats : deux ou trois ghosts en plus, caisse claire répétée à vélocité croissante, cymbale inversée ; rarement des roulements violents.
Choix des sons
- Caisses claires acoustiques échantillonnées sur des disques soul/funk, grosses caisses douces, hi-hats et shakers avec un peu de bruit et d'« air ».
Erreurs typiques
- Caisse claire trop agressive (style neuro) ou grosse caisse trop longue ; break trop fort qui empâte piano et basse ; aucune dynamique.
Basse
- Son : sub sinusoïdal propre + mid bass arrondi (dent de scie filtrée, onde triangle saturée, basse électrique échantillonnée ou Moog). Moins de distorsion que la DnB moyenne.
- Registre : fondamentales entre mi1 et si1 (41–62 Hz) dans le sub ; le mid bass entre 100 et 800 Hz.
- Notes : lignes mélodiques qui suivent l'harmonie : fondamentale sur le temps fort, tierce ou septième comme note de passage, approches chromatiques (par ex. sur Dm9–G13 : D–D–F–F#–G).
- Rythme : notes longues sur le 1, petites « réponses » sur le 11 et le 15 ; souvent lié avec un glide court (30–60 ms).
- Rapport avec la grosse caisse : sidechain léger (2–4 dB) ou aucun si la grosse caisse est très courte ; le sub peut être légèrement coupé sous la grosse caisse avec une EQ dynamique.
- Exemples : les lignes de basse de Calibre et High Contrast, rondes et chantantes.
Instruments harmoniques
- Rhodes / piano électrique : l'instrument signature ; voicings rootless de neuvième et de treizième, tremolo lent, léger phaser.
- Piano acoustique : arpèges et accords pleins dans les breakdowns.
- Pads et cordes : cordes synthétiques ou orchestrales, attaque lente, longue réverbération ; souvent avec un filtre qui s'ouvre au fil de la phrase.
- Guitares : guitare jazz claire, arpèges, léger wah ; bossa et guitare classique dans la liquid brésilienne.
- Cuivres et vents : sax et trompette échantillonnés ou joués, phrases courtes soul.
- Registre : do3–do6 ; laisser libre sous fa3 pour la basse et la grosse caisse.
Mélodie et voix
- Voix : protagonistes. Soul, R&B et gospel : voix féminines chaudes (Diane Charlemagne dans « If We Ever »), registre alto/mezzo-soprano, phrases longues pensées à 87.
- Hooks : mélodies chantantes avec des sauts de tierce et de sixte, appoggiatures sur la 9 et sur la 6te dorienne.
- Chœurs : harmonies en tierces et en sixtes, chœurs gospel dans les refrains, doublures larges ; « oohs » et « aahs » comme pad.
- Ad-libs : courtes réponses avec delay à la noire pointée.
- Leads instrumentaux : piano, Rhodes, sax, flûtes, leads synthétiques doux (onde triangle ou sinusoïdale avec vibrato).
- Effets : réverbérations hall longues (2,5–4 s), plate sur la voix, delay ping-pong à la croche pointée, léger chorus.
Instruments
- Batterie échantillonnée (caisses claires soul, breaks funk), shakers et percussions.
- Rhodes/Wurlitzer, piano, orgue, cordes, pads synthétiques, guitare claire, sax, trompette, flûte.
- Basse sub + basse synthétique douce ou basse électrique.
- Voix principale, chœurs gospel, échantillons vocaux soul.
Patterns de batterie
Synthés et sons
- Stage-73 V — Rhodes: Modèle Suitcase avec tremolo lent (2–4 Hz) et un peu de drive : accords de neuvième, treizième. Réduis le « bell » s'il sonne trop dur.
- Wurli V — Piano électrique alternatif: Plus « mordant » que le Rhodes : riffs soul et accords brefs.
- Piano V — Piano: Piano à queue ou droit avec réverbération hall ; arpèges dans les breakdowns.
- Jup-8 V — Pads chauds: Deux dents de scie avec léger detune, filtre 24 dB mi-fermé, attack 400–800 ms, chorus : pads luxueux.
- Solina V — Cordes: Ensemble activé, phaser : cordes vintage pour intros « Bukem ».
- Mini V — Basse douce et sub: Triangle + dent de scie filtrée, cutoff bas, glide 40 ms : basse ronde et chantante.
- CS-80 V — Leads et cuivres doux: Lead avec aftertouch et vibrato, cuivres rêveurs à la Vangelis pour les climax.
Structure du morceau
| Section | Mesures | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| Intro | 16–32 | Pads, Rhodes, shaker et ride ; break filtré ; voix lointaine |
| Build | 8–16 | La caisse claire entre, le filtre s'ouvre, première phrase vocale |
| Drop 1 | 32 | Two-step, sub + basse mélodique, Rhodes, voix ou lead |
| Breakdown | 16–32 | Piano, cordes, voix au premier plan, batterie half-time ou absente |
| Drop 2 | 32 | Comme le premier avec des variations (basse, harmonies vocales, vents) |
| Outro | 16–32 | On retire la voix, il reste la batterie et le Rhodes pour le mix |
- Les versions avec voix suivent souvent couplet (16) – refrain (16) à l'intérieur des drops.
- Densité : elle croît par superposition (Rhodes → pad → voix → chœurs → vents), pas par la distorsion.
Mixage et mastering
Objectif sonore
- Chaleureux, doux, profond ; sub propre ; médiums riches mais non agressifs ; aigus soyeux. Plus de dynamique que la DnB de club (crest factor plus élevé).
- Références : Hospital Records, Calibre, High Contrast, Hybrid Minds.
Grosse caisse
- EQ : passe-haut 30 Hz, +2 dB à 60 Hz, −3 dB à 300 Hz, clic contenu (+1 dB à 3 kHz ou rien).
- Compression : légère ou aucune. Saturation : bande légère. Espace : aucun. Mono.
Caisse claire
- EQ : passe-haut 120 Hz, +2 dB à 200 Hz, −2 dB à 500 Hz, +2 dB à 3 kHz, shelf +1 dB à 10 kHz.
- Compression : opto ou VCA doux, 3:1, attack 15–20 ms, release 100 ms, 2–3 dB.
- Réverbération : plate 1,2–1,8 s, pre-delay 20 ms, retour filtré (passe-haut 400 Hz, passe-bas 7 kHz) à −16/−20 dB.
Hi-hat, shaker et percussions
- Passe-haut 400–500 Hz, coupe douce à 4 kHz s'ils sont durs ; saturation à bande pour arrondir.
- Panoramique : shaker 20–30 % à gauche, hi-hat 15 % à droite, percussions latines réparties à 30–60 %.
- Réverbération room courte partagée à −20 dB.
Basse
- Sub mono, passe-bas 120 Hz, limitation douce ; mid bass passe-haut 100 Hz, légère saturation à lampe, EQ +1–2 dB à 700 Hz–1 kHz pour la lisibilité sur petits haut-parleurs.
- Compression : opto 3:1, 2–4 dB, pour un volume constant des notes.
- Sidechain léger depuis la grosse caisse (2–3 dB, release 80 ms).
Rhodes, piano, pads, guitares
- Rhodes : passe-haut 150–200 Hz, −2 dB à 300–400 Hz, +1 dB à 2 kHz ; compression légère 2:1 ; tremolo stéréo ; panoramique 0 ou légèrement latéral.
- Piano : passe-haut 100 Hz, réverbération hall 2–3 s, pre-delay 30 ms.
- Pads : passe-haut 200–300 Hz, largeur 120–140 %, sidechain depuis la caisse claire 1–2 dB.
- Guitares : doublées à gauche/droite (70–90 %), passe-haut 150 Hz.
Voix principale
- EQ : passe-haut 90 Hz, −2 dB à 250–350 Hz, +2 dB à 3–4 kHz, +2 dB shelf 12 kHz.
- Compression : FET 4:1 (3–4 dB) + opto (2 dB) ; de-esser 6–8 kHz.
- Réverbération : plate 1,8–2,5 s, pre-delay 40–60 ms ; hall longue en parallèle pour le refrain ; delay à la noire pointée filtré.
- Automations : volume phrase par phrase, delay throw sur les derniers mots, réverbération plus ample dans les breakdowns.
Chœurs
- −6/−10 dB, passe-haut 150–200 Hz, panoramique large, plus de réverbération que la lead, de-esser plus fort.
FX
- Risers doux, vinyl crackle à −30 dB comme liant, clochettes et textures ambient en stéréo large.
Bus et groupes
- Drum bus : glue 2:1, 1–2 dB ; Music bus : compression 1,5:1 et bande ; Vocal bus : légère compression et réverbération commune.
Sidechain
- Grosse caisse → basse (léger), caisse claire → pads (léger), voix → Rhodes et pads (dynamique, 1–2 dB). Aucun pompage évident.
Master
- Chaîne : EQ (éventuellement −1 dB à 300 Hz) → glue → bande → limiteur.
- Cibles indicatives : −8/−6 LUFS intégrés pour le club, −9/−10 pour l'écoute ; true peak −1 dBTP ; laisse respirer la caisse claire.
Erreurs courantes
- Trop de réverbération sur tout (la liquid devient « boueuse »), Rhodes trop plein sous 200 Hz, voix trop compressées, master trop écrasé.
Morceaux de référence pour le mixage
- High Contrast — If We Ever (2007) ; London Elektricity — Just One Second (2008) ; Netsky — Memory Lane (2010) ; LTJ Bukem — Horizons (1995) pour la comparaison avec le son des années 1990, plus dynamique et moins compressé.
Écoutes de référence
- LTJ Bukem — Horizons (1995)
- High Contrast feat. Diane Charlemagne — If We Ever (2007)
- High Contrast — Tread Softly (2007)
- London Elektricity — Just One Second (2008)
- Netsky — Memory Lane (2010)