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Chiffrages des renversements dans l'analyse harmonique (6, 6/4, 6/5, 4/3, 4/2)

Définition

Les chiffrages sont des nombres qui indiquent les intervalles au-dessus de la basse. Nés avec la basse continue baroque (voir « Basse chiffrée »), dans l'analyse moderne ils s'écrivent à côté du chiffre romain pour indiquer le renversement : V6/5 signifie « accord de dominante avec septième, avec la tierce à la basse ». Cette fiche explique comment on les lit et on les écrit en analyse, et comment les traduire en sigles pop.

Accords de trois sons

RenversementIntervalles au-dessus de la basseChiffrage completAbréviationSigle (do)
État fondamental3ce, 5te5/3aucuneC
Premier renversement3ce, 6te6/36C/E
Second renversement4te, 6te6/46/4C/G

Accords de septième

RenversementIntervalles au-dessus de la basseChiffrage completAbréviationSigle (G7)
État fondamental3ce, 5te, 7e7/5/37G7
Premier renversement3ce, 5te, 6te6/5/36/5G7/B
Second renversement3ce, 4te, 6te6/4/34/3G7/D
Troisième renversement2de, 4te, 6te6/4/24/2 (ou 2)G7/F

Logique des abréviations : on n'écrit que les intervalles qui identifient le renversement, c'est-à-dire ceux qui incluent la seconde formée par la 7e et la fondamentale (6/5 : la 5te et la 6te au-dessus de la basse sont la 7e et la fondamentale ; 4/3 ; 4/2).

Altérations dans les chiffrages

  • Un #, b ou ♮ seul se réfère à la 3ce au-dessus de la basse (par ex. V avec # en mineur = sensible relevée).
  • Une altération à côté d'un chiffre altère cet intervalle : #6, b7.
  • Le 6 barré (6 avec une barre) indique la 6te relevée.
  • Dans l'analyse romaine, les notes altérées qui dépendent de la tonalité ne s'indiquent pas (V en la mineur implique déjà G#).

Retards et notes suspendues

Les chiffrages montrent aussi le mouvement des voix au-dessus d'une basse fixe : 4–3 (retard de la tierce), 9–8, 7–6, 6–5, et 2–3 (retard à la basse). La séquence V 6/4–5/3 est le 6/4 cadentiel : deux appoggiatures (6→5 et 4→3) sur la basse de dominante.

Il existe deux écoles : Kostka-Payne étiquettent I6/4–V (ou Cad6/4), Aldwell-Schachter préfèrent V6/4–5/3, parce que fonctionnellement c'est une dominante avec appoggiatures. Les deux sont acceptées ; choisissez une convention et utilisez-la toujours.

Les règles d'emploi que les chiffrages révèlent

  • V4/2 → I6 : la 7e à la basse descend par degré (F → E en do).
  • V6/5 → I : la sensible à la basse monte à la tonique (B → C).
  • V4/3 → I ou I6 : souvent comme accord de passage entre I et I6 (C – G/D – C/E).
  • vii°6 → I : le premier renversement de l'accord diminué est la forme normale (l'accord diminué à l'état fondamental est rare).
  • 6/4 de passage : I – V6/4 – I6 avec la basse C – D – E.
  • 6/4 de broderie (pédale) : I – IV6/4 – I sur la basse fixe (C – F/C – C), typique du gospel et du rock.

Traduire en sigles pop

Analyse (do)Sigle
I6C/E
ii6Dm/F
IV6/4F/C
V6/5G7/B
V4/3G7/D
V4/2G7/F
vii°6B°/D
V6/5/VD7/F#

Ce tableau est utile quand vous transcrivez un choral de Bach pour un pad ou quand un arrangeur classique vous demande un « ii6 – V – I ».

Exemples dans des morceaux réels

  • Bach, chorals à quatre voix (par ex. les 371 chorals rassemblés par C.P.E. Bach) : presque chaque phrase se termine par ii6 (ou IV) – V6/4–5/3 – I.
  • « Let It Be » (The Beatles) : F – C/E – Dm7 – C dans les descentes de basse, c'est-à-dire IV – I6 – ii7 – I.
  • Le gospel et la soul utilisent continuellement le IV6/4 sur la tonique (C – F/C – C) comme « amen » interne.

Exercice

  1. Analysez avec chiffres romains et chiffrages la cadence I – IV – I6/4 – V7 – I et jouez-la au piano ; puis traduisez-la en sigles pop.
  2. Écrivez dans FL Studio une progression en do avec la basse qui monte C – D – E sous I – V4/3 – I6.
  3. Prenez un choral de Bach (IMSLP ou MuseScore) et écrivez les chiffrages des quatre premières mesures.

Liens

Basse chiffrée (basse continue) ; Renversements des accords et accords de sixte et de quarte-sixte ; Chiffres romains dans l'analyse ; Notes étrangères à l'accord ; Écriture à quatre parties SATB.

Sources

Leçons liées