Histoire et caractère
La trailer music est une musique écrite pour vendre un film en 1–3 minutes. Jusqu'aux années 1990, les bandes-annonces utilisaient surtout de la musique de répertoire issue d'autres films ; puis naissent des maisons de production spécialisées qui composent des morceaux pensés pour le montage des bandes-annonces et les licencient via des libraries : Immediate Music (1993, Yoav Goren et Jeffrey Fayman), X-Ray Dog, Two Steps From Hell (Los Angeles, 2006, Thomas Bergersen et Nick Phoenix ; albums grand public Invincible 2010 et Archangel 2011, morceaux comme Heart of Courage, Protectors of the Earth, Victory), Audiomachine (2005), Brand X Music, Position Music, Really Slow Motion, et des compositeurs comme Zack Hemsey (Mind Heist, 2010). Beaucoup de ces maisons ont ensuite publié des albums pour le grand public, créant le genre « epic music ».
Trois filons : (1) épique orchestral-choral (orchestre + chœur + percussions énormes + synthé, textes en latin ou en langues inventées) ; (2) hybride/sound design (pulses électroniques, impacts, risers, « braam », silences, peu d'éléments mélodiques) ; (3) reprises sombres de chansons pop (« trailer version » : morceaux célèbres ralentis, en mineur, avec voix chuchotée et crescendo, exemple historique la reprise chorale de Creep utilisée dans la bande-annonce de The Social Network, 2010).
Le BRAAAM — le coup grave de cuivres et de synthétiseurs devenu la signature des bandes-annonces des années 2010 — est associé à Inception (2010), mais sa paternité est disputée : Hans Zimmer raconte des cuivres joués à l'intérieur d'un piano avec la pédale enfoncée puis retravaillés ; Mike Zarin, qui travailla sur les premières bandes-annonces, revendique le son ; Zack Hemsey écrivit la musique de la troisième bande-annonce ; des usages antérieurs similaires ont été signalés dans Transformers (2007) et District 9 (2009). La forme de la bande-annonce est rigide (trois actes plus le « button » final) et dictée par le montage : le compositeur écrit en sachant que le monteur coupera, répétera ou sautera des sections, donc les morceaux sont construits en blocs, avec des coupures nettes et des impacts toutes les 4–8 mesures, et sont livrés avec des stems et des alt mix (sans chœur, sans percussions, sound design seul).
Gammes et tonalités
Peu de gammes, utilisées avec beaucoup de clarté. Chiffres romains en mineur rapportés au mineur naturel.
Mineur naturel (éolien) — la base
- Formule 1 2 b3 4 5 b6 b7 (2-1-2-2-1-2-2). Ré mineur : D E F G A Bb C.
- Note caractéristique : b6 (Bb) : la couleur « épique-tragique ».
- Accords : i (Dm) ii° (E°) III (F) iv (Gm) v (Am) VI (Bb) VII (C).
- Usage : boucles i–VI–III–VII, ostinatos de cordes sur la tonique, chœurs qui montent par degrés sur 5–b6–b7–1.
- Exemple : Two Steps From Hell — Heart of Courage (2010), construit sur un mineur épique avec chœur et ostinatos.
- Erreur courante : rester sur la même progression et dans le même registre pendant les trois actes : le troisième acte doit changer (modulation, tierce picarde, harmonie plus riche).
Phrygien — tension et menace
- Formule 1 b2 b3 4 5 b6 b7 (1-2-2-2-1-2-2). Do phrygien : C Db Eb F G Ab Bb.
- Note caractéristique : b2 (Db). Accords (relatifs au mineur naturel) : i (Cm) bII (Db) III (Eb) iv (Fm) v° (G°) VI (Ab) vii (Bbm).
- Usage : ostinato tonique–b2 aux basses et aux synthés pulse de l'acte 2, i–bII aux cuivres avant les coups.
Mineur harmonique — le drame
- Formule 1 2 b3 4 5 b6 7 (2-1-2-2-1-3-1). Ré mineur harmonique : D E F G A Bb C#.
- Note caractéristique : sensible C# et seconde augmentée Bb–C#. Accords : i (Dm) ii° (E°) III+ (F+) iv (Gm) V (A) VI (Bb) vii° (C#°).
- Usage : V majeur avant l'impact final, lignes de chœur dramatiques.
Dorien — l'épique « plein d'espoir »
- Formule 1 2 b3 4 5 6 b7. Ré dorien : D E F G A B C. Accords (relatifs au mineur naturel) : i (Dm) ii (Em) III (F) IV (G) v (Am) #vi° (B°) VII (C).
- Usage : i–IV majeur pour les bandes-annonces d'aventure et de fantasy, reprises pop ralenties (Mad World : Em–G–D–A, le A est le IV dorien).
Majeur et mixolydien — le final héroïque
- Majeur : 1 2 3 4 5 6 7. Ré majeur : D E F# G A B C#. Mixolydien : 1 2 3 4 5 6 b7 (ré mixolydien : D E F# G A B C).
- Usage : le troisième acte peut « s'ouvrir » au majeur (tierce picarde) avec bVI–bVII–I (Bb–C–D en ré).
Clusters, chromatisme et tonalité absente
- Acte 1 des thrillers et des films d'horreur : clusters de cordes, glissandos, notes tenues sul ponticello, textures sans tonique ; la tonique n'est révélée qu'à l'entrée de la pulsation.
Comment choisir
Teaser et horreur : phrygien, clusters. Action et fantasy : éolien + dorien, final majeur. Dramatique : éolien avec harmonies ajoutées (add9, sus2) et chœur. Reprise : garde la mélodie originale mais déplace-la en mineur ou en dorien et ralentis-la de 30–50 %.
Harmonie
Principes
- Harmonie lente et grande : 1 accord toutes les 1–2 mesures (à 120–140 bpm) ou pédale pendant un acte entier.
- Boucle mineure sans dominante (i–VI–III–VII et variantes) : la tension ne se résout jamais tant que le troisième acte n'a pas choisi une conclusion.
- Pédale + accords mobiles : tonique tenue par le sub, les contrebasses et les synthés ; au-dessus, les accords changent (Dm – Bb/D – C/D).
- Médiantes chromatiques et mineures pour les coups de théâtre et les « reveals » : i–vi mineur (Cm–Abm : le « braam » harmonique), i–#iv (triton).
- Tierce picarde ou bVI–bVII–I majeur pour le dernier acte héroïque.
- Modulation d'un ton ou d'un demi-ton vers le haut à l'entrée du troisième acte (le « truck driver » épique) : renouvelle l'énergie.
- Voicing : quintes à vide (power chords orchestraux) aux basses et aux cuivres graves pour la puissance sans boue ; tierces seulement dans le registre médium-aigu (cors, chœur, cordes).
- Silences harmoniques : 1–2 mesures de vide avant l'impact valent plus que n'importe quel accord.
Progressions typiques
| Nom | Tonalité | Accords | Degrés | Comment l'utiliser |
|---|---|---|---|---|
| Mineur épique | ré mineur | Dm Bb F C | i VI III VII | La grille du troisième acte héroïque : aucune dominante, énergie circulaire. Chœur en octaves sur la mélodie, cuivres en quintes. |
| Ostinato andalou | ré mineur | Dm C Bb A | i VII VI V | La descente de basse (ré–do–si b–la) sous un ostinato de cordes en doubles croches : drame et poussée vers le V majeur. |
| Braam harmonique | do mineur | Cm Abm | i vi | Deux triades mineures à distance de tierce majeure (le VI rendu mineur) : choc, menace. Cuivres graves distordus et sub, un coup toutes les 2 mesures. |
| Pédale de tension | mi mineur | Em C/E D/E Em | i VI/i VII/i i | Les accords changent au-dessus d'un mi tenu (sub et contrebasses) : acte 2 avec croissance continue. |
| Dorien plein d'espoir | mi mineur | Em G D A | i III VII IV | Le IV majeur dorien (A) donne de l'espoir : la base de nombreuses reprises lentes (« Mad World ») et des bandes-annonces dramatiques. |
| Final héroïque | ré mineur → ré majeur | Bb C D | VI VII I | La tierce picarde finale ouvre sur le triomphe : tous les cuivres, chœur sur la tierce majeure F#. |
| Triton du reveal | do mineur | Cm F#m Cm | i #iv i | Choc harmonique pour le titre ou le méchant ; à soutenir par un impact et une réverbération énorme. |
| Modulation du troisième acte | ré mineur → mi mineur | Dm Bb F C Em C G D | i VI III VII | i VI III VII | La même boucle un ton au-dessus à l'entrée du climax : plus d'énergie sans changer de matériau. |
Rythme et groove
- Accélération perçue : acte 1 sans pulsation ou avec notes longues ; acte 2 en noires → croches → doubles croches sur les mêmes bpm ; acte 3 à plein rythme ou à mi-tempo avec subdivisions serrées.
- Mi-tempo : percussions graves « à 70 » sous des ostinatos « à 140 » : grandeur + urgence.
- Ostinatos en doubles croches de cordes (spiccato), synthés pulse et toms, avec accents 3+3+2 ou 3+3+3+3+2+2 sur la mesure (syncopes qui poussent).
- Hits et stops : impacts synchronisés aux coupes et silences soudains (1–2 s) avant les coups principaux et le titre.
- Ramp-up : le dernier tronçon d'un acte avec roulement de percussions et risers qui accélèrent (croches → triolets → doubles croches → roulement).
- Carte des tempi : morceaux de library à bpm constant (pour faciliter le montage), souvent 120, 130, 140, 150 ; les pauses doivent « mesurer » des mesures entières pour permettre la coupe.
Batterie
Comment la percussion raisonne dans les bandes-annonces
Les percussions sont le moteur des deuxième et troisième actes et le point d'exclamation de chaque coupe. On travaille par couches : impacts (hits), ensembles graves, toms et taiko, caisses claires, métaux, percussions électroniques.
Couches et rôles
- Impact (hit) : grosse caisse orchestrale + taiko grave + sub-drop + cymbale/reverse cymbal + réverbération énorme, le tout sur le premier temps d'une section ou sur une coupe. Le « boom » du titre.
- Ensembles graves (taiko, grosses caisses, surdo) : sur 1 et 3 à mi-tempo ou « 1, 2&, 3 » avec syncope ; à l'acte 3 en croches.
- Toms orchestraux et taiko médiums : ostinato en doubles croches avec accents 3+3+2 (par ex. x..x..x. x..x..x.), crescendo de vélocité dans les 2 dernières mesures.
- Caisses claires militaires / field drum : roulements et figures pointées au troisième acte (énergie « de bataille »), souvent en paire avec des cymbales à deux.
- Métaux : anvil, plaques, cymbales, tam-tam ; coups uniques qui marquent les changements.
- Électronique : grosse caisse distordue à mi-tempo, claps traités, pulses rythmiques (synthé ou cordes coupées au gate).
Exemple de groove de l'acte 3 (4/4, 140 bpm)
- Ensemble grave : sur 1, 2&, 3, 4& (accent sur 1 et 3).
- Toms : doubles croches continues avec accents 3+3+2.
- Caisse claire : sur le 3 (mi-tempo) avec flam ; roulement dans les 2 dernières mesures.
- Impact : toutes les 4 ou 8 mesures sur le 1.
Dynamique et microtiming
- Vélocité 60–127 avec crescendo programmés ; round robin activés ; certains coups décalés de −5/−15 ms pour que le transitoire grave arrive à temps.
- Les impacts se construisent « par couches » : chacune filtrée dans une bande différente (sub < 60 Hz, corps 60–200 Hz, attaque 2–5 kHz, queue/réverbération).
Transitions
Risers (bruit filtré montant, cordes en glissando, synthés avec hauteur montant de 12–24 demi-tons), « suck-back » (réverbération inversée avant l'impact), silence total de 1–2 mesures, whoosh de 0,5–1 s.
Choix des sons et erreurs typiques
- Peu d'échantillons, grands et cohérents ; l'impact doit avoir une identité (accordé sur la tonique).
- Erreurs : trop d'impacts (ils perdent leur valeur), impacts non accordés avec la tonalité, toms qui couvrent le chœur, coups sans espace (réverbération coupée), rythme toujours identique dans les trois actes.
Basse
- Instruments : contrebasses et violoncelles à l'octave (spiccato ou sustain), cuivres graves (tuba, trombone basse, cimbasso), synth bass, sub-drop, « braam » (cuivres graves + synthé distordu + sub).
- Notes : tonique et quinte ; ostinato tonique–b2 (phrygien) ou tonique–b6 à l'acte 2 ; pédale de tonique à l'acte 3 pendant que l'harmonie bouge au-dessus.
- Rythme : croches ou doubles croches accrochées à l'ostinato des cordes ; à mi-tempo la basse tient des notes longues.
- Sub : sinusoïde 30–50 Hz sur chaque impact, avec pitch drop de 12–24 demi-tons en 0,5–2 s ; ne la superpose pas à la note tenue du synth bass (sidechain ou EQ).
- Braam : superposition de cuivres graves en ff (ou d'échantillons dédiés), un synthé en dents de scie distordu une octave en dessous et un sub ; durée 2–4 s, enveloppe avec attaque nette et decay long.
Instruments harmoniques
- Cordes : ostinatos en spiccato à doubles croches (violons II, altos, violoncelles), trémolos et sul ponticello à l'acte 1, accords longs dans le final ; violons I et chœur portent la mélodie au troisième acte.
- Cuivres : cors à l'unisson sur la mélodie héroïque, trombones et tuba en quintes et octaves pour la puissance, trompettes sur les fanfares finales ; « rips » et « falls » comme effets.
- Chœur : accords tenus sur « ah/oh », phrases en latin ou syllabes inventées, chœur d'hommes grave à l'acte 2, chœur mixte fortissimo à l'acte 3.
- Piano : notes simples avec réverbération très longue à l'acte 1 (le « piano ping »), ostinatos dans le registre grave à l'acte 2.
- Synthé : pulses (séquences en doubles croches filtrées), pads sombres, arpèges ; gates rythmiques sur pads et cordes.
- Voicing : quintes et octaves en bas, triades complètes seulement à partir de do4 ; dans le tutti final, mélodie sur trois octaves (chœur, violons, cors).
Mélodie et voix
- Mélodies simples et grandes : phrases de 2–4 mesures avec notes longues, intervalles larges (quinte, sixte), souvent seulement 4–6 notes différentes : elles doivent passer en quelques secondes.
- Chœur épique : sopranos et basses à l'octave sur la mélodie, altos et ténors sur l'harmonie ; textes en latin réel ou inventé, choisis pour la sonorité des voyelles.
- Voix féminine solo à l'acte 1 (éthérée, très réverbérée) ou masculine chuchotée dans les reprises.
- Reprise « trailer version » : mélodie originale ralentie et en mineur, premier couplet avec piano et voix, puis chœur et orchestre.
- Effets : réverbérations très longues (5–10 s) sur les voix, delays calés sur le tempo et filtrés, reverse vocal avant les phrases, pitch shift d'une octave pour des voix « monstrueuses ».
Instruments
Orchestre (cordes, cuivres renforcés, peu de bois), chœur mixte et voix solistes, ensemble de percussions (taiko, grosses caisses, toms orchestraux, caisses claires militaires, anvil, métaux), piano, synthés (pulses, pads, basses), sound design (hit, braam, riser, whoosh, downer, stinger, reverse), guitares électriques baryton et distordues pour les bandes-annonces d'action, voix traitées.
Patterns de batterie
Synthés et sons
- Modular V — Risers, sweeps, pulses: Bruit blanc dans le filtre passe-bas Moog avec cutoff en lente montée (8–16 mesures) pour les risers ; oscillateurs avec hauteur modulée pour sirènes et sweeps ; séquenceur pour les pulses de l'acte 2.
- Prophet-5 V — Pulses et basses: Ostinatos synthétiques en doubles croches (saw + pulse, filtre fermé avec enveloppe courte) et basses pleines pour le braam : monte l'oscillateur B d'une octave en dessous et ajoute une distorsion externe.
- Korg MS-20 V — Braam et basses agressives: Filtres passe-haut et passe-bas avec résonance poussée et overdrive naturel : parfait pour la couche synthétique du braam et pour des basses grondantes.
- Augmented Strings — Cordes hybrides: Ostinatos avec mouvement rythmique (séquenceur interne) et pads qui se transforment en textures électroniques à l'acte 1.
- Augmented Voices — Chœur et textures vocales: Pads choraux épiques et couches vocales granulaires pour les transitions.
- Synthi V — Effets et textures: Bruits, modulations en anneau et sweeps étranges pour la tension et l'horreur.
- Jup-8 V — Pads et arpèges années 1980: Pour les bandes-annonces « rétro » (style Stranger Things) : arpégiateur et pads larges avec chorus.
Structure du morceau
La forme en trois actes (2:00–2:45)
| Section | Durée | Que se passe-t-il |
|---|---|---|
| Acte 1 — introduction | 30–45 s | atmosphère, piano ou voix seule, textures, peu d'impacts ; présentation des personnages |
| Transition 1 | 1–3 s | impact + silence ou riser bref |
| Acte 2 — croissance | 40–60 s | entre la pulsation : ostinato de cordes ou de synthé, percussions à mi-tempo, chœur d'hommes ; impacts toutes les 4–8 mesures ; tension |
| Transition 2 | 2–4 s | ramp-up, riser, suck-back, silence |
| Acte 3 — climax | 30–45 s | tout l'effectif, chœur, cuivres, percussions pleines ; souvent modulation ou passage au majeur |
| Stinger / button | 3–10 s | dernier impact sur le titre, queue de réverbération, éventuel petit gag final |
Livraison (library)
- Mix complet, versions « underscore » (sans percussions lourdes), « no choir », « drums & FX only », « stems » séparés pour le monteur.
- Durées alternatives : 60 s, 30 s, 15 s (avec finale propre).
- Marqueurs et notes de montage : où l'on peut couper, où sont les impacts.
Arrangement
Chaque acte ajoute une famille : acte 1 = piano/voix/textures ; acte 2 = + pulsation + percussions + basse ; acte 3 = + chœur + cuivres + percussions pleines + mélodie. Retire tout pendant 1–2 mesures avant le climax : le retour n'en sera que plus fort.
Mixage et mastering
Objectif sonore
Impact maximal et clarté dans les systèmes de cinéma, de TV et de smartphone : impacts physiques (sub et corps), chœur et cuivres énormes, sound design séparé de la musique, voix off (s'il y en a) toujours intelligible. C'est le genre orchestral le plus proche du mix « moderne » : compression, saturation et loudness élevés, mais avec de la dynamique entre les actes.
Impacts et percussions
- EQ : sub-drop et grosses caisses passe-haut à 20–25 Hz, accentuation 40–60 Hz (+2/+3 dB, Q 1) pour le sub et 80–120 Hz pour le corps ; −3 dB à 250–400 Hz pour enlever le « carton » ; attaque +2 dB à 2–4 kHz.
- Compression : bus percussions avec VCA ou FET (4:1, attack 10–30 ms, release 80–150 ms, 4–6 dB) ; en parallèle avec compression 10:1 écrasée, mélangée à 20–30 %.
- Transient shaper : +attack sur les toms si les échantillons sont mous, −sustain si les queues s'additionnent.
- Saturation : bande ou lampe sur le bus percussions, clipper doux (StandardCLIP, KClip, Fruity Soft Clipper dans FL Studio) pour 2–4 dB de crêtes écrêtées sans perdre de punch.
- Espace : réverbérations énormes seulement sur les impacts (hall ou « cinematic » 4–8 s, pre-delay 0–20 ms), retour avec passe-haut à 150–200 Hz pour ne pas gonfler le sub.
- Panoramique : impacts au centre ; toms L/R 30–50 ; caisses claires au centre ou L/R 20.
Basse et sub
- Tout ce qui est sous 80 Hz au centre (mono). Sidechain du synth bass et des cuivres graves depuis les impacts (3–6 dB, release 100–250 ms).
- Saturation sur le braam (harmoniques audibles sur les smartphones) : distorsion à lampe ou Decapitator modéré.
Cordes
- EQ : passe-haut 80–120 Hz sur les ostinatos (laisse la basse aux contrebasses et aux synthés), −2/−3 dB à 300 Hz, attention aux 2–4 kHz (le spiccato peut piquer) ; shelf +2 dB à 10 kHz pour l'air.
- Compression : bus cordes 2:1, attack 20–30 ms, release 150 ms, 2–3 dB ; plus marquée sur les ostinatos qui doivent rester constants.
- Espace : hall 2,5–3,5 s, pre-delay 20 ms.
- Panoramique : aigus à gauche, graves à droite comme en salle, mais avec des ostinatos dupliqués L/R pour la largeur.
Cuivres
- EQ : cors corps 300–600 Hz, trompettes −2 dB à 2,5 kHz si elles piquent, trombones +2 dB à 120–200 Hz pour le poids.
- Compression : bus cuivres 3:1, attack 20 ms, release 150 ms, 3–4 dB ; saturation à bande.
- Espace : hall plus long et moins de pre-delay (ils sont « derrière »).
Chœur et voix
- Chœur : passe-haut 100 Hz, −2 dB 300 Hz, +2 dB 8–10 kHz, de-esser ; compression de bus 2:1 avec 3 dB ; réverbération hall longue (3–4 s, pre-delay 30 ms) et largeur pleine (doublures L/R).
- Voix solo ou chuchotée : passe-haut 100 Hz, compression FET 4:1 + opto 2:1 en série (6–8 dB au total), de-esser, plate 2 s + delay calé sur le tempo et filtré (croche pointée, feedback 25 %), automation de réverbération « throw » en fin de phrase.
Synthé, pulses et sound design
- Pulses : passe-haut 150 Hz, saturation, gate ou trémolo calé sur le tempo, panoramique alterné ou large.
- Risers et whoosh : passe-haut 100–200 Hz, automation de volume et de largeur (de mono à stéréo pleine) pendant la montée.
- Stem « FX » séparé de la musique.
Bus et groupes
Bus : percussions, impacts, basse/sub, cordes, cuivres, chœur, voix, synthés, FX. Sur un bus « musique » compresseur glue (style SSL, 2:1, attack 30 ms, release auto, 2 dB) et saturation légère.
Sidechain
- Impacts → basse/sub, cuivres graves, pads (3–6 dB).
- Voix off ou dialogue de la bande-annonce → musique (ducking 3–6 dB avec release 300–500 ms) si l'on livre un mix avec voix.
Master
- Library « full mix » : chaîne EQ → compresseur glue (1,5–2:1, 1–2 dB) → clipper → limiter (Pro-L 2 en mode « Modern » ou « Aggressive » avec lookahead). Cible indicative : −12/−9 LUFS intégrés pour l'ensemble du morceau, short-term à l'acte 3 −8/−6, true peak −1 dBTP. L'acte 1 doit rester nettement plus bas (−20/−16 short-term) pour avoir de la croissance.
livre les stems sans limiter.
Erreurs courantes
- Tout « au maximum » dès le début : aucune croissance.
- Sub et grosse caisse qui se masquent ; impacts non accordés.
- Chœur enterré par les percussions dans les 1–4 kHz.
- Réverbérations infinies sur tout (boue) ; réverbération sur les basses.
- Manque de silences : l'impact n'a pas de contraste.
Morceaux de référence pour le mix
- Two Steps From Hell — Heart of Courage (2010).
- Two Steps From Hell — Protectors of the Earth (2010).
- Zack Hemsey — Mind Heist (2010).
- Audiomachine — Breath and Life (2012).
- Hans Zimmer — Mombasa (Inception, 2010) pour les percussions hybrides.
Écoutes de référence
- Two Steps From Hell — Heart of Courage (2010)
- Two Steps From Hell — Protectors of the Earth (2010)
- Zack Hemsey — Mind Heist (2010)
- Scala & Kolacny Brothers — Creep (trailer di The Social Network, 2010)
- Two Steps From Hell — Victory (2015)
- Audiomachine — Breath and Life (2012)
- Gary Jules — Mad World (trailer di Gears of War, 2006)
- Hans Zimmer — Mombasa (Inception, 2010)