Histoire et caractère
Le blues est la musique née chez les Afro-Américains du Sud des États-Unis (le « Deep South ») entre les années 1860 et 1890 (les premiers témoignages datent d'environ 1890), à partir des racines que sont les spirituals, les work songs (chants de travail), les field hollers (appels dans les champs) et les ring shouts. Il se caractérise par les blue notes (les « notes soucieuses » : tierce, quinte et septième abaissées ou intonées entre deux demi-tons), par la forme de 12 mesures et par le texte AAB (un vers de quatre mesures, sa répétition, puis une réponse plus longue : W.C. Handy disait qu'il évitait la monotonie de trois répétitions identiques).
Les grandes étapes : W.C. Handy publie « The Memphis Blues » (1912) et « Saint Louis Blues » (1914) ; « Dallas Blues » (1912) est la première composition de blues publiée avec copyright ; en 1920, Mamie Smith enregistre « Crazy Blues », le premier disque de blues d'une chanteuse afro-américaine (75 000 exemplaires le premier mois), qui ouvre les années 1920 du blues classique féminin (Ma Rainey, Bessie Smith, Lucille Bogan). En parallèle, le Delta blues acoustique du Mississippi (Charley Patton, Son House, Robert Johnson, Skip James), le Piedmont blues de la côte est (Blind Blake, Blind Willie McTell), le Texas blues (Blind Lemon Jefferson), le boogie-woogie pianistique. Avec la Grande Migration, le blues monte vers le Nord : à Chicago, il devient électrique après « I Can't Be Satisfied » de Muddy Waters (1948), avec Howlin' Wolf, Willie Dixon, Jimmy Reed, Little Walter, sur les labels Chess et Checker.
À partir des années 1950–1960 : B.B. King, Albert King, Freddie King, T-Bone Walker, Elmore James, John Lee Hooker ; la tournée britannique de Muddy Waters en 1958 inspire le British blues boom (Alexis Korner, Cyril Davies, puis les Rolling Stones, les Yardbirds, Eric Clapton, John Mayall, Fleetwood Mac, Led Zeppelin) ; dans les années 1970–1980, le Texas blues-rock (Johnny Winter, ZZ Top, Stevie Ray Vaughan, The Fabulous Thunderbirds) ; aujourd'hui Gary Clark Jr., Joe Bonamassa, Christone « Kingfish » Ingram, Marcus King. Le blues est la racine du jazz, du rhythm and blues, du rock and roll (« blues avec backbeat »), de la soul, du funk, de la country et du hip hop.
Gammes et tonalités
Gamme blues (mineure)
- Formule : 1 b3 4 b5 5 b7 — 3S T S S 3S T.
- Exemple en la : A C D Eb E G.
- Note caractéristique : la b5 (Eb), blue note de passage entre la 4 et la 5 ; la b3 (C) jouée sur un accord majeur (A7) crée le conflit typique du blues.
- Accords qu'elle « couvre » : I7 (A7), IV7 (D7), V7 (E7) : la même gamme fonctionne sur tout le chorus.
- Usage : riffs de guitare et d'harmonica, solos, mélodies vocales.
- Exemple réel : B.B. King, Albert King, Stevie Ray Vaughan — Pride and Joy (mi).
- Erreurs courantes : s'arrêter sur la b5 ; utiliser la gamme sans « courber » (bending) les notes : dans le blues, la b3 se pousse souvent vers la 3 d'un quart de ton.
Pentatonique mineure
- Formule : 1 b3 4 5 b7 — 3S T T 3S T. En la : A C D E G.
- Note caractéristique : absence de demi-tons : son ouvert et « vocal ». Le « box » de la pentatonique est le doigté de base de tout guitariste de blues.
Pentatonique majeure et « major blues »
- Pentatonique majeure : 1 2 3 5 6. En la : A B C# E F#.
- Major blues : 1 2 b3 3 5 6. En la : A B C C# E F#. Note caractéristique : la b3 qui monte vers la 3 (C → C#) : le blues « doux » de B.B. King et du country blues.
- Usage : phrases sur I7, fills dans les ballades, style « Texas » et « jump ».
Mélange majeur-mineur (la vraie « gamme » du blues)
- Formule combinée : 1 2 b3 3 4 b5 5 6 b7. En la : A B C C# D Eb E F# G.
- Usage : les guitaristes passent continuellement de la pentatonique mineure à la majeure, en visant les notes de l'accord du moment (C# sur A7, F# sur D7 = sa 3 majeure, G# sur E7).
Mixolydien
- Formule : 1 2 3 4 5 6 b7 — T T S T T S T. En la : A B C# D E F# G.
- Note caractéristique : la b7 (G) qui fait de l'accord de tonique une dominante. Usage : riffs boogie (1–3–5–6–b7), lignes de basse, harmonica.
Dorien et mineur naturel (blues mineur)
- Dorien en la : A B C D E F# G. Éolien en la : A B C D E F G.
- Usage : le blues mineur (The Thrill Is Gone de B.B. King en si mineur) : dorien sur l'accord i7, éolien quand l'harmonie utilise le VI (Fmaj7 en la mineur).
Intonation et blue notes
Les blue notes ne sont pas seulement des « notes abaissées » : ce sont des zones d'intonation (la tierce entre mineure et majeure, la septième neutre). Avec la voix, la guitare (bending, slide) et l'harmonica, on les intone de façon microtonale ; au piano, on les simule avec des acciaccature (b3 → 3).
Comment choisir
| Accord / contexte | Gamme |
|---|---|
| I7 (tout le chorus) | Blues/pentatonique mineure de la tonique |
| I7 avec un son doux | Major blues |
| Suivre les changements | Pentatonique majeure de chaque accord |
| Riffs et basses | Mixolydien, arpège 1–3–5–6–b7 |
| Blues mineur | Dorien (i7), éolien (VI) |
Harmonie
La forme de 12 mesures
Trois accords de septième de dominante (I7, IV7, V7) : l'harmonie n'est ni majeure ni mineure, parce que tous ont la b7 et que la mélodie utilise la b3. Schéma : I7 (4) – IV7 (2) – I7 (2) – V7 (1) – IV7 (1) – I7 (1) – V7 (1, turnaround).
Variantes
- Quick change : IV7 à la deuxième mesure.
- Blues de 8 et 16 mesures (Key to the Highway, nombreux gospel blues).
- Blues mineur (i–iv–V7 avec VI–V7 à la 9e mesure).
- Blues jazz avec ii–V et turnarounds plus riches.
- Blues à un accord (Hill country, John Lee Hooker : Boogie Chillen).
- Formes « irrégulières » du Delta blues (13, 13½ mesures : le chanteur décide).
Turnaround
Les deux dernières mesures ramènent au début : I7–IV7–I7–V7 ou avec descente chromatique (A7 A7/G D/F# Dm/F A/E E7) ou avec le classique lick « descendant » de la guitare.
Accords et voicings
- Guitare : accords de 7, 9, 13 (A9 = A C# G B), patterns boogie sur les cordes graves (A–C#–E–F#–G), doubles cordes « Chuck Berry ».
- Piano : accords en triolets, boogie à la main gauche, trémolos et acciaccature.
- Orgue : accords tenus avec swell.
Rythme harmonique
Lent et prévisible (la forme est la même à chaque chorus) : la tension réside dans la voix et dans les solos.
Progressions typiques
| Nom | Tonalité | Accords | Degrés | Comment l'utiliser |
|---|---|---|---|---|
| 12 mesures | la | A7 D7 A7 A7 D7 D7 A7 A7 E7 D7 A7 E7 | I7 IV7 I7 I7 IV7 IV7 I7 I7 V7 IV7 I7 V7 | La forme standard avec quick change à la 2e mesure ; le dernier E7 est le turnaround. |
| 12 mesures sans quick change | mi | E7 E7 E7 E7 A7 A7 E7 E7 B7 A7 E7 B7 | I7 I7 I7 I7 IV7 IV7 I7 I7 V7 IV7 I7 V7 | La version la plus « longue » sur la tonique (nombreux shuffles texans). |
| Blues mineur | si mineur | Bm7 Bm7 Bm7 Bm7 Em7 Em7 Bm7 Bm7 Gmaj7 F#7 Bm7 F#7 | i7 i7 i7 i7 iv7 iv7 i7 i7 VImaj7 V7 i7 V7 | Le blues mineur dramatique (The Thrill Is Gone de B.B. King est en si mineur avec le VI–V). |
| Turnaround chromatique | la | A7 A7/G D/F# Dm/F A/E E7 | I7 I7/b7 IV/3 iv/b3 I/5 V7 | La descente chromatique de la basse (G–F#–F–E) dans les deux dernières mesures. |
| Blues de 8 mesures | sol | G7 D7 C7 C7 G7 D7 G7 D7 | I7 V7 IV7 IV7 I7 V7 I7 V7 | Forme courte (Key to the Highway, nombreux morceaux de Big Bill Broonzy). |
| Blues jazz | fa | F7 Bb7 F7 Cm7 F7 Bb7 Bdim7 F7 D7 Gm7 C7 F7 C7 | I7 IV7 I7 v7 I7 IV7 #iv°7 I7 VI7 ii7 V7 I7 V7 | Le blues « enrichi » des pianistes et des groupes jump. |
| Blues à un accord | mi | E7 | I7 | Hill country et boogie de John Lee Hooker : un seul accord et un riff hypnotique. |
Rythme et groove
Shuffle
Le feel le plus typique : croches en triolet (la première longue, la seconde courte : croche pointée–double croche « en triolet »), accent sur 2 et 4. On l'écrit souvent en 12/8 ou en 4/4 avec l'indication de swing.
Slow blues
En 12/8 : quatre pulsations par mesure, chacune divisée en trois ; piano et hi-hat jouent tous les triolets ; tempo 50–75 à la noire pointée.
Autres feels
Boogie (croches swing répétées, « eight to the bar »), croches droites (straight eighths, rock blues et Chicago tardif), « Texas shuffle » (shuffle avec la caisse claire sur le troisième triolet), funk blues, rumba blues (Otis Rush, Magic Sam), two-beat dans le country blues.
Microtiming
Feel relâché, « en retard sur le temps » ; la voix et la guitare solo anticipent et retardent. Le groupe s'arrête et repart (stop-time) pour laisser de la place à la voix.
Batterie
Principe
La batterie blues soutient le chanteur et le soliste avec un groove simple et solide : shuffle ou 12/8, backbeat appuyé sur 2 et 4, peu de notes et grande attention à la dynamique (le groupe joue doucement sous la voix et monte dans les solos).
Shuffle
- Ride ou hi-hat en triolets : premier et troisième triolet de chaque noire (« dum-da, dum-da »).
- Grosse caisse sur 1 et 3 (ou aux quatre temps, légère).
- Caisse claire sur 2 et 4 (backbeat plein) ; dans le Texas shuffle, la caisse claire ajoute le troisième triolet de chaque noire (Chris Layton avec Stevie Ray Vaughan).
- Double shuffle : les deux mains en triolets shuffle.
Slow blues (12/8)
- Hi-hat ou ride sur tous les triolets (12 coups par mesure).
- Grosse caisse sur le 1 (et sur le 3) des pulsations.
- Caisse claire pleine sur 2 et 4.
- Fills en triolets sur les toms à la fin des chorus.
Percussions
Rares : tambourin, parfois battements de mains.
Dynamique et vélocité
Large : couplets doux (hat fermé, caisse claire légère), solos forts (ride, crash, backbeat 120+). Le batteur « lit » le chanteur.
Interaction avec la basse et la voix
Basse et grosse caisse à l'unisson ; stop-time avec le groupe ; la batterie suit les « hits » de la guitare (accents dans le turnaround).
Sections
Intro (souvent un turnaround ou 4 mesures), chorus chantés (dynamique contenue), chorus de solo (crescendo), chorus final, coda avec point d'orgue sur le V7 ou sur le I9.
Fills
Courts, en triolets, à la fin des chorus (mesures 11–12) ou avant le solo.
Sons
Kit des années 1950–1960 (grosse caisse 22", caisse claire 14" profonde, ride sombre), son naturel et « de pièce » ; dans le blues rock, plus compressé et puissant.
Erreurs typiques
Shuffle « boiteux » (triolets irréguliers), batterie trop forte sous la voix, fills rock trop longs, grosse caisse qui ne s'emboîte pas avec la basse.
Basse
Son
Contrebasse (Willie Dixon à Chicago), puis basse électrique Fender Precision ; son chaud et rond.
Lignes typiques
- Boogie : 1–3–5–6–b7–6–5–3 en shuffle (A C# E F# G F# E C#).
- Walking dans les blues jazz et les blues lents.
- Tonique–quinte–octave en shuffle.
- Riffs à l'unisson avec la guitare (Muddy Waters : Hoochie Coochie Man ; Howlin' Wolf : Smokestack Lightnin').
Rapport avec la grosse caisse
Unisson sur les temps forts ; la basse porte les notes du triolet.
Exemples
Willie Dixon, Tommy Shannon (Stevie Ray Vaughan), Duck Dunn (Albert King), Jerry Jemmott (B.B. King).
Instruments harmoniques
- Guitare rythmique : patterns boogie sur les cordes graves (shuffle avec quinte et sixte alternées), accords de neuvième et de treizième, doubles cordes.
- Guitare solo : bending, vibrato, slide (bottleneck), phrases en call and response avec la voix.
- Piano : boogie-woogie, accords en triolets, trémolos, acciaccature (Otis Spann, Pinetop Perkins).
- Orgue Hammond : pad, swell, accords tenus (soul blues, B.B. King).
- Harmonica : amplifié (Little Walter) comme instrument soliste et rythmique.
- Vents : sections dans le blues de Memphis et du Texas (B.B. King, Albert King, Bobby Bland).
Mélodie et voix
Voix
Voix expressive, souvent rugueuse, avec blue notes, glissandos, cris, mélismes, falsetto (Skip James), parlé. Le texte AAB se chante dans les deux premières mesures de chaque phrase de 4, en laissant deux mesures à la réponse de la guitare ou de l'harmonica (call and response).
Registre
Hommes typiquement entre G2 et A4 (avec des cris plus aigus), femmes entre E3 et D5 ; le blues privilégie le registre de poitrine.
Guitare et harmonica comme seconde voix
Ils répondent à la voix, imitent le chant (bending = « voix » de la guitare), font des solos courts et mélodiques.
Chœurs
Rares dans le blues traditionnel ; présents dans le soul blues et le gospel blues.
Effets
Réverbération à ressort ou de pièce, slapback (années 1950, Sun et Chess), voix souvent enregistrée « chaude » avec des micros dynamiques.
Instruments
- Voix
- Guitare acoustique (aussi résonateur et slide), guitare électrique
- Harmonica (acoustique et amplifié)
- Piano, orgue Hammond
- Contrebasse, basse électrique
- Batterie
- Vents (saxophone, trompette) dans le blues urbain
Patterns de batterie
Synthés et sons
- B-3 V — Hammond: Orgue blues avec Leslie : drawbars 888000000 ou 886000000, Leslie lent dans les couplets et rapide dans les solos ; swell à la pédale d'expression.
- Piano V — Piano: Droit ou à queue pour le boogie et le slow blues ; un peu de room, large vélocité pour les trémolos et les acciaccature.
- Wurli V — Wurlitzer: Couleur blues et soul (Ray Charles) : léger drive.
- Stage-73 V — Rhodes: Soul blues et blues moderne (B.B. King des années 1970).
Structure du morceau
Forme
- Intro : 4 mesures (les 4 dernières du chorus) ou un turnaround, ou un chorus instrumental de 12.
- Chorus chantés (2–3) de 12 mesures.
- Solo (1–3 chorus) : guitare, harmonica ou piano.
- Chorus chanté final.
- Coda : turnaround final avec point d'orgue sur le V7 ou sur le I9 (souvent le « tag » avec la descente chromatique).
- Durée 3:00–6:00 (slow blues en concert jusqu'à 8–10).
Arrangement
Dynamique en crescendo : premier chorus doux et « intime », solo plus fort, dernier chorus avec le groupe au complet ; stop-time et breaks pour laisser de la place à la voix ; dans le blues urbain, vents qui entrent dans les derniers chorus.
Mixage et mastering
Objectif sonore
Son naturel et chaleureux, avec la guitare solo et la voix au premier plan, le groupe « dans la pièce », la basse pleine et une batterie simple et solide. Références : B.B. King — Live at the Regal (1965), Stevie Ray Vaughan — Texas Flood, Gary Clark Jr. — Bright Lights, Joe Bonamassa (côté moderne). Loudness : −14/−11 LUFS (blues classique), −10/−9 (blues rock moderne).
Grosse caisse
HP 40 Hz ; 60–90 Hz +2 dB ; 300–400 Hz −3 dB ; 2–3 kHz +1 dB ; compression 4:1 2–3 dB ; centre.
Caisse claire
HP 90 Hz ; 180–220 Hz corps ; −2 dB à 600 Hz ; 4–5 kHz crack ; compression 3–4 dB ; plate ou room 1–1,4 s (réverbération bien audible dans le slow blues).
Hi-hat, ride, cymbales
HP 300 Hz ; ride claire (2–4 kHz et « wash » au-dessus), hat 20–30 %.
Basse
HP 35 Hz ; 70–100 Hz +2 dB ; −2 dB à 250 Hz ; 700 Hz–1 kHz +1/+2 dB ; opto 4–5 dB ; centre, mono.
Guitare solo
- Ampli micro-phoné (dynamique SM57 près du cône + ruban ou condensateur à 30–60 cm + room).
- EQ : HP 80–100 Hz ; −2 dB à 250–400 Hz si « étouffée » ; présence 1,5–3 kHz (le « chant » de la guitare) ; −2 dB à 4–6 kHz si piquante ; LP 8–10 kHz.
- Compression : légère (2–3 dB) ou aucune : le blues vit de la dynamique du médiator.
- Espace : ressort ou plate 1,2–2 s ; delay analogique 300–450 ms (ou à croche pointée) à bas niveau dans les slow blues.
- Pan : centre ou légèrement sur le côté s'il y a une rythmique.
Guitare rythmique, piano, orgue, harmonica
- Guitare rythmique : HP 100 Hz ; présence 2 kHz ; pan opposé à la solo (30–60 %).
- Piano : HP 50 Hz ; −2 dB à 300 Hz ; 3 kHz ; pan stéréo modéré.
- Orgue : HP 60 Hz ; −2/−3 dB à 300–500 Hz ; Leslie stéréo ; baisse-le sous la voix.
- Harmonica amplifié : HP 150 Hz ; 800 Hz–2 kHz « mid honk » ; saturation d'ampli (micro Bullet dans un petit ampli à lampes) ; compression 3–4 dB ; slapback 100–150 ms.
Voix
HP 80 Hz ; −2 dB à 300 Hz ; présence 2–4 kHz ; de-esser 6 kHz ; 1176 (4:1, 3–5 dB) + opto 2–3 dB ; saturation bande/lampes ; plate ou ressort 1,2–1,8 s, slapback 90–130 ms dans le blues des années 1950.
Vents
HP 100 Hz ; présence 1,5–3 kHz ; bus 2–3 dB ; plate ; pan en éventail.
FX
Ressort et plate comme réverbérations principales, slapback à bande, delay analogique pour les guitares.
Bus et groupes
Bus batterie (2 dB), bus groupe avec bande et 1 dB de glue.
Sidechain
Aucun.
Master
Chaîne : EQ (HP 30 Hz) – compresseur 2:1 1–2 dB – bande – limiter. Cible −13/−11 LUFS intégrés pour le blues classique, −10/−9 pour le blues rock, true peak −1 dBTP.
Erreurs courantes
Guitare solo trop saturée et compressée (elle perd son expressivité), voix enterrée par la guitare, orgue qui empâte les médiums, batterie rock moderne, réverbérations numériques brillantes à la place du ressort et de la plate.
Morceaux de référence pour le mixage
B.B. King — The Thrill Is Gone ; Muddy Waters — Hoochie Coochie Man ; Stevie Ray Vaughan — Pride and Joy ; Albert King — Born Under a Bad Sign ; Gary Clark Jr. — Bright Lights.
Écoutes de référence
- Mamie Smith — Crazy Blues (1920)
- Bessie Smith — St. Louis Blues (1925)
- Robert Johnson — Cross Road Blues (1936)
- Muddy Waters — I Can't Be Satisfied (1948)
- John Lee Hooker — Boogie Chillen' (1948)
- Muddy Waters — Hoochie Coochie Man (1954)
- Howlin' Wolf — Smokestack Lightnin' (1956)
- Albert King — Born Under a Bad Sign (1967)
- B.B. King — The Thrill Is Gone (1969)
- Stevie Ray Vaughan — Pride and Joy (1983)
- Gary Clark Jr. — Bright Lights (2011)