Définition
Le menuet est une danse française à 3/4, de tempo modéré, répandue à la cour de Louis XIV (Lully) puis dans toute l'Europe. Dans le classicisme, il devient le troisième mouvement standard des symphonies, quatuors et sonates (parfois le deuxième), dans la forme menuet – trio – menuet da capo. Le trio est un second menuet contrastant : le nom vient de l'usage baroque de le confier à trois instruments (par exemple deux hautbois et basson) en contraste avec le tutti.
La forme, niveau par niveau
Le menuet seul est généralement un binaire arrondi (rounded binary) :
- ||: A (8 mesures, I → V ou I avec cadence) :||
- ||: B (4–8 mesures, souvent sur la dominante ou avec des progressions) + A′ (retour de A, modifié pour conclure à la tonique) :||
Le mouvement complet est un ternaire composé :
| Section | Contenu | Tonalité | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Menuet | : A : | : B A′ : | I | |||||
| Trio | : C : | : D C′ : | souvent IV, V, le relatif ou le mode parallèle | |||||
| Menuet da capo | A B A′ sans reprises (tradition d'exécution) | I |
Éventuelle coda brève.
Caractéristiques stylistiques
- Phrases régulières de 4 + 4 mesures, hypermètre clair.
- Accent sur le premier temps, souvent avec une noire pointée ou un rythme de noires régulières.
- Dans le trio, texture plus légère (peu d'instruments, mélodie aux vents, pizzicatos) ou caractère rustique (pédales, bourdons, imitations de danses populaires comme le Ländler).
Exemples
- Menuet en sol majeur BWV Anh. 114, du Notenbüchlein pour Anna Magdalena Bach (attribué à Christian Petzold) : binaire simple de 32 mesures, le premier menuet que de nombreux pianistes apprennent.
- Mozart, « Eine kleine Nachtmusik » K. 525, III (Menuetto. Allegretto – Trio) : menuet en sol majeur, trio en ré majeur plus chantant et lié.
- Mozart, Symphonie n° 40 K. 550, III : menuet en sol mineur avec des phrases asymétriques et des hémioles (il semble à 2/4), trio en sol majeur avec les cors.
- Haydn : des centaines de menuets dans les quatuors et les symphonies, avec des plaisanteries métriques (silences, hémioles, fausses reprises).
- Beethoven, Symphonie n° 1, III : il s'appelle encore « Menuetto » mais c'est un Allegro molto e vivace : en fait un scherzo.
Exemple à écrire (do majeur, 3/4)
- A (mes. 1–8) : présentation de 4 mesures (I – V6/5 – I – V), continuation et demi-cadence sur G.
- B (mes. 9–12) : progression sur pédale de dominante (G7 – C/G – G7 – C/G).
- A′ (mes. 13–20) : comme A mais avec cadence parfaite en do.
- Trio en fa majeur : mélodie liée aux bois, basse de bourdon F–C.
- Da capo sans reprises.
Erreurs courantes
- Phrases de longueur aléatoire : le menuet vit de régularité (que l'on peut ensuite rompre intentionnellement).
- Trio trop semblable au menuet : il doit contraster par la tonalité, la texture, l'instrumentation.
- Tempo trop rapide : cela devient un scherzo ou une valse.
Pour un producteur
La forme A – B – A avec une section centrale plus légère et le retour de la première « sans reprises » est l'idée du breakdown entre deux drops : même tonalité (ou voisine), moins d'instruments, caractère différent, puis le retour abrégé du matériau principal.
Liens
Forme binaire, ternaire et AABA, Scherzo, La symphonie : structure des mouvements, Suite baroque, Schémas galants, La période.