HarmonieIntermédiaire4 min de lecture

Le mixolydien dans le rock : bVII, double plagale et riffs

Le mode mixolydien

Sol mixolydien : G A B C D E F (1 2 3 4 5 6 b7). C'est une gamme majeure avec la septième mineure : la note caractéristique est la b7 (F en sol). La sensible (F#) est absente, il n'y a donc pas de V7 majeur : la dominante est mineure (Dm).

Accords en sol mixolydien

AccordDegréRôle
GItonique (souvent G7 ou G avec b7 dans la mélodie)
Amii
B°iii°rare
CIVsous-dominante, très important
Dmv« dominante » mineure, faible
Emvi
FbVIIaccord caractéristique

Les progressions typiques tournent autour de I – bVII – IV – I et I – bVII – I.

Progressions du rock mixolydien (en D, la tonalité la plus « guitaristique »)

ProgressionAccordsNotes
I – bVII – IV – ID – C – G – Dle tour mixolydien par excellence
I – bVII – ID – C – Driff ouvert
bVII – IV – I (double plagale)C – G – Ddeux quintes descendantes vers la tonique
I – v – IVD – Am – Gcouleur « folk-rock »
I – IV – bVII – IVD – G – C – Gstyle « Gloria »

Exemples réels

  • Guns N' Roses, Sweet Child O' Mine (1987) : le couplet tourne sur D – C – G – D (avec le groupe accordé un demi-ton plus bas, il sonne donc en ré bémol).
  • The Rolling Stones, Sympathy for the Devil (1968) : E – D – A – E.
  • Them, Gloria (1964) : E – D – A.
  • The Beatles, Hey Jude (1968) : dans la longue coda en fa, F – Eb – Bb – F (I – bVII – IV – I) : la double plagale.
  • The Beatles, Norwegian Wood (1965) : mélodie en mi mixolydien (avec D naturel).
  • Lynyrd Skynyrd, Sweet Home Alabama (1974) : D – C – G : les analystes se demandent s'il s'agit de ré mixolydien (I – bVII – IV) ou de sol majeur (V – IV – I) ; la mélodie et la basse penchent vers D, mais l'ambiguïté fait partie du charme.

Pourquoi le rock aime le mixolydien

  • Les guitares jouent facilement des accords majeurs ouverts à distance d'un ton (D – C, E – D, A – G).
  • Le blues utilise la b7 sur des accords majeurs : le mixolydien en est le « cousin » diatonique.
  • L'absence de sensible donne un son direct, terrien, non sentimental.

Écriture mélodique

  • Fais entendre la b7 sur le I (F sur G, C sur D) : c'est la signature du mode.
  • La 3 majeure (B sur G) distingue le mixolydien du dorien.
  • Les riffs pentatoniques majeurs + b7 (G A B D E F) fonctionnent bien.

Erreurs courantes

  • Placer un V7 majeur (D7 en sol mixolydien) : il introduit F# et ramène en sol majeur.
  • Confondre le mixolydien avec la tonalité du IV : si le morceau s'arrête souvent sur C, l'oreille peut entendre do majeur comme tonique (le bVII devient I, le I devient V). Renforce la tonique avec la basse, les riffs et le début/la fin des phrases.

Exercice pour le producteur

  1. Guitare électrique crunch (ou Arturia Mini V avec un son « power »), 120 BPM.
  2. Riff sur D – C – G – D, un accord par mesure, accents sur les croches.
  3. Basse qui joue les fondamentales avec un passage C – B – A vers G.
  4. Mélodie vocale qui s'appuie sur le C (b7) au-dessus de l'accord de D au moins une fois par phrase.

Liens

Les modes de la gamme majeure, cadence plagale et plagale mineure, harmonie modale et boucles modales, le blues, harmonie dans le metal.

Sources

Leçons liées